UN HOMME NOMMé CHEVAL
A Man Called Horse - Mexique, Etats-Unis - 1970
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Genre : Aventure, Western
Réalisateur : Elliot Silverstein
Musique : Leonard Rosenman
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 115 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 4 décembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Capturé par les Sioux, Lord John Morgan est considéré comme une bête de somme. Après de longues semaines d’esclavage, il décide de passer les épreuves d’initiation afin d’être considéré comme un guerrier…
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à galop rompu

Apparu dans les salles américaines la même année que Little Big Men et Soldat Bleu, Un Homme nommé Cheval est l'un des premiers films à renouveler la figure de l'indien sur grand écran. Plus un assassin bestial ou un gentil et brave sauvage, mais bien un être humain à part entière, garant d'une mémoire, d'une culture et de croyances qui lui sont propres. Un grand pas.

Tranchant net avec les westerns à papa et leurs indiens piaillants et sautillants, harassant le pauvre colon en attaquant les caravanes et incendiant les valeureuses fermes américaines, l'année 1970 voit l'affirmation d'un changement de ton, de regard, dans un cinéma américain en pleine mutation. Alors que le Nouvel Hollywood affleure à peine avec Bonnie & Clyde et Easy Rider, cette ouverture de décennie frappe le western de l'âge d'or de plein fouet avec la fresque picaresque Little Big Man et la fronde sauvage Soldat Bleu, replaçant l'indien au centre du genre, non plus comme menace mais comme natif, comme peuple victime d'une invasion et d'un génocide qui n'était pas encore vraiment reconnu. Ouvrant la voie quelques mois plus tôt, l'adaptation du roman de Dorothy M. Johnson (L'Homme qui tua Liberty Valance), Un Homme nommé Cheval de Elliot Silverstein opte pour une voie moins frontale, mais néanmoins novatrice en s'intéressant à la capture d'un lord anglais par une tribu sioux encore peu familière avec l'envahisseur blanc. Nourri de nombreuses recherches et construit en collaboration avec de nombreux spécialistes et représentants des tribus indiennes (qui auraient d'ailleurs dissimulés quelques easter egg communautaires), le métrage a alors pour vocation d'illustrer non pas l'affrontement culturel, mais bien une authentique rencontre qui passe par une reconstitution soignée et appliquée des us et coutumes du peuples sioux.

 

rites de passage


A l'instar de Little Big Man, l'opération passe par une légère tendance à la truculence (des hommes plus proches de leurs « instincts » naturels), mais aussi par une certaine violence, une forme de brutalité, véhiculé par le regard, dans un premier temps, apeuré de John Morgan forcément dépassé par ce choc des cultures. Un coté presque survival, avec comme point culminant la reconstitution spectaculaire de la danse du soleil, rite initiatique et mystique, mêlant scarifications et suspensions par un piercing rudimentaire, qui inspira directement la vague tribale italienne des années à venir, à commencer par un quasi-plagiat signé Umberto Lenzi sous le titre Au Pays de l'exorcisme. Aujourd'hui cependant cette crudité semble bien sage, en tout cas bien secondaire à côté de la structure très docile du récit initiatique dans lequel l'homme blanc retrouve peu à peu sa place « humaine » au sein d'une société qu'il avait jugé trop vite de sauvage. Porté par un puissant et noble Richard Harris, Un Homme nommé Cheval a perdu un peu de sa superbe avec les années, particulièrement à cause de son incapacité à mêler naturellement deux époques, deux écoles. D'un côté l'ambition presque documentaire du film est constamment ternie par une photographie colorée et marquée pas si loin des derniers John Ford ou des costumes et maquillages bien pimpant ; De l'autre la mise en scène souvent très structurée, inspirée par les peintures témoins de quelques aventuriers et historiens, est régulièrement déstabilisée par des effets de montage plus contemporains, presque new age dans leurs ralentis et leurs contre-jours.

Entre le film d'aventure naïf et le révisionnisme de la nouvelle génération, Un Homme nommé Cheval reste surtout un très joli film, sincère et au message humaniste indéniable, un marchepied fondateur, plus qu'un incontournable en soit.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Aux USA, la copie HD d'Un Homme nommé Cheval date un peu, mais déjà à son apparition en 2011 elle semblait loin d'être parfaite. Une restauration de surface, numérique, sans nouveau scan ou procédé chimique, qui montre régulièrement ses limites autant dans les griffures apparaissant encore parfois que dans une colorimétrie inégale et une profondeur absente. Faillible, mais néanmoins agréable, le piqué rattrape souvent le tout, tandis que la palette de couleurs aux faux airs de Technicolor assure quelques charmes.

 


Son :
Le film est aussi bien présenté dans un DTS HD Master Audio 2.0 proche de l'expérience originelle avec une restitution sobre, frontale et assez claire, que dans un DTS HD Master Audio 5.1 anglais qui aimerait se donner des airs de modernité. Le résultat n'est jamais vraiment convaincant avec une spatialisation souvent artificielle, voir chaotique, faisant ressortir d'ailleurs les faiblesses (aigues, saturations) de la source.

 


Interactivité :
S'il n'est pas le plus grand réalisateur de l'histoire du cinéma, Elliot Silverstein (Cat Ballou, Enfer Mécanique) n'en reste pas moins très intéressant en interview comme le prouve le document ajouté sur le Bluray de Carlotta. Une interview éclairante sur ses motivations, sur la sa découverte de la culture indienne et son souci de la restituer avec véracité. L'occasion aussi d'évoquer ses altercations avec un Richard Harris aussi buté que lui ou son épisode chanceux avec un comité de censure qui faillit bien charcuter le métrage de sa plus célèbre séquence.

Liste des bonus : « L'Ouest, le vrai »  (HD, 25'), Bandes-annonces.

 
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