CARTOUCHE
France, Italie - 1962
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Cartouche »
Genre : Aventure
Réalisateur : Philippe de Broca
Musique : George Delerue
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio mono
Sous-titre : Aucun
Durée : 114 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 6 novembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Cartouche »
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LE PITCH
Révolté par la tyrannie de Malichot, le chef de la truanderie, un jeune et habile voleur, Dominique, brave son autorité. Il sauve sa vie en s’engageant, sous le nom de Cartouche, dans l’armée, où il se lie d’amitié avec La Taupe et La Douceur. Mais les aléas de la gloire militaire conviennent mal au trio qui désert après s’être emparé de la solde du régiment. Revenu au repaire de Malichot, Dominique distribue son butin aux truands qui aussitôt l’acceptent comme chef.
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Les yeux révolvers

Véhicule glorieux entièrement tourné au départ vers les débuts incandescents de notre fierté nationale Jean-Paul Belmondo, le grand divertissement populaire Cartouche marque aussi l'arrivé du réalisateur Philippe de Broca dans la famille... Mais ces deux là ne sont-ils pas en train de se faire voler la vedette par une jolie italienne ?

Symbole d'une belle époque du cinéma populaire français, le film de Cape et d'épée à forcément longtemps eu cette attache naturel avec le succès, rappelant à nos mémoires quelques anciens héros de notre histoire tout autant qu'un sens de l'aventure et du dialogues extirpés de notre littérature. En ce sens Cartouche, évocation assez fidèle du sympathique brigand Louis Dominique Cartouche, a immédiatement été associé aux plus belles réussites, faisant de lui un Robin des bois bien de chez nous, un fier précurseur de la Révolution française et un séducteur au panache extraordinaire. Un rôle dans lequel le tout jeune et bondissant bebel se montre ébouriffant en fier voleur ambitieux certes, mais moral et égalitaire, enchainant ses propres cascades et castagnes sans s'essouffler. Charmeur en diable, grand effronté, il rappel évidement l'excellent Fanfan la Tulipe de Christian-Jaque, et emporte le film dans un tourbillon d'épisodes picaresques, s'inspirant autant que se moquant du modèle Les Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas (Belmondo venait d'ailleurs de jouer d'Artagnan dans un téléfilm à succès), en particulier dans un détour rocambolesque sur le champ de bataille où on le découvre accompagné de ses nouveaux compères, La Douceur et la Taupe. Ce dernier est d'ailleurs incarné par élégant Jean Rocheford (sans moustache) faisant penser dans son mélange d'érudition et de violence froide qu'il aurait fait un parfait Aramis.

 

Les Grands chemins


De l'action, de l'aventure, quelques duels à l'épée et des chevauchées à travers la campagne, Cartouche délivre tous les ingrédients attendus, mais amène discrètement le film vers des rives moins lumineuses. Une fois la gloire atteinte, en devenant le nouveau prince des voleurs, Cartouche s'ennuie et se prend de passion pour une aristocrate blonde et trop propre sur elle (Odile Versois, une habituée) menaçant tout ce qu'il a bâtie uniquement pour vaincre l'ennui et combler son orgueil. Une chute annoncée où va s'épanouir à la fois la mise en scène de Philippe de Broca, se faisant plus fastueuse, plus baroque et opératique, et l'amante de Cartouche, Venus. Une petite voleuse italienne qui porte la moue boudeuse, les yeux de biche et le décolleté d'une Claudia Cardinale au sommet de sa beauté. Une amoureuse éperdue, une farouche combattante, une figure incroyablement moderne et tragique qui emporte définitivement le film dans une mélancolie puissante et romantique avec en point d'orgue un enterrement déchirant, dernier adieu à une certaine innocence. Immense compositeur dont la carrière est parsemé de scores inoubliables, George Delerue (Platoon, Le Mépris, Salvador...) trouve dans cette seconde partie puissamment romanesque matière à composer ses thèmes les plus lyriques et enlevés. « Amuse-toi. Amuse-toi si tu ne veux pas mourir » déclarait Venus à son beau Cartouche : elle avait déjà tout compris.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Traité comme un roi et accompagné d'une ressortie en salle, Cartouche se pâme désormais dans une superbe copie 4K qui retrouve la beauté des premiers jours. Des cadres admirablement nettoyés et d'une grande stabilité, des couleurs généreuses et pleines, des noirs maitrisés de bout en bout et surtout un respect considérable de la source avec un grain de pellicule toujours présent mais agréable et organiques, de riches textures et ces délicieux reflets d'un Eastmancolor comme on en fait plus.

 


Son :
Seule la version française d'origine répond présent avec son mono d'époque. Bien entendu là aussi un large travail a été effectué avec une restitution d'une clarté inédite et des équilibres bien balancée en particulier lorsque la musique de Delerue offre quelques échappées romantiques.

 


Interactivité :
Un peu dommage de devoir noter ici l'absence de reportages d'époque et surtout des deux têtes d'affiche Belmondo et Cardinale (les décédés sont excusés). L'éditeur tente tout de même de donner un peu de coffre à son édition en proposant deux items plutôt intéressants. En premier lieu une interview croisée d'Alexandra de Broca (épouse de) et le journaliste Thomas Morales qui retracent à distance les évolutions du projet et soulignent les marques stylistiques du cinéaste à renfort de petites anecdotes rapportées. En témoin direct, Claude Carliez, célèbre chef cascadeur ayant souvent collaboré avec Belmondo mais aussi sur quelques James Bond, commente quelques scènes phares et spectaculaires du film, insistant très souvent sur le professionnalisme et le courage du jeune acteur.

Liste des bonus : L'Aventure avec un grand C (25'), Commentaires de Claude Carliez (28'), Bande annonce.

 
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