LE BEAU-PèRE 1&2
The Stepfather / The Stepfather 2: Make place to Daddy - Etats-Unis - 1987 / 1989
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Genre : Thriller
Réalisateur : Joseph Ruben, Jeff Burr
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais et français Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 182 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 12 novembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Beau-Père 1&2 »
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LE PITCH
Jerry Blake semble en apparence mener une petite vie sans histoire : un travail satisfaisant, une famille soudée… Il a tout. Mais quand un grain de sable vient enrayer la machine, l’homme change radicalement de comportement. La perfection est son obsession…
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Who's you daddy ?

Victime d'un remake déjà oublié en 2009, Le Beau-père fut l'un des grands succès des vidéoclubs de la fin des années 80. Un thriller bien angoissant où le mal s'insinuait directement dans les murs de la maison... jusque dans le lit de maman.

C'est ce qu'on appelle un film d'horreur domestique. Un sous genre dans lequel le mal parasite la cellule familiale pour en abimer le sentiment de sécurité symbolisé le plus souvent aux USA par une belle demeure bourgeoise de la banlieue middle-class. Quelques années à peine avant La Main sur le berceau, voici donc Le Beau-père version moins sexualisée de la marâtre, qui jouait alors de manière assez habile sur la crainte des mères-célibataire de ne pas retrouver un bon parti dans ce monde nouveau où explosait les agences de rencontres, les sites spécialisés et le sacro-saint modèle du père économiquement et sentimentalement stable. Sauf qu'ici ce dernier est un véritable psychopathe qui quête à l'obsession l'image de la famille parfaite digne des séries télé et des publicités de catalogues. Un rêve inaccessible qui entraine quelques échecs en cours de route, et quelques cadavres aussi puisqu'en cas de déception il trucide femmes et enfants de substitution comme l'explicitait une première séquence qui fit sensation à l'époque montrant le personnage quittant nonchalamment un salon jonché de corps ensanglantés. Pas de grands effets ou de grimaces outrancières, le monstre du film a un visage profondément humain et avenant, celui de Terry O'Quinn. Un acteur trop méconnu et souvent sous-exploité qui a pourtant marqué les spectateurs de Millennium et Lost, qui par son interprétation particulièrement fine et juste, porte clairement le film à bout de bras. Plutôt que de livrer une prestation grandiloquente, il opte ici pour une froideur intériorisée, une menace constamment sourde et tranchante, avec des explosions de colère qui dépeignent le comportement d'un authentique malade. Dangereux, parfois effrayant, Jerry Blake (mais est-ce son véritable nom) en devient cependant une autre victime du film, personnage pathétique et touchant dans ses désirs délirants, paternaliste à l'ancienne et adepte de l'humour pince-sans-rire, qui se bute ici au comportement rebelle d'une belle-fille tout à fait adolescente.

 

d'une maison à l'autre


Petit faiseur longtemps spécialisé dans les comédies lourdingues (Lâche-moi les baskets) alors bien boosté par un virement de bord avec le désormais daté Dreamscape, Joseph Ruben se retrouve ici aux commandes d'un thriller, certes emballé en quelques semaines à peine pour un budget dérisoire, mais tout à fait efficace. Si sa mise en scène télévisuelle ne brille pas par son inventivité elle correspond tout à fait à l'entreprise et sait se reposer sur un scénario carré concocté par le solide Donald E. Westlake (Payback, Le Couperet) et la prestation magnétique d'O'Quinn. Si la dernière bobine se réglant à coup de couteaux de cuisines ne fait que peu de mystère sur l'issue finale de la petite famille, le succès surprise, mais mérité, du film donne naissant rapidement à une suite, elle aussi tournée en trois semaine et des brouettes. Une production tout aussi modeste même si cette fois-ci le casting est un poil plus professionnel (Meg Foster, la Caroline Williams de Massacre à la tronçonneuse 2, l'exaspérant Jonathan Brandis de L'Histoire sans fin 2), la musique supportable et surtout la mise en scène de Jeff Burr (le Leatherface de 1990) bien plus travaillée. Revenu d'entre les morts, le beau-père caméléon, désormais psychanalyste familiale (notez l'ironie), se trouve un nouveau foyer chaleureux qui va malheureusement (?) voler en éclat lors d'un mariage particulièrement sanglant (ironie à nouveau). Si Terry O'Quinn est une nouvelle fois le premier argument du film avec un serial killer qui mériterait de trôner aux cotés d'Hannibal Lecter et Patrick Bateman, c'est cependant cette fois-ci du côté du récit que le bât blesse, avec un scénario sans surprise qui se contente de jouer le décalque facile et la suite redondante. Un peu dommage, mais malgré leurs petits airs de téléfilms du vendredi soir (il faut dire que la recette a depuis été copieusement vampirisée), Le Beau-père 1&2 reste un diptyque qui survit plutôt bien aux années grâce à sa sobriété. Et Terry O'Quinn.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Les deux films avaient déjà connu une sortie DVD voici quelques années, mais les copies étaient franchement décevantes, voir un peu honteuses. De retour en format SD mais avec un meilleur traitement, les films sont désormais visibles dans des conditions tout à fait appréciables avec des masters beaucoup plus propres (mais pas immaculés) et un piqué mieux dessiné qui accompagne du mieux possible ces deux films à petit budget qui n'ont jamais brillé par leurs qualités photographiques.
A noter que Le Beau-père tout court est aussi proposé en single sur format Bluray. Une copie HD qui repose sur la même source et où forcément le moindre défaut est beaucoup plus visible et gênant avec des couleurs baveuses et des cadres très plats.

 


Son :
Plus tout frais, les Dolby Digital 2.0 des différentes versions françaises et anglaises accusent parfois un peu le coup avec des mixages peu dynamiques voir parfois un peu grésillant. L'ensemble reste cependant tout à fait audible et télévisuel.

Liste des bonus : Bandes annonces.

 
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