LA GORGONE
The Gorgon - Royaume-Uni - 1964
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Gorgone »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Terence Fisher
Musique : James Bernard
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 83 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 22 octobre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Gorgone »
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LE PITCH
Déjà cinq ans que le petit village de Vandorf est victime d’une terrible malédiction : les nuits de pleine lune, certains habitants sont retrouvés transformés en pierre. Jusqu’à l’arrivée d’un médecin venant de la ville, qui va enquêter et tenter de lever le maléfice.
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Complètement Hammer

Marre de Dracula et Frankenstein ? Réjouissez-vous ! ESC nous sort un nouveau trésor des coffres poussiéreux et grinçant de la Hammer. De quoi se replonger dans l'univers délicieusement suranné de l'épouvante en technicolor avec un monstre inhabituel mais ô combien cinématographique.

Pour beaucoup de spectateurs, la Hammer a toujours fait dans l'épouvante. Pourtant, les premières bobines du studio remontent aux années 30, et il faudra attendre plusieurs décennies (presque trois) avant de voir enfin débarquer les créatures de la littérature gothique qui allait définitivement l'inscrire dans l'Histoire du cinéma fantastique. Des monstres empruntés aux mythiques studios américains Universal, et qui trouvèrent une nouvelle vie en Europe, et en couleurs. Frankenstein, Dracula, la Momie, le Loup-Garou, le Docteur Jekyll, Le Fantôme de l'Opéra... Autant de franchises qui tournèrent (presque toutes) jusqu'au vertige, devant la caméra d'un seul et même réalisateur, Terence Fisher, qui devint en l'espace de quelques années le spécialiste ès-monstres du studio. Embarquant rapidement avec lui des artistes et techniciens qui allaient devenir de véritables compagnons de route finissant par devenir la marque même du studio.

 

les coeurs pétrifiés


Rien d'étonnant donc, en 1964, de retrouver encore Fisher derrière la caméra de La Gorgone et, devant elle, les deux figures de proue du studio : Peter Cushing et Christopher Lee. Comme Bela Lugosi et Boris Karloff chez Universal avant eux, les deux anglais se donnant la réplique et s'affrontant dans des scénarios rocambolesques. Ici, Cushing interprète un médecin de campagne épris de son assistante (la belle Barbara Shelley de Le Village des Damnés) et cachant comme il peut la vague de meurtres inhabituels (par pétrification) commise par une créature tout droit sortie de la mythologie grecque. Au terme d'une enquête rapide où la police ne sert à rien, le docteur amoureux finit par être confondu par le sempiternel professeur venu de la ville (Christopher Lee donc, en mode Van Helsing) qui , au terme d'un combat rapide, finira par délivrer les villageois de la malédiction de la créature.

Dans les grandes lignes, La Gorgone reproduit donc une formule largement éprouvée mais gagnante, le caractère inhabituel et exotique de la créature rajoutant une saveur inédite à l'ensemble. Comme cette touche de romantisme, moins systématique aussi chez le studio, qui lorgne habituellement plus facilement du côté d'un érotisme sage (comme durant cette intro où un peintre reproduit son joli modèle à demi nu). Romantisme qui donne à Peter Cushing l'occasion d'incarner ce docteur ambigu et fiévreux, qui cache l'horrible vérité par amour. Dommage que, face à lui, Christopher Lee casse un peu l'ambiance avec un postiche et une moustache qui tiennent plus du balai brosse que des accessoires sensés vieillir et donner du crédit à son personnage. Mais qu'importe ! La Gorgone, malgré ses défauts, reste l'exemple parfait des films de la Hammer, du savoir-faire de son réalisateur et de ses comédiens et reste, comme la plupart des productions du studio, un spectacle savoureux dont on ne se lassera probablement jamais.

Laurent Valentin






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Image :
Malgré des bobines qui ont clairement subi l'épreuve du temps, ESC livre une restauration de qualité, fourmillant de détails et qui rend un vibrant hommage au fameux technicolor. Ca manque parfois de précision, ça frôle l'apparition d'artefacts, mais ça tient le coup.

 


Son :
Un simple mono en DTS HD Master Audio 2.0 pour les deux pistes que contient la galette, mais de très belle tenue, qui donne du grain à moudre aux enceintes et honore le score tantôt tonitruant, tantôt discret du compositeur James Bernard.

 


Interactivité :
Deux entretiens. D'abord celui, passionnant, en compagnie de Nicolas Stanzick, journaliste et auteur du magnifique livre « Dans les griffes de la Hammer ». Il revient sur l'histoire du studio, son importance pour le fantastique et la vague de films du même genre qui envahira la planète suite aux nombreux succès de la Hammer. Dont ceux de Mario Bava en Italie et les productions de Roger Corman aux Etats-Unis, tous deux héritiers direct du studio anglais.
Le second entretien est mené par Noël Simsolo, journaliste et réalisateur, qui nous parle plus précisément de La Gorgone en revenant sur sa production (le film devait être, à la base, réalisé par John Gilling, son scénariste), le fabuleux charisme de ses deux acteurs principaux et le caractère inédit de la créature. Un entretien intéressant mais un peu décousu, tant Simsolo semble parfois ne pas savoir lui même comment il va bien pouvoir finir ses phrases.

Liste des bonus : Présentation de la Hammer par Nicolas Stanzick, Analyse du film par Noël Simsolo.

 
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