LES VOYAGES DE GULLIVER (1960)
The 3 Worlds of Gulliver - Etats-Unis - 1960
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Réalisateur : Jack Sher
Musique : Bernard Herrmann
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 99 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 15 novembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Le docteur Lemuel Gulliver a soif d’aventures. La chance lui permet d’embarquer dans un navire en direction des Indes. Mais après avoir été projeté par dessus bord lors d’une tempête, il se réveille sur la plage d’un pays inconnu, où les habitants sont minuscules.
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London Calling

Après la trilogie Sinbad, L'île Mystérieuse et Jason et les Argonautes, Sidonis Calysta continue sa restauration des films où officia le grand Ray Harryhausen, génie des effets spéciaux, nous gratifiant cette fois ci d'une pellicule bien moins connue que les précédentes mais tout aussi agréable et intéressante à découvrir.

Les années 50 et sa déferlante de soucoupes volantes furent, pour Ray Harryhausen, l'occasion inespérée de faire ses armes et de parfaire ce qui allait devenir sa marque de fabrique : la stop-motion. Les années 60 allaient donc lui offrir ses plus grands chefs d'oeuvre. Et ce dès 1960, quand il s'exila à Londres avec le producteur Charles H. Schneer avec lequel, deux ans auparavant, il mit définitivement la science fiction derrière lui pour s'attaquer à quelque chose de beaucoup plus original, totalement inédit même : ressusciter les mythes et légendes antiques et donner vie aux aventures des grands héros de la littérature fantastique, qu'elle soit occidentale ou même orientale. Sinbad, héros apparaissant dans les contes de Les Mille et Une Nuits, sera le premier d'entre eux. Suivi de près par Gulliver, héros de l'écrivain irlandais Jonathan Swift. Et si à la base du roman, la volonté de cet auteur du 18ème siècle est de livrer plus une satire politique qu'une œuvre d'aventures fantastiques, comme le fera Jules Verne après lui, c'est bien ce dernier aspect qui intéresse évidemment tout particulièrement Schneer et Harryhausen lorsqu'ils s'y penchent.

 

le monstre vient de la mer


Car si l'image d'un homme allongé, retenu au sol par des cordes et autour duquel s'affairent de minuscules individus est ce que le patrimoine culturel collectif conserve de l'histoire de Gulliver, le roman satirique de Jonathan Swift est bien plus que cela. Un pamphlet politique et une critique acerbe de la société, pour cet auteur misanthrope qui adorait se moquer de ses contemporains. Cette substantifique moelle, Jack Sher, ici réalisateur et scénariste, qui travailla comme dialoguiste sur L'Homme des Vallées Perdues et qu'on retrouvera plus tard comme scénariste sur Ma Sorcière Bien Aimée et même créateur de l'improbable série Holmes et Yoyo, la noie dans une accumulation d'effets visuels comme autant de grains à moudre pour Harryhausen. La fameuse Dynamotion, soit l'insertion de différentes créatures qui n'ont rien à voir avec l'oeuvre adaptée mais qui confèrent au film la marque de fabrique, sans pareille, du magicien Harryhausen.

Des quatre mondes visités par le docteur Lemuel Gulliver (Kervin Mathews, qui rempilait après Le Septième Voyage de Sinbad), le film n'en conserve que deux, malgré le titre original qui en compte trois : celui des minuscules Liliputiens, celui des géants, et le sien. Les trois mondes se suivant comme autant d'aventures improbables dès lors que le héros s'échoue sur la plage après que la tempête l'ait chassé de son navire. Echoué sur une plage, Gulliver tombe tout d'abord sur des petits hommes, dans une société au parfum arabique, en sort pour tomber dans un monde médiéval où c'est lui qui est tout petit face aux géants qui le peuplent. Il y devient même un jouet vivant dans une maison de poupée. Malgré quelques thèmes hérités de l'oeuvre de Swift (la guerre est stupide, le pouvoir rend fou) le film reste d'une incroyable légèreté (les plus cyniques diront naïveté), qu'il emporte avec lui jusqu'à aujourd'hui, accompagné du parfum délicieusement suranné de ce genre de productions, les quelques créatures d'Harryhausen, néanmoins plus rares que d'habitudes (un seul et unique reptile en stop-motion en fait), lui conférant un charme supplémentaire indéniable que le nombre hallucinants de trucages et maquettes de toutes sortes, allié au score une nouvelle fois tonitruant et aventureux du grand Bernard Herrmann, finissent de rendre envoûtant. Loin des chefs d'oeuvre qui suivront dans les années suivantes, mais au plaisir intact.

Laurent Valentin






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Image :
La grande palette de couleurs vives du film est éclatante et offre de très beaux contrastes même si certains passages (les affres du temps) souffrent d'un grain prononcé. De petites aspérités qui viennent cependant souligner un travail de restauration soigneux s'efforçant de préserver les textures et les reliefs de pellicule d'origine. Pas parfait soit mais du très bel ouvrage.

 


Son :
Deux pistes mono d'origine mais néanmoins très dynamiques, qui rendent hommage à la musique du grand Bernard Herrmann et aux nombreux effets sonores du film.

 


Interactivité :
Un seul bonus, mais de taille : la première version animée du roman de Swift, signée Dave Fleischer. Daté de 1939, le film fut une réponse directe de Paramount au Blanche Neige et les Sept Nains de Walt Disney. Rien de moins que le deuxième long métrage d'animation de toute l'histoire du cinéma américain et un petit délice pour les connaisseurs. Un bien beau cadeau !

Liste des bonus : « Les voyages de Gulliver », un film d'animation de Max Fleischer (1939).

 
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