UNIVERSAL SOLDIER
Etats-Unis - 1992
Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Universal Soldier »
Réalisateur : Roland Emmerich
Musique : Christopher Franke
Image : 1.85 16/9
Son : Français & Anglais DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français et anglais
Durée : 102 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 6 novembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Universal Soldier »
portoflio
LE PITCH
1969, au Vietnam. Le soldat Luc Deveraux tente d'arrêter son supérieur, le sergent Andrew Scott, coupable d'avoir massacré des civils innocents. Les deux hommes finissent par s’entretuer. Vingt cinq ans plus tard, ramenés à la vie et leurs souvenirs effacés, ils sont intégrés dans une unité d'intervention expérimentale : les Universal Soldiers ….
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Graines de stars

Avec Universal Soldier, la Carolco de Mario Kassar et Andrew Vajna fait coup double. D'un côté, ils se paient le phénomène Van Damme, offrant à la star belge un blockbuster digne de ce nom. De l'autre, ils engagent Roland Emmerich, réalisateur ouest-allemand de séries B sous influences, lui laissant l'opportunité de se faire un nom à Hollywood. Joli succès au box-office (au point de donner naissance à une franchise sans queue ni tête), le résultat est une sorte d'accident industriel jouissif et qui, derrière une esthétique rutilante typique des 90's, peine à dissimuler ce qu'il est convenu d'appeler un nanar de première classe, déviant et bien con comme on les aime !

Sur la base d'un (mauvais) scénario de Richard Rothstein et Christopher Leitch intitulé « Crystal Knight », le projet parvient à attirer JCVD et Dolph Lundgren. Comment ? On se le demande encore. Le premier sort du succès du sympathique Double Impact tandis que le second à toutes les peines du monde à capitaliser sur sa prestation du colosse russe Ivan Drago dans Rocky IV, enchaînant les revers avec des films comme Les Maîtres de l'Univers, Scorpion Rouge ou Punisher. L'affaire prend un tout autre tournant lorsque Roland Emmerich, auréolé du succès d'estime de Moon 44, signe avec la Carolco. Le teuton a de l'ambition et ne se contente pas de jouer les mercenaires. Non content de réécrire le scénario en compagnie d'un jeune acteur et aspirant écrivain nommé Dean Devlin, il investit des billes dans le film via sa société de production, Centropolis. Emmerich trouve un nouveau titre, Universal Soldier (bon, ça veut pas dire grand chose mais au moins, ça claque!), et développe l'idée d'un prologue en pleine guerre du Vietnam. Ratissant large, le duo caviarde le script de références en pagaille (Robocop, Terminator, Full Metal Jacket, Platoon et même les Tortues Ninja avec une héroïne journaliste entièrement calquée sur April O'Neill), injecte un humour neuneu et un peu de fond avec un message pacifiste et anti-tabac. Le menu est copieux mais l'ingrédient de base reste le même : il s'agit avant tout d'une histoire de soldats zombies, le genre d'argument de vente que l'on aurait plus souvent l'habitude de retrouver dans un Z transalpin signé Bruno Mattéi !

 

das ist wunderbar !


Si second degré il y a, il est purement accidentel tant la mise en scène d'Emmerich manque de recul, ou même d'idées. Persuadé de son talent, le cinéaste est pourtant incapable d'aligner autre chose que des champs contre champs mous du genou et impersonnels. Et l'indigence artistique ne s'arrête pas à ces menus détails. Ajoutez à cela une direction d'acteur inexistante avec des musclés qui, pour se battre, buter du terroriste ou tout simplement se déplacer, utilisent la technique gestuelle dite du balai dans le cul et une tendance généralisée au cabotinage et vous obtenez un savoureux retour aux sources nanardesques du projet. On pourrait utiliser la métaphore de l'arroseur arrosé mais imaginez plutôt ceci : vous êtes sur le point de produire Virus Cannibale mais vous vous dites qu'en injectant du pognon et en plaçant un mec qui pourrait bien être le nouveau James Cameron derrière la caméra vous avez une opportunité de transformer la merde en or massif. Manque de pot, vous avez engagé un escroc et l'odeur de caca remontent insidieusement au travers des billets verts pour revenir vous titiller les naseaux ! Universal Soldier, c'est donc un peu ça. Une escroquerie qui prend l'eau de toutes parts. Et chaque fuite amène son lot de sorties de routes bien déviantes. Qu'il s'agisse d'un Dolph Lundgren se prenant pour Marlon Brando dans Apocalypse Now en s'amusant à faire des colliers d'oreilles et à débiter des monologues racistes (il n'aime pas les bridés et il veut qu'on le sache!), d'un Ralph Moeller aussi inexpressif qu'une porte qui sert de souffre-douleur ou d'un Van Damme qui se fout à poil pour se refroidir tout en gardant ses chaussettes et ses rangers ou encore d'une diatribe inattendue contre le secteur tertiaire (hôteliers, restaurateurs, garagistes, tous des salauds!), on se pince plus d'une fois devant un film qui porte en lui les germes d'une filmographie qui pique les yeux et remue l'estomac (Independence Day et sa suite, Godzilla, 2012, 10 000 ... on continue ou la nausée vous gagne déjà?). Bien sûr on ne s'ennuie pas vraiment devant Universal Soldier. On s'amuse même de bon cœur. Ironique, n'est-ce pas ?

