MUTATIONS
The Mutations / The Freakmaker - Royaume-Uni / Etats-Unis - 1974
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Mutations »
Genre : Horreur
Réalisateur : Jack Cardiff
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 26 octobre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Mutations »
portoflio
LE PITCH
Chercheur en biologie, le professeur Nolter a développé des théories audacieuses, selon lesquelles il serait possible de donner vie à des créatures en mêlant les ADN de végétaux et ceux d’espèces animales. En secret, il mène d’horribles expériences. Souhaitant passer à la vitesse supérieure, il décide d’utiliser de l’ADN humain. Au même moment, un cirque arrive en ville…
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Bizzaroïde vous avez dit bizzaroïde ?

Jamais sorti en salle en France puis bazardé comme un DTV dans une VHS criarde et dans un montage expurgé de ses premières minutes bavardes, Mutations est largement passé sous les radars. Pourtant s'il y a bien une chose qui ne qualifie pas cet essai improbable c'est la modération.

Produit par l'américain Robert D. Weinbach et co-écrit avec son ami Edward Mann (le futur Seizure ! premier film d'Oliver Stone) The Mutations ou plutôt The Freakmaker, qui était son titre préliminaire, est apparu sur le marché anglais en plein délitement du cinéma fantastique british. Depuis La Nuit des morts vivants, L'Exorciste et Massacre à la tronçonneuse le cinéma d'horreur n'est plus le même, et des firmes historiques comme la Hammer peinent à suivre le rythme. Pourtant, loin de regarder en avant, Mutations est avant tout marqué par la volonté de rendre hommage au cultissime Freaks La Monstrueuse parade de Todd Browning, tout en le croisant avec une très classique évocation du savant fou, jouant ici à dieu avec quelques croisements génétiques entre l'humain et les plantes. Et les pauvres victimes du bonhomme d'être recyclées comme spectacles supplémentaires pour le cirque du terrifiant monsieur Lynch. D'un coté du pur cinéma d'épouvante so 50's, de l'autre un regard très appuyé et souvent touchant sur la réalité de ces authentiques « monstres de foire » dont on découvre autant les numéros sur scènes que quelques instants de vie. Une sensibilité très présente et plutôt rare sur le sujet, avec entre autres un passage très émouvant lorsque Lynch, affublé d'un visage déformé aux airs d'Elephant Man, paye en supplément une prostituée juste pour l'entendre dire « Je t'aime ».

 

freaking green


Malheureusement entre les petites aventures très modernes d'un groupe de jeunes gens futures victimes du Professeur Nolter et le décor plus romantique du cirque itinérant le collage ne prend pas toujours. Pas un immense film ou un classique du genre soit, mais pourtant Mutations a vraiment des airs de curiosité totale, de péloche atypique. Tout d'abord par son casting impeccable faisant cohabiter Donald Pleasence en Mengele désinvolte et dépassionné, le formidable Tom Baker (appelé à devenir le plus célèbre des Doctor Who) éclatant sous son maquillage difforme, le tout aussi imposant Michael Dunn qui deviendra lui le Dr Loveless pour Les Mystères de l'ouest et enfin le spécialiste du péplum italien et du Krimi allemand Brad Harris et la pin-up déshabillée Julie Ege. Une affiche de film d'exploitation pourtant servi par le gigantesque chef opérateur Jack Cardiff (Les Vikings, Le Narcisse noir, Les Amants du Capricorne...) qui malgré quelques tentatives plutôt convaincantes (l'excellent Le Dernier tain du Katanga en particulier) tentait de maintenir vainement sa carrière de metteur en scène. Mutations sera sa dernière réalisation, mais son talent est évident, autant dans la précision redoutable de ses cadres que dans la générosité étonnante d'une photographie chaude et pétante, presque anachronique. Même ingéniosité dans l'utilisation discordante des compositions expérimentales du duo Basil Kirchin & Jack Nathan (L'Abominable Dr Phibes) et le placement des bobines poétiques de plantes poussant en accéléré conçues par un Ken Middleham déjà responsable des séquences d'insectes dans le Phase IV de Saul Bass. Un film Frankenstein où les pièces cousues entre elles ne tiennent que par la ferveur de ses créateurs, culminant dans une apparition surréaliste d'un monstre-plante bien Z dévorant son créateur pour ne laisser qu'un cadavre à moitié digéré. Kitch, gore, gothique,  psychédélique et totalement freak.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Resté à l'étape de vieille VHS tronquée, Mutations revient chez nous avec un master haute définition inédit, produit par Robert D. Weinbach en personne, et dans sa version complète. Bonne surprise donc surtout que cette copie restaurée retrouve la photographie plus « réaliste » d'origine, faisant oublier le DVD US et ses cadres baignés d'un rouge baveux. La définition est plutôt solide avec une profondeur bien marquée et un piqué très agréable et seuls quelques plans nocturnes dénotent de petites instabilités. Reste la question du format. Enregistré (et annoncé sur la jaquette) comme un film présenté à l'origine en 1.85, il est ici uniquement en format 4/3. Validé par le producteur du film et clairement par la composition des cadres (et on sait qu'elles sont précises chez Cardiff), on est tenté de dire que c'est là la version optimale.

 


Son :

Présenté pour la première fois dans sa version complète le film ne propose donc qu'une version française partielle comblée par des sous-titres tout au long de la longue introduction. De toute façon, et malgré des prises sonores un peu disparates (avec post-synchro et captation directes différenciées) c'est le DTS HD Master Audio 2.0 mono de la version anglaise qu'on privilégiera pour profiter pleinement du talent des deux acteurs principaux.

 


Interactivité :
Reprenant le format des très jolis Happy Birthday to Me et Le Bal de l'horreur, Rimini glisse donc le digipack de Mutations dans un élégant fourreau. Accompagnés de l'incontournable livret de Marc Toullec, les disques DVD et Bluray contient en guise de suppléments un petit doc en SD « Comment créer un monstre » avec les interviews croisées du réalisateur Jack Cardiff, du producteur Robert Weinback et d'e l'acteur Brad Harris. Un peu bricolé dans sa présentation, ce segment permet tout de même d'accéder à quelques souvenirs de tournages, aux origines du projet et aux petits regrets (budgétaires essentiellement).

Liste des bonus : Un livret de 28 par Marc Toullec, « Comment créer un monstre » (25'), Bande annonce.

 
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