LES RESCAPéS
Wilkolak - Pologne / Allemagne / Pays-Bas - 2018
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Genre : Drame, Horreur
Réalisateur : Adrian Panek
Image : 2.35 16/9
Son : Français & Polonais Stéréo
Sous-titre : Français
Durée : 84 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 26 octobre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Rescapés »
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LE PITCH
1945. La guerre est terminée et, sur le front de l'est, l'armée soviétique libère les camps de concentration nazis. Un groupe d'enfants survivants est abandonnée dans un manoir en ruine au milieu de la forêt. Sans aide ni nourriture, ils deviennent la proie d'une meute de chiens sanguinaires …
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Loup y es-tu ?

Autant vous l'avouer sans détour, nous nous sommes bien fait avoir. Parfaitement hideuse avec ses molosses enragés façon Photoshop du pauvre, son titre de direct-to-video fauché et son arrière-plan de fantasy déjà vu mille fois ailleurs, la jaquette concoctée pour la sortie française du deuxième long-métrage du polonais Adrian Panek (ouf!) est loin de vendre du rêve. A première vue, on dirait un survival tout pourri produit avec trois francs six sous, juste histoire de remplir une troisième partie de soirée. Oui, nous nous sommes bien fait avoir.

Sorti un peu partout au cinéma et récompensé dans différents festivals à travers le monde, Wilkolak (laissez tomber cet « autre » titre) n'écope dans l'Hexagone que d'une sortie technique, et même pas en haute-définition. Pourquoi un tel traitement ? Franchement, c'est à n'y rien comprendre. De quoi ça parle, Wilkolak ? De loups-garous, comme semble le suggérer le titre une fois traduit par nos bons soins ? Pas tout à fait. Pas au sens littéral en tous cas. Plutôt que de verser sans retenue dans le cinéma de genre, Adrian Panek préfère en laisser planer les effluves. A première vue, Wilkolak est un drame tout ce qu'il y a de plus réaliste, froid et cruel, totalement ancré dans l'une des périodes les plus sombres de notre Histoire. Et pourtant, la symbolique du conte rôde bel et bien en lisière de cette forêt. Quelque part entre Sa Majesté des Mouches, L'Échine du Diable, Requiem pour un massacre et Le Petit Chaperon rouge, le film d'Adrian Panek convoque d'imposantes références pour traiter de cette frontière insaisissable entre l'homme (ou la femme) et la bête. Tout un programme !

 

enfants de l'holocauste


Comme le prouve l'ouverture du film, saisissante dans son évocation sans concession de l'horreur des camps de concentration, les nazis ne se sont pas contentés de massacrer des innocents au nom d'une idéologie insensée, les humiliations en série sont parvenues à rabaisser les survivants au rang de bêtes féroces. Audacieux, le réalisateur (mais aussi scénariste) dresse un parallèle glaçant entre des chiens affamés abandonnés à leur sort par les SS et de simples enfants, profondément abîmés par les horreurs de la guerre. Tuer n'est même plus une question de survie mais bel et bien une seconde nature, pour les uns comme pour les autres. De cette situation de départ, Adrian Panek dresse un constat simple : soit on se laisse aller à ses plus bas instincts et la mort est la seule issue, soit on renoue avec son prochain pour retrouver la lumière et la liberté. Du chaos et de la barbarie, le film tend vers l'apaisement et l'harmonie. La démonstration est poétique, touchante dans ses ultimes instants, mais le geste est politique, Adrian Panek livrant une charge claire contre le chacun pour soi et le néant que représente les mouvements nationalistes et violents.

Si on peut reprocher à Wilkolak un léger ventre mou en milieu de métrage, un score pas très subtil et une caractérisation parfois un peu légère, le film doit énormément à son jeune casting, remarquable de naturel. Ils sont le cœur qui bat d'une œuvre étrange, humble mais forgée dans la boue, le sang et les larmes.

Alan Wilson






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Image :
Tout ce qu'il est permis d'attendre d'un DVD, un format dont obsolescence reste à prouver. Baignant dans des teintes grises et vertes, l'image affiche un joli grain numérique et des textures presque palpables. A défaut d'une sortie sur grand écran, le film d'Adrian Panek est traité avec tout le respect possible.

 


Son :
La version française est tout bonnement insupportable. Optez plutôt pour la version originale avec une stéréo plus dynamique et toutes les nuances de dialogues claires. Rien de spectaculaire mais ce n'est pas le but recherché.

Liste des bonus : Bande-annonce

 
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