SATURN 3
Royaume-Uni - 1980
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Saturn 3  »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Stanley Donen
Musique : Elmer Bernstein
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 96 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 29 octobre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Le futur. Sur la station spatiale Saturn 3, deux scientifiques vont se retrouver aux prises avec un robot-tueur.
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Terminhector

Si on connaît surtout Stanley Donen pour son chef d'œuvre Chantons sous la pluie (mais n'est pas en vrai plutôt un film de Gene Kelly ?), on le connaît nettement moins pour son seul et unique film de science-fiction. Et pour cause ! Saturn 3 est un objet filmique improbable comme seules les 70's étaient capables d'en produire et qui sort un peu de l'oubli aujourd'hui grâce à Elephant Films.

En 1977, après la sortie du tout premier Star Wars, le cinéma anglo-saxon ne rêve plus que de galaxie lointaine, très lointaine. Une aubaine pour John Barry (rien à voir avec le compositeur), décorateur sur Un Nouvel Espoir qui en profite pour faire lire son scénario à qui veut bien. A force de détermination, celui-ci finit par être accepté et trouve son actrice (Farrah Fawcett, Charlie's angel en pleine gloire), son acteur (Kirk Douglas, en pleine période psychédélique depuis le Holocauste 2000 d'Alberto De Martino) et son réalisateur : lui-même. Mais il finira par être débauché au profit de Stanley Donen, qui n'a jamais versé dans la science-fiction mais c'est l'occasion. Le script est alors vu et re-revu, des scènes entières sont supprimées et un budget pharaonique de 10 millions de dollars (un de moins que pour le Alien de Ridley Scott sorti quelques mois auparavant) est alors engagé. Une telle somme est évidemment suffisante pour permettre au film d'afficher ses ambitions. Notamment dans la conception d'Hector, un robot à la carrure impressionnante qui va être au centre de l'intrigue, situé entre le HAL 9000 de 2001, l'Odyssée de l'Espace et le futur Terminator de James Cameron. Enfin ça, c'est sur le papier.

 

nawak power


L'intrigue, justement, quelle est telle ? Bonne question. D'autant que la réponse continue de se faire attendre après le visionnage. En gros, la Terre n'a plus de quoi manger et des sortes d'agronomes (Fawcett et Douglas), exilés ad vitam sur la station Saturn 3 du titre, passent leur temps à faire pousser des plantes et des recherches pas bien claires. Jusqu'à ce qu'un astronaute (Harvey Keitel) prenne la place d'un autre après l'avoir assassiné et décide d'atterrir sur la station, y assembler un robot-tueur et le laisse éliminer tout ce qui s'y trouve. Pourquoi ? Mystère ! Et c'est bien là l'un des premiers gros points faibles du film, qui se déroule alors sous nos yeux sans qu'on ne sache jamais vraiment ce qu'il en retourne. Le deuxième gros souci se trouvant, par extension, du côté des acteurs, obligés de composer avec un script qui part dans tous les sens, entre idylle post-hippie offrant scènes de nus et tenues amples et vaporeuses, et survival spatial horrifique. Le pompon se trouvant dans une scène où les deux héros partagent une petite pilule bleue sensée avoir des effets surprenants... mais qu'on ne verra jamais. Enfin si, dans la section bonus, la scène étant tellement what the fuck qu'elle fut retirée du montage final. Avec tout ça, la caméra de Stanley Donen fait ce qu'elle peut et arrive quand même à créer une certaine tension dans ce huis clos entre deux proies et un robot tueur, aidée par les partitions d'Elmer Bernstein dont le thème principal tient la route même si, lui aussi, fut victime des aléas d'une production bordélique aux conséquences catastrophiques.

Au final, on se demande bien où sont passés ses fameux dix millions de dollars de budget, tant le résultat à l'écran a le parfum du plastique mou d'un bis italien qui se prendrait un peu trop au sérieux. Autant dire qu'aujourd'hui, un tel truc ne sortirait jamais.

Laurent Valentin




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Image :
Une restauration plutôt très belle, malgré certains plans très granuleux, qui offre de beaux contrastes et une foultitude de détails dont le film n'a sûrement jamais autant profité.

 


Son :
Deux pistes DTS HD Master Audio 2.0 de qualité, stables, aussi bien en Anglais qu'en Français. On pourra préférer la version française, qui propose les doubleurs habituels de Douglas et Fawcett.

 


Interactivité :
Elephant Films est généreux sur un si petit titre ! D'abord, un entretien du trublion Julien Comelli, qui se met encore en scène (en astronaute cette fois) avant de nous parler des nombreux problèmes de production du film. Vingt six minutes qui fourmillent d'anecdotes et d'infos intéressantes, comme le fait que Douglas, à 64 ans, exigea d'avoir une scène de nu (tout simplement parce qu'il n'en avait encore jamais eu durant sa carrière) et qu'il obligea presque violemment Farrah Fawcett à le suivre dans ce délire. Suivent quelques scènes coupées sans importance jusqu'à la fameuse scène dite de « l'ecstasy », où le personnage de Douglas se met à danser comme un gamin tandis que Fawcett l'emmitoufle dans un voile blanc avant de disparaître pour réapparaître dans une tenue sado-maso sortant de nulle part (et qui se retrouva sur l'affiche du film dans certains pays exotiques !). Un teaser et une bande annonce d'époque concluent la section bonus.

Bonus : Houston, nous avons un problème ! (26'13), Scènes coupées (9'31), Ecstasy scene (3'23), Teaser (0'52), Bande annonce d'époque (3'16).

 
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