MANIAC / VIGILANTE
Etats-Unis - 1980 / 1983
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Thriller, Horreur
Réalisateur : William Lustig
Musique : Jay Chattaway
Image : 2.35 16/9
Son : Français en DTS-HD Master Audio 2.0 et Anglais en DTS-HD Master Audio 7.1, 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 177 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 3 octobre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Frank Zito est un homme tourmenté. Victime d'une mère abusive durant son enfance, il a gardé depuis lors un complexe vis-à-vis des femmes. La nuit, il erre dans les quartiers chauds de New York et, dès que l'occasion se présente, tue sauvagement ses proies. Pour s'être interposée dans une station-service contre des voyous qui maltraitaient un vieil homme, Vickie Marino se fait sauvagement agresser à son domicile par la bande de délinquants. Durant l'assaut, son petit garçon est tué...
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A History of Violence

En quelques années seulement et une petite vingtaine de parutions incontournables, Le Chat qui Fume s'est imposé comme un éditeur indépendant de référence, le digne successeur du défunt Neo Publishing (souvenir, souvenir), défrichant sans relâche les territoires obscures du bis mondial. Il était inévitable que le félin au tabagisme incurable croise la route de William Lustig, cinéaste culte et pilier des légendaires labels Anchor Bay et Blue Underground. Une rencontre au sommet qui nous vaut un doublé d'anthologie : Maniac et Vigilante ! Préparez le pop-corn et les sacs à vomi !

Né le 1er février 1955 à New York, dans le Bronx, Bill Lustig débute sa carrière de réalisateur dans le porno avec deux bandes (Hot Honey et The Violation of Claudia, pour les petits cochons que ça intéresserait) tournées en 1977. Les profits sont maigres mais suffisants pour que ce mordu de cinéma, qui n'a eu de cesse de traîner dans les salles les moins recommandables de la célèbre 42ème Rue, puisse concrétiser son rêve : réaliser un film d'horreur. A seulement 25 ans, le bougre repousse les limites du psycho-killer avec le bien nommé Maniac, la même année d'ailleurs que le Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato. D'un côté de l'Atlantique comme de l'autre, les années 80 s'ouvrent sur une paire de films qui transgressent les limites de la violence à l'écran et amènent à réfléchir sur la nature dangereusement addictive de celle-ci.
Préférant la qualité à la quantité, Lustig ne remet le couvert que trois ans plus tard avec Vigilante, réponse incroyablement complexe et amer à la franchise naissante d'Un Justicier dans la Ville (le premier est sorti en 1974 mais la suite, plus crapoteuse et toujours signée de l'incorrigible Michael Winner, précède Vigilante de seulement un an). Qu'il explore les virées sanglantes d'un tueur en série solitaire et misogyne qui collectionne les scalps de ses victimes ou qu'il pose la question de l'auto-défense dans un système rongé par l'injustice, William Lustig ne fait pas les choses à moitié. En première lecture, bien sûr, l'amateur de cinoche d'exploitation est comblé puisque Maniac et Vigilante offrent exactement ce que l'on est en droit d'attendre, et même au-delà. Pourtant, et à y regarder de plus près, ces deux films, comme deux faces d'une même pièce, questionnent la notion de complaisance et n'ont rien de gratuit.

 

la nuit de nous appartient plus


On sait William Lustig grand admirateur de Mario Bava et Dario Argento et les explosions de violence de Maniac (beaucoup) et de Vigilante (un peu) peuvent évoquer les plus haut faits des maîtres du giallo. Les mannequins ensanglantés qui décorent l'appartement de Frank Zito (génial Joe Spinell) renvoient même directement à ceux de Six Femmes pour l'Assassin. Mais s'il existe un point commun entre Maniac et Vigilante, une œuvre permettant de relier le film d'horreur suintant en 16 mm et le thriller bicéphale en Scope, c'est bien le Taxi Driver de Martin Scorsese. Seul dans son appartement, cédant à ses démons intérieurs la nuit venue et battant le pavé d'une Grosse Pomme pourrie jusqu'au trognon, Frank Zito est autant le descendant de Norman Bates que de Travis Bickle. Quant au discours tenu par le Nick de Vigilante, incarné par l'épatant et magnétique Fred Williamson, comment ne pas penser à Peter « Wizard » Boyle et à la croisade de « justicier » entamée par Robert de Niro dans le troisième tiers du film de Scorsese ? Si la mise en scène de Lustig n'a pas la virtuosité ostentatoire de celle du réalisateur des Affranchis, elle est en revanche d'une précision diabolique, jouant habilement sur les points de vue et créant un sentiment d'oppression permanent, même dans les scènes les plus calmes. Maître de l'effet choc et du retournement de situation, Bill Lustig n'est jamais là où l'on attend.
Aussi révoltants soient t-ils, les actes commis plein cadre par Frank Zito ne sont que les manifestations d'un esprit malade. Maniac n'est pas le film d'un cinéaste pervers qui prend son pied à filmer du gore. Maniac est une œuvre totalement subjective, un cauchemar sur pellicule et c'est ce qui fait toute la différence. Aussi attendue soit-elle, la vengeance d'Eddie Marino (le regretté Robert Forster, triste hasard du calendrier) ne se déroule pas comme prévue et fait même un virage en prison, laissant une autre intrigue - une autre vengeance - évoluer en parallèle. Vigilante n'est pas le fantasme droitier d'un faiseur irresponsable. Vigilante dépasse le cadre d'un réalisme sordide pour donner à l'auto-défense les contours d'un pacte purement faustien.

