LA CITé DE LA PEUR
France - 1994
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Genre : Comédie
Réalisateur : Alain Berberian
Musique : Philippe Chany
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Aucun
Durée : 93 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 6 novembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Odile Deray est l'attachée de presse de "Red is Dead", film d'horreur de série Z, présenté au marché du film du festival de Cannes. Personne ne vient aux projections. "Par chance", un jour, le projectionniste de "Red is Dead" est sauvagement assassiné ce qui assure immédiatement la publicité du film. Odile fait venir à Cannes l'interprète principal, Simon Jérémi, et le fait protéger par un garde du corps, Serge Karamazov. Mais les meurtres des projectionnistes du film s'enchaînent....
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Complètement nul

L'expression « film culte » est largement galvaudée. Mais comment définir autrement La Cité de la Peur, unique long-métrage de Les Nuls (le trio Alain Chabat, Chantal Lauby, Dominique Farrugia), qui a su fédérer au fil des années des fans aussi divers que dévoués, capable d'en débiter par cœur les répliques ? Essayons de vous épargner leur litanie, pour revenir un peu plus posément sur un film qui marqua au fer rouge le cinéma français. Mais qui paradoxalement ne fit que peu d'émules.

Ce qui étonne à revoir le film avec un œil neuf, c'est la cohérence artistique de l'ensemble. La Cité de la Peur est un premier film certes, mais il évite l'écueil de la faiblesse narrative et technique tout en gardant la panache et la générosité des premiers essais. Les Nuls, scénaristes du film et coréalisateurs officieux, émulent avec joie le style ZAZ en multipliant les gags souvent nonsensiques à un rythme effréné, et rendent hommage au cinéma populaire par la parodie. Tout y passe : de l'horreur (le film dans le film Red is Dead et sa cabane inspirée d'Evil Dead) au thriller (Basic Instinct et sa fameuse scène de l'interrogatoire ici désexualisée jusqu'à l'absurde). C'est semble-t-il à Chabat, bisseux invétéré, que nous devons un certain nombre de ces hommages rigolards, et le côté « film de genre » qui fait une grande partie du charme de l'entreprise. L'intrigue, pour débile et délirante qu'elle soit - un serial killer masqué abat les projectionnistes du film Red is Dead à l'aide d'une faucille et d'un marteau - suit un fil précis sur un rythme impeccable, avec une progression par actes scandée par les jours de compétition du Festival de Cannes.

 

qu'est-ce qu'il y connait au cinéma, Berberian ?


A la barre, l'oublié du culte, Alain Berbérian. Camarade des Nuls dans leurs aventures télévisuelles, il (co)réalise ici son premier long-métrage. Difficile à croire pour qui veut bien se pencher sur l'impeccable facture esthétique du film et sur sa mécanique narrative parfaitement huilée. D'une générosité hors normes, le film régale aussi par ses apparitions de guests savoureuses : Eddy Mitchell, Tchéky Karyo, Daniel Gélin, Jean-Pierre Bacri et d'autres se ridiculisent avec un entrain communicatif. Les comédiens principaux sont tous à l'avenant, parfaitement dirigés. Mention spéciale à Gérard Darmon, acteur pourtant à la carrière insignifiante. Il déploie ici un génie comique détonnant, jouant des décalages absurdes que permet son physique de bellâtre entre deux âges.
Le film fit un très beau succès à sa sortie en 1994 avec près de 2,3 millions d'entrées. Comment expliquer alors que La Cité de la Peur n'ait pas servi de modèle à tout un pan de la comédie française ? C'est difficile à dire, mais on peut avancer l'hypothèse d'une difficulté à produire ce type de film dans notre pays, plus volontiers porté vers le comique de situation bruyant et naturaliste que vers la farce nonsensique. Rappelons à toutes fins utiles que Les Trois Frères (auquel on a souvent fait l'affront de comparer le film des Nuls) et Les Anges Gardiens de Jean-Marie Poiré étaient en tête du box-office l'année suivante avec respectivement 7 et 6 millions d'entrées ! Malgré tout, l'espoir renait de temps à autres. C'est ainsi Alain Chabat, encore lui, qui réalisera huit ans plus tard la comédie culte de la génération née dans les années 90, avec Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. Avant que Michel Hazanavicius, lui aussi vieux compagnon de route de l'époque Canal+, prenne le relai pour mettre tout le monde d'accord avec ses excellents OSS 117. Le dernier date de 2009. Il y a 10 ans déjà...

François Willig






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Image :
Une restauration magnifique effectuée à partir d'un nouveau scan 4K pour un film qui, mine de rien, a une sacrée gueule. Ce nouveau master précis et parfaitement contrasté supporte parfaitement les variations de teintes du long-métrage, entre ses ambiances mordorées, le soleil écrasant de la Côte d'Azur, et l'atmosphère enfumée des salles de projection.

 


Son :
Là aussi, c'est très bon. Le mixage, bien que peu spectaculaire, est très clair et efficace. La musique (dont un thème malheureusement peu inspiré) de Philippe Chany est également parfaitement intégrée à l'ensemble. Quand au fameux son de vomi des Nuls, vous ne l'aurez jamais autant apprécié !

 


Interactivité :
C'est là que le bât blesse pour un bluray vendu uniquement (pour le moment) dans un coffret à 50 euros. Ok, le film est livré avec une affiche et un jeu de cartes (mais qui y jouera plus d'une fois, franchement ?), mais niveau bonus, c'est morne plaine. Aucun contenu crée pour l'occasion si ce n'est la (mauvaise) captation d'une Carioca effectuée par le duo Darmon-Chabat à l'occasion de la projection du film à Cannes en 2019, pour ses 25 ans. S'ajoute à ça l'émission Nulle Part Ailleurs consacrée au film à sa sortie et déjà glissée sur le DVD. Une archive très sympathique certes, mais à ce prix-là et pour un film qui a tant marqué, c'est vraiment beaucoup, beaucoup trop pauvre.

Liste des bonus : Jeux de cartes, Émission « Nulle Part Ailleurs » spéciale « La Cité de la peur » (33') - Cannes : 25 ans plus tard (4') - Bande-annonce restaurée

 
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