FAIR GAME
Australie - 1986
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Genre : Thriller
Réalisateur : Mario Andreacchio
Musique : Ashley Irwin
Image : 2.35 16/9
Son : Français et Anglais en DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 86 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 19 octobre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Fair Game »
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LE PITCH
Jessica vit seule avec Ted dans un coin retiré du sud de l'Australie, où ils sont en charge d'une réserve naturelle. Dans ce cadre idyllique, son compagnon s’étant absenté pour une conférence, sa quiétude est compromise par l'arrivée d'un trio de chasseurs de kangourous. Lorsque les trois rustres croisent la route de la jeune femme, ils voient en elle un gibier de choix. S'engage alors un jeu du chat et de la souris entre les prédateurs et leur proie. Pour Jessica, le plus important v...
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Furieuse

L'ozploitation serait-elle enfin en train de nous revenir comme un boomerang ? Avec bonheur les distributeurs retrouvent la voie du cinéma de genre australien est ce n'est que du bonheur pour le bisseux. Autre preuve avec le bourrin mais délectable Fair Game.

Véritable parenthèse enchantée du cinéma australien, la dizaine d'année à cheval entre les 70's et les 80's aura vu tout une industrie profiter largement d'abattements généreux pour enchainer des productions zieutant très rapidement vers le cinéma de genre, l'action, le thriller et l'horreur. Rien de plus logique lorsque l'on connait l'histoire même du pays et la nature de son paysage aussi cruel que mortel (et on ne parle même pas des bestioles). Dans cette ambiance, le survival devient rapidement l'angle préféré des petits réalisateurs malins à l'instar de Mario Andreacchio qui, pour son premier long, ne s'embarrassa pas de considérations sociétales ou philosophiques préférant miser sur un pur film d'exploitation plaçant une très jolies blonde pas toujours habillée, Cassandra Delaney sauvage et sublime, face à trois péquenots locaux aussi abrutis que dangereux. Un petit côté de rape and revenge du lointain cousin américain, mais surtout beaucoup de Razorback de Russell Mulcahy, une bonne dose de Max Max 2 le tout baignant parfois dans une atmosphère pas si loin de Massacre à la tronçonneuse, ou plutôt de ce curieux Night of Fear essai précurseur réhabilité récemment. Et australien justement.

 

L'australienne est une femme comme les autres


De belles références et de sacrés ambitions qui donnent une impulsion redoutable à une sorte de ride ininterrompu, d'une succession de harcèlements étouffants, de poursuites et d'humiliations sordides (dont cette virée avec la pauvre héroïne à moitié nue accrochée au pare-choc), qui va enchainer des cascades motorisées nerveuses et tendues, ou des courses-poursuites stylisées dans l'outback où le montage et la mise en scène tendent vers une abstraction de cauchemar. Si le film n'a pas un rond en poche, ou pas loin, il le cache admirablement par sa facture plus qu'honorable, sa maitrise constante du rythme particulièrement appréciable dans un film quasiment muet et sa photographie épousant à merveille le paysage aride et le soleil implacable. Une image signée par Andrew Lesnie, presque débutant, que l'on retrouvera quelques temps plus tard sur le premier Babe, mais aussi sur la trilogie du Seigneur des anneaux ou le King Kong de Peter Jackson. Il a une sacrée gueule ce Fair Game donc, film modeste mais couillu, basique dans son script mais loin d'être crétin dans sa mise en avant, encore rare alors, d'une jeune femme d'allure fragile mais carrément badass qui va mettre à mal trois chasseurs de kangourous, qui symbolisent brillamment la crasse de la gente masculine locale. Si Mario Andreacchio s'est toujours défendu d'avoir voulu faire autre chose qu'un divertissement aux airs de comic book pour adulte, on ne peut s'empêcher d'y percevoir un film involontairement féministe et pourquoi pas activiste dans l'âme.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Invisible en France depuis des lustres (et on est large) Fair Game nous esbaudit grâce à sa toute nouvelle et éclatante copie 2K. Une restauration de masse ne laissant filtrer que quelques reliquats de points blancs et quelques passages nocturnes moins stables, mais qui séduit dans les grandes largeurs par sa définition musclée et surtout une esthétique typique maintenu jusqu'au bout que ce soit par une photographie brûlante, des rouges saturés et un grain de pellicule ultra présent.

 


Son :
Sympa de la part de l'éditeur d'avoir recasé le doublage français même si celui-ci n'est pas toujours convaincant... Enfin comme les acteurs masculins australiens non plus... Reste que la version originale DTS-HD Master Audio 2.0, carré, directe et équilibrée, reste la plus intéressante pour découvrir le film en particulier pour son accent inimitable.

 


Interactivité :

Plutôt réduite pour un titre Le Chat qui fume mais présente tout de même, la section bonus propose deux documents d'archives plutôt sympathiques sous la forme d'une petite vidéos des coulisses et d'un montage de divers story-boards du film. Pour présenter véritablement le film il faut par contre compter sur Eric Peretti (de plus en plus à l'aise devant la caméra) qui recale efficacement le film dans son époque et son origine culturelle, tout en expliquant sa tardive distribution en Australie et sa violente réception par les féministes locales.

Liste des bonus : La traque par Eric Peretti (12'), Sur le tournage (4'), Storyboard (8'), Film annonce

 
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