NEXT OF KIN
Australie, Nouvelle-Zélande - 1982
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Réalisateur : Tony Williams
Musique : Klaus Schulze
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 89 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 3 octobre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Linda Stevens hérite du domaine de Montclare à la mort de sa mère. Ce vaste manoir aux allures gothiques, perdu dans le bush australien, fut transformé, en 1950, en maison de retraite par la mère et la tante de Linda. Une trentaine d’années plus tard, Linda prend donc les rênes de l’établissement. Peu à peu, la jeune femme est troublée par divers événements : un pensionnaire retrouvé noyé, des cauchemars liés à sa petite enfance, et la sensation oppressante qu’un intrus rô...
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Le Secret derrière la porte

Longtemps oublié dans la masse de films australiens imparables et percutants qui déferlèrent sur le monde pendant une dizaine d'année, Next of Kin, re-titré un temps Montclare, Rendez-vous de l'horreur par chez nous, retrouve enfin sa place parmi les films de genre les plus remarquables du sixième continent.

Curiosité au sein même d'une flopée de projets plus uniques les uns que les autres, Next of Kin est l'un de ces nombreux rejetons improbables nés d'un dispositif financier plus qu'alléchant mis en place par le gouvernement australien à la fin des années 70. D'ailleurs comme quelques autres, Next of Kin ne connaît pas de véritable distribution en salle dans son pays et tourna au grès des festivals internationaux (où il récoltât quelques prix et marqua les publics) avant de disparaître plus ou moins, ne laissant que quelques VHS et rares DVDs sur le chemin. Il faudra attendre le documentaire Not Quite Hollywood en 2008 et l'adoubement de Quentin Tarantino pour que rejaillisse un intérêt pour l'essai, désormais restauré et rediffusé plus largement. Un cas à part qui s'intègre toujours aussi difficilement aujourd'hui dans l'imagerie même de l'Ozploitation, ne cultivant que très peu les mêmes paysages (quelques plans du désert mais le reste est verdoyant), le même bestiaire mécanisé et la réflexion obsessionnelle d'une nature dévorante. On est loin des survivals musclés et démonstratifs habituels. Confié au documentariste chevronné Tony Williams, Next of Kin trouverait plus facilement d'équivalent du côté du cinéma européen, voir italien. SI le réalisateur avoue dans les quelques interviews sa fascination pour Bertolluci et autre Pasolini, on lui reconnaîtra plus facilement à l'arrivée une forte parenté avec le baroque Dario Argento et sa descendance de giallo.

 

généalogies


Le scénario même aurait pu être tourné dans la campagne romaine, avec cette jeune femme qui en découvrant le journal intime de sa mère, gestionnaire d'une maison de retraite, ouvre la porte à des secrets enfouis et des visions de plus en plus inquiétantes. Le décors vaste et clos, les pensionnaires grabataires comme autant de cadavres en devenir, les sous-entendus que l'héroïne perçoit entre le médecin et l'infirmière, les ombres qui traversent les jardins, le film use d'un fétichisme bien connu, d'une multitude de détails incongrus, pour faire naître un malaise communicatif qui abaisse progressivement les barrières du réel. Jusqu'à une dernière bobine libératrice vrillant vers l'horreur affirmée et un déchainement sanglant. Entre fantastique de conte effrayant et pur film d'horreur, Next of Kin n'est jamais loin d'un Suspiria ou d'un Inferno, d'autant que les morceaux composés par Klaus Schulze pionnier de la musique électronique et ex-batteur de Tangerine Dream, distordent le rythme et l'image avec la même frénésie qu'un Goblin. Et si comme beaucoup de giallo, le film de Tony Williams doit parfois se dépêtrer difficilement d'un scénario parsemé d'ellipses béantes et de personnages accessoires, la faute n'est pas à une mystification de film d'exploitation, mais bien à des coupes volontaires pour user au mieux du budget limité dans une esthétique incroyablement léchée. Une stylisation reposant autant sur la photographie aristocratique de Gary Hansen (Harlequin) que sur une abondance de ralentis en apesanteurs, de cadres hors du temps (la voiture en ruine au milieu des bois) et d'une utilisation encore très novatrice de la steadicam en particulier dans un plan séquence final virtuose sublimé par un heureux accident. C'est finalement ce qui caractérise le mieux le film : un très heureux et brillant accident.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Editeur militant pour le cinéma de genre local, l'australien Umbrella a produit une superbe restauration de Next of Kin à partir d'un scan 4K tiré d'un interpositif 35mm. Si on dégage quelques plans du générique et une petite séquence aux cadres étrangement flottants, le reste du film affiche une énergie renouvelée avec des contrastes marqués, une riche colorimétrie et des matières joliment organiques. Le grain d'origine est préservé et rendu avec un naturel appréciable tandis qu'une profondeur, jusque-là peu discernable, fait son apparition révélant des cadres au relief inattendu.

 


Son :
Une fois n'est pas coutumes (mais alors vraiment pas), ce ne sont pas les franches et directes pistes DTS HD Master Audio 2.0 qui sont les plus en adéquation avec le film, mais bien le remix moderne en DTS HD Master Audio 5.1. Préservant l'équilibre initial et la restitution essentiellement directe, la piste diffuse aussi quelques ambiances musicales mieux dessinées et une dynamique générale plus fluide.

 


Interactivité :
Proposé dans la forme habituelle de Le Chat qui fume, soit un digipack sobre mais élégant contenant le disque Bluray et la copie DVD, Next of Kin reprend une grande partie des suppléments disponibles sur la galette australienne, quite malheureusement à nous glisser les deux commentaires audio (réalisateur d'un côté, acteurs de l'autre) sans aucun sous-titres pour les pauvres spectateurs non anglophiles. Un peu dommage car aucun item suivant ne s'apparente à un making of ou à une interview introspective venant éclairer la gestation du projet. En l'occurrence Retour à Montclare est juste un montage hier / aujourd'hui du lieu de tournage tandis que la " scène de danse complète" est exactement ce que sont nom indique. La section scène inédites en photos est cependant nettement plus utile avec un coup d'œil vers un développement beaucoup plus élargie de « l'affrontement final » dont les bobines ont été détruites. Reste alors au passionné Éric Peretti, programmateur aux Hallucinations collectives de Lyon, la lourde tache de signer une présentation la plus complètes possible autant sur le contexte économique, la place du film dans le cinéma australien et le genre et ses particularités techniques.

Liste des bonus : Commentaire audio du réalisateur Tony Williams et du producteur Tim White (VO), Commentaire audio des acteurs John Jarratt, Jackie Kerrin et Robert Ratti (VO), « Rendez-vous avec l'horreur » avec Éric Peretti (19'), Retour à Montclare (10'), Scènes inédites en photos (4'), Scène de danse complète (2'), Bandes-annonces

 
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