Quelque part aux alentours de minuit, entre deux ruelles humides et infestées de rat, Frank Zito et Eddie Marino ont basculé de l'autre côté, dans le néant et la violence. William Lustig est bien le cinéaste des âmes damnées. Et des gros coups de shotgun qui éclaboussent !

Alan Wilson










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Image :
Reprenant les derniers transferts 4k supervisés par Lustig himself (on est jamais aussi bien servi que par soi-même), Le Chat qui Fume offre à l'amateur ni plus, ni moins, que les conditions de visionnage ultimes pour ces deux classiques du cinéma d'exploitation. Maniac conserve un joli grain pellicule et des couleurs aux nuances inattendues (du rouge, oui, mais pas que) avec une définition aussi tranchante que le rasoir de Frank Zito et qui n'épargne ni les tours de passe-passe de Tom Savini, ni une poignée de plans flous résultant d'un tournage commando. Vigilante fait tout aussi bien mais avec des contrastes puissants et des noirs profonds.

 


Son :
Les versions françaises d'époque sont bien présentes, nettoyées comme il se doit. Mais l'orgie acoustique attendue est à chercher du côté des versions originales. S'adressant à la fois aux puristes et aux mordus de nouvelle technologie, William Lustig a mis les mains dans le cambouis pour proposer trois mixages différents : la stéréo originale, le 5.1 de l'âge d'or du DVD et le 7.1 pour épater la galerie. Dans ces deux derniers cas, le travail sur les basses est surprenant et totalement en accord avec les intentions originales.

 


Interactivité :
Là, c'est le nirvana et les deux films écopent des éditions les plus complètes à ce jour ! A moins de sortir Joe Spinell de sa tombe pour une interview exclusive, on ne voit pas ce qu'il est possible de rajouter. Outre la TOTALITE des suppléments déjà existants chez Anchor Bay, Blue Underground et les autres, Le Chat a fait appel au scénariste et critique Fathi Beddiar pour des entretiens au long cours où la passion et l'érudition du bonhomme font plaisir à entendre même si la qualité sonore de ces bonus maison laisse un tout petit peu à désirer. Vigilante est le moins fourni des deux galettes mais le commentaire audio est de haute volée avec quantité d'anecdotes tandis que le matériel promotionnel laisse planer une douce sensation de nostalgie. Répartie sur deux disques, l'interactivité de Maniac est d'un tout autre tonneau. Joe Spinell est à l'honneur avec une floppée de documentaires, allant de la biographie exhaustive (le déjà connu « L'Histoire de Joe Spinell ») aux rares images de Mr Robbie, suite avortée de Maniac, en passant par un talk-show d'époque. Tous les autres aspects du film sont abordés par ailleurs, d'interviews en commentaires audio mais la palme revient à deux bonus impayables ! Le premier est un entretien surréaliste avec les deux auteurs/compositeurs de la chanson « Maniac » (oui, du film Flashdance!) mené par William Lustig en personne. Qui a inspiré qui ? La réponse vaut son pesant de cacahuètes. Mais les amoureux de VHS et des éditions René Château Vidéo seront aux anges avec la possibilité de visionner Maniac comme au bon vieux temps, avec une image dégueulasse et recadrée. De quoi revivre ses traumatismes de jeunesse.

Liste des bonus Maniac : Commentaire audio de William Lustig, Tom Savini, Lorenzo Marinelli (montage) et Luke Walter (assistant personnel de Joe Spinell) (vostf) / Commentaire audio de William Lustig et du producteur Andrew W. Garroni (vo) / Bill & Joe par Fathi Beddiar / Les remakes de Lustig par Fathi Beddiar / Maniac Outtakes (19 mn) / Retour sur la scène du crime (8 mn) / Anna et le Maniac (13 mn) / Le dealer de la mort (12 mn) / Dark notes (12 mn) / Maniac men (10 mn 30) / Bill Lustig chez Movie Madness (47 mn) / Joe Spinell au Joe Franklin Show (13 mn) / Joe Spinell à Cannes (1 mn) / MR.Robbie (7mn30) / L'histoire de Joe Spinell (50 mn) / Critique sac à vomi (2 mn) / MIDNIGHT BLUE - Al Goldstein mutile sa poupée (2mn 40) / MIDNIGHT BLUE - Al Goldstein contre les films violents (4 mn) / Les nouvelles de Chicago ( 2mn 15) / Les nouvelles de Los Angeles (8 mn) / Les nouvelles de Philadelphie (3 mn45) / Films annonces américain hard et soft (3 mn) / Film annonce international (3 mn 50) / Films annonces Allemand - Italien - Français (8 mn 30) / 9 spots télé (3 mn) / Le film en mode VHS
Liste des bonus Vigilante : Commentaire audio de William Lustig (réalisateur) et de Robert Forster, Fred Williamson et Frank Pesce (acteurs) / Tolérance Zéro avec Fathi Beddiar / Films annonces

 
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