A défaut de savoir réaliser de bons films, Emmerich sait à peu près comment les rythmer et il ne lésine pas sur les poursuites, les explosions, les fusillades, les empoignades viriles et une violence bien gratinée. Quant au karatéka belge et au colosse suédois, ils y croient suffisamment pour donner à leurs fans tout ce qu'ils sont en droit d'attendre et qu'ils ne reçoivent plus vraiment aujourd'hui. Aussi foireux soit-il, Universal Soldier peut donc, la nostalgie et un pack de 12 aidant, conserver son titre de madeleine de Proust de vidéo-club. So bad it's good ? Ça nous arrache un ongle incarné de l'écrire mais contre toute attente, oui !

Alan Wilson








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Image :
Les éditions précédentes étaient déjà solides et on ne peut pas dire qu'une galette 4k s'imposait vraiment. D'autant plus que la photographie assez plate de Karl Walter Lindenlaub n'est pas idéale pour une démonstration de haute-définition. La technique est pourtant impeccable et on peut concéder un gain évident lors de la poursuite sur les hauteurs du Grand Canyon avec une profondeur de champ assez vertigineuse.

 


Son :
Là encore, peu de différences avec ce que l'on a pu déjà entendre mais vos voisins pourront continuer à vous maudire. Chaque coup de poing est une explosion, chaque coup de pied une déflagration à la grenade et chaque sortie à la mitrailleuse lourde est suffisante pour que les murs de Jericho s'effondrent. Seul regret, la spatialisation nous assène avec une clarté et une puissance retrouvée le score affreusement cheap de Christopher Franke, ancien membre de Tangerine Dream devenu spécialise en torture musicale au Bontempi. On peut pas tout avoir !

 


Interactivité :
Rien de nouveau mais l'essentiel est là et c'est tant mieux. Même si l'on aurait pas craché contre un petit supplément analytique ou rétrospectif. La fin alternative, connue de toutes et de tous, est heureusement bien plus parlante qu'une thèse filmée de quarante-cinq minutes. Beaucoup moins long qu'au cinéma, le combat final enchaîne sur un rebondissement qui signe le retour du personnage joué par Jerry Orbach avec à la clé un Jean-Claude Van Damme qui bouffe du plomb comme Willem Dafoe dans Platoon ou Peter Weller dans Robocop, une attaque contre le sensationnalisme des médias sortie de nulle part et un épilogue mélodramatique tout pété qui fait bizarrement penser au Forever Young de Steve Miner. Un grand écart stylistique et thématique qui se casse la gueule et prouve qu'Emmerich n'a définitivement pas les moyens de ses nombreuses influences. Une profession de foi en forme de tarte à la crème si vous préférez. Le même Emmerich, accompagné par Dean Devlin, Van Damme et Dolph Lundgren, se répand en compliments lors d'un commentaire audio surréaliste mais plaisant où les anecdotes fusent. Le prologue au Vietnam aurait ainsi été tourné sur terrain de golf ! Deux autres featurettes apportent leur lot d'informations dans la bonne humeur et la cerise sur le gâteau nous est livrée par le biais d'une vingtaine de minutes de B-Roll avec un Van Damme bosseur et souriant. Nuff said !

Liste des bonus : Fin alternative / Commentaire audio / « Flingues, gênes et machines à tuer » / « Le choc des deux Titans » / Dans les coulisses / Bande-annonce

 
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