LES AVENTURES DE PINOCCHIO
Le Avventure di Pinocchio - Italie - 1972
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Réalisateur : Luigi Comencini
