MIDNIGHT MEAT TRAIN
The Midnight Meat Train - Etats-Unis - 2008
Image plateforme « DVD »
Image de « Midnight Meat Train »
Genre : Horreur
Réalisateur : Ryuhei Kitamura
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 100 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 12 janvier 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Midnight Meat Train »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Un photographe, Leon, cherche, afin de rejoindre la collection d’une directrice de galerie renommée, à capturer « l’essence de la ville ». Pour ce faire, il parcourt les rues New-yorkaises de nuit, prenant des clichés variés. Jusqu’à ce que sa vie bascule petit à petit, alors qu’il fait le rapprochement entre la disparition d’une jeune femme qu’il avait photographiée et le mystérieux Mahogany, boucher ravageant les corps de victimes dans le dernier train de la nuit…
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De la plume à l'écran

Ryuhei Kitamura (Versus, Azumi) et Clive Barker (Hellraiser, Sacrements, etc.) : la rencontre du réalisateur japonais le plus fou de sa génération et du monstre sacré de la littérature d'horreur avait de quoi faire fantasmer les fans. Et cette rencontre a donné lieu à un bien beau bébé, en la personne de l'adaptation de la nouvelle de Barker, Midnight Meat Train.

 

Barker est un romancier très particulier dans le monde de l'horreur, passionné par la représentation picturale. Possédant une imagerie très personnelle, il l'illustre soit par des descriptions d'une précision redoutable, soit en peignant lui-même des dessins accompagnant ses récits (comme dans Abarat). Rien d'étonnant à ce qu'il se tourne au final vers le cinéma, avec l'adaptation d'Hellraiser, une de ses premières novella, qui, outre être un monument du cinéma d'horreur, et à l'origine d'une vaste série de suites, marquera le début de relations houleuses entre Barker et le monde d'Hollywood. Il suffit de lire l'excellent Coldheart Canyon pour bien se rendre compte de la relation très particulière qui unit le romancier au monde du cinéma, bien plus complexe et torturée que celle d'un Stephen King, par exemple. Malgré un Maître des illusions (1995) qu'il réalise, les incursions dans le monde du cinéma de l'auteur protéiforme se font de plus en plus réduites, jusqu'à l'annonce très excitante de l'étroite collaboration de Barker avec Kitamura, pour une production américaine qui excite très rapidement le fan. Quoi de mieux que Vinnie Jones (ex-footballeur briseur de genoux et devenu gueule de brutes dans le monde du cinéma) découpant des gens à la hache dans le métro pour exciter les imaginations !

 

Boucherie


Midnight Meat Train part d'un postulat de base particulier par rapport au texte qu'il adapte : il représente plus ou moins le processus de ce qui aurait pu se passer en amont de la nouvelle. Culminant dans un hallucinant final qui reprend peu ou prou la nouvelle dans ses détails, le film prend son temps pour en arriver là. En suivant la descente aux Enfers de son personnage principal (Bradley Cooper), Leon, photographe cherchant à capturer « l'essence de la ville » (et renvoyant avec force au personnage principal du roman de Barker Sacrements), Kitamura s'attache tout autant à proposer des scènes chocs que des moments de pure ambiance. Et les scènes chocs sont légion, de véritables moments de pur fun, massacres terriblement violents, dont l'extravagance et l'outrance atténue les retombées... pour mieux jouer sur le malsain et le trouble de l'ambiance du récit. Ainsi, à l'instar d'une bonne partie des textes de Barker, il est ici question de lent basculement vers autre chose. La découverte de ce qui se cache derrière le voile de la réalité ne doit pas se faire sans conséquences. Et ce fait d'importance primordial, Kitamura le rend à la perfection, via un filmage parfaitement maîtrisé, faisant preuve d'une maîtrise formelle dans le calme à laquelle il ne nous avait pas nécessairement jusqu'alors habitués.

 

Le dernier métro

 

Le réalisateur installe, dès le premier plan de son film, une forme d'ambiance poisseuse et mystérieuse qui ne quittera pas un seul instant le métrage. Lequel est littéralement habité par Vinnie Jones, qui trouve ici son meilleur rôle, bloc monolithique sans expression, simplement possédé par une violence froide et absolue, renforcée et mise en valeur par le travail de mise en scène. Son personnage est le point central du récit, son élément déclencheur et moteur, entraînant le « héros » du film à sa poursuite. Poursuite qui va l'entraîner, comme souvent chez Barker, dans la découverte d'un secret terrible, et le forcera à se confronter tout autant à ce dernier qu'à sa propre folie. Découverte d'une réalité sous-jacente et ésotérique, chute dans une insidieuse folie qui s'empare tout autant du personnage qu'elle est amenée à être ressentie par le spectateur, mise en scène et direction photo impressionnantes : la liste des qualités de ce Midnight Meat Train pourrait encore être longue. Le film parvient, tout en restant une série B qui n'a pas une volonté de grandeur malvenue, à passionner, par les différents degrés de lecture qui peuvent y être trouvés. On peut se contenter de profiter des bons moments de délire gore et d'horreur. Ou bien se tourner vers une réflexion sur la nature humaine qui la pousse à toujours chercher à savoir ce qu'il se cache derrière les mystères auxquels elle est confrontée...

Dimitri Pawlowski








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Image :
Majoritairement baigné d'un bleu électrique froid et inquiétant, Midnight Meat Train revient sur DVD dans une copie qui respecte en tout point les enjeux du métrage. Les noirs profonds font ressortir pleinement les variations bleutées et les quelques séquences aux teintes plus chaudes. Le tout affiche un niveau de détail plus que convenable et le léger grain donne au tout un aspect pellicule très naturel. La compression est bien entendu quasiment invisible.   

 

Son :
Forcément a côté d'un DTS master audio 7.1 sur le Blu-ray, le mignon Dolby Digital 5.1 du DVD parait un peu timide. Mais la dynamique globale est particulièrement maîtrisée, offrant quelques passages véritablement spectaculaires et dynamiques (le combat final dans la rame de métro), mais aussi une restitution des ambiances joliment subtile. Du solide en VO, légèrement moins convaincant en version française, même si là encore le résultat est probant.   

 

Interactivité :
On a déjà vu des films d'horreur récents bien plus mal traités que celui-ci. Certes l'interactivité de l'édition n'apporte rien de vraiment révolutionnaire, mais le minimum est là. A commencer par deux courtes featurettes qui s'intéressent respectivement au tournage d'une séquence phare de massacre dans le métro (avec un certain Ted Raimi, « frère de ») et à la personnalité même du tueur et son interprétation par l'excellent Vinnie Jones. Un peu court mais non avare en anecdotes sympathiques. Le sujet réservé à Clive Barker se montre bien plus consistant avec un retour sur les origines du film (la nouvelle du premier Book of Blood donc), mais enchaîne rapidement sur la nouvelle passion du romancier/ réalisateur : la peinture. Il exprime son bonheur à prendre le pinceau et fait visiter joyeusement son atelier, présentant même quelques toiles qu'il juge bonnes à jeter. Il est de nouveau présent dans le commentaire audio, aux côtés tout logiquement du réalisateur Ryhuei Kitamura. Une piste audio constamment habitée par la jovialité des deux artistes qui évoquent sans détours le travail d'adaptation, les problèmes avec la censure et le travail lié à la fabrication d'un tel métrage.   

 

Liste des Bonus : Commentaire audio de Clive Barker et Ryhuei Kitamura, Clive Barker L'homme derrière le mythe (15'), Autopsie d'un massacre (9'), Les outils du tueur (5'), bandes-annonces

 
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