CES GARçONS QUI VENAIENT DU BRéSIL
The Boys from Brazil - Royaume-Uni / Etats-Unis - 1978
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Réalisateur : Franklin J. Schaffner
Musique : Jerry Goldsmith
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 124 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 29 octobre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Au début des années 70, Ezra Lieberman, qui traque depuis plus de vingt ans les criminels nazis, reçoit d’inquiétantes informations en provenance du Paraguay : le sinistre docteur Josef Mengele, responsable de monstrueuses expériences à Auschwitz, serait à l’origine d’un complot mondiale visant à donner naissance à un quatrième Reich.
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Un duvet à surveiller

Longtemps annoncé comme victime potentielle d'un remake moderne, Ces garçons qui venaient du Brésil et son trio de tête Gregory Peck, Laurence Olivier et James Mason, fut pour beaucoup un mini-trauma lors de sa première sortie, tiraillés entre le ridicule et l'inquiétante réalité des notions politiques et scientifiques étalées froidement.

Nombreux sont ceux qui ont perçu le film comme un simple film d'exploitation, une production de divertissement qui osait finalement prendre ses racines dans le cauchemar de l'holocauste pour offrir un thriller d'espionnage totalement improbable. Inspiré du roman d'Ira Levin, déjà à l'origine des succès Les Femmes de Stepford et surtout Rosemary's Baby, le film s'apparente en effet à un croisement constant de modes et d'influences, s'installant dans la mouvance des grands films de complots de la décennie, mais aussi des visions dystopiques bien ancrées dans des inquiétudes contemporaines comme Soleil Vert. D'un côté donc d'anciens généraux du Reich qui ourdissent une série d'assassinats d'anonymes à travers le monde visant à renverser l'équilibre de celui-ci (pourquoi ? Comment ?), de l'autre l'évocation du dangereux potentiel des manipulations génétiques et du clonage qui n'en étaient alors qu'à leur état larvaire. Deux grandes inquiétudes qui se réunissent dans un scénario de Heywood Gould (collaborateur de Paul Shrader sur Rolling Thunder) qui se construit comme un film d'espionnage solide, sérieux, avançant au grès des indices et des découvertes... Avec bien entendu à la clef cette hallucinante et inoubliable révélation finale.

 

une retraite au soleil


L'action se disperse en divers lieu du monde, voyage comme un James Bond, mais toujours avec une illustration relativement réaliste, voir austère et triste, car elle suit essentiellement l'enquête fastidieuse d'Ezra Lieberman obligé de sortir de sa retraite pour découvrir le grand plan de Joseph Mengele. Si le premier est sobrement inspiré de célèbres « chasseurs » de nazis, le second est une incarnation directe de l'authentique dégénéré et sadique qui effectua des expériences terrifiantes sur les pauvres pensionnaires de son camp de concentration et qui justement se planquait en ce temps-là en Amérique du sud (il décédera quelques mois après la sortie du film). Un face à face offrant de l'étoffe au film, une certaine crédibilité, mais qui souligne en même temps la double identité, pas toujours heureuse, du métrage. D'un côté donc ce vieux sage courageux, ironique mais fatigué, interprété par un Laurence Oliver, ex-« dentiste » de Marathon Man, tout en finesse et en fragilité, de l'autre Gregory Peck, pour la première fois dans la défroque d'un véritable monstre, qui trébuche constamment dans le cabotinage et la grandiloquence caricaturale. Un jeu auquel James Mason, ici en colonel nazi sirupeux, n'est jamais le dernier à se faire prendre. Difficile alors de savoir si le réalisateur Franklin J. Schaffner (Patton, Papillon), très loin de sa mise en scène avant-gardiste de La Planète des singes, a véritablement voulu jouer sur les deux tableaux où s'il s'est laissé prendre au piège d'une direction d'acteur trop légère, mais le traitement outrancier des restes de la race supérieur (la séquence du bal, les airs de Wagner) ne sont parfois pas loin de glisser vers Rio ne répond plus. Pourtant le fond de l'air est frais et surtout loin d'être rigolard tandis que les questions posées, en particulier sur les problèmes de mémoires du monde contemporain et la minimisation du danger néo-nazi, n'ont malheureusement pas perdu de leur actualité. Et puis ça fait beaucoup moins rire en 2019, un film qui parle d'une émergence fasciste au cœur du Brésil non ?

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Identique au master produit par ITV au Royaume-Uni et partagé par Shout aux US, le Bluray d'Elephant n'a pas forcément l'apparence d'une Rolls de la HD. La restauration effectuée n'est pas passé par un procédé chimique et une prise à la source mais simplement par quelques jolies retouches numériques. Le rendu général reste cependant très agréable avec une définition plus présente, des couleurs assez équilibrées et même un petit grain de pellicule bien géré. Quelques traces des années restent visibles, quelques plans sont moins définis que d'autres, mais l'ensemble est assez convaincant.

 


Son :
Les pistes d'origines française (doublage honorable) et anglaise se glissent dans leurs moutures monos mais avec DTS HD Master Audio qui va bien. Pas de grandes fioritures, les dialogues sont toujours mis en avant, clairs et précis, et seule la musique de Goldsmith semble légèrement en retrait.

 


Interactivité :
Aucun supplément sur les éditions anglosaxonnes, Elephant se fend donc d'un petit bonus maison avec une nouvelle présentation de Julien Comelli. Plus sage qu'a l'accoutumé, il s'efforce de resituer le film dans la vague des films de complots des années 70 tout en faisant le lien avec les autres adaptations de romans d'Ira Levins. Quelques toutes petites anecdotes et descriptions de scènes plus loin, cela reste un item pour néophytes.

Liste des bonus : « À cause de 94 assassinats » : documentaire de Julien Comelli et Erwan Le Gac (24'), Galerie photos, Bande-annonce.

 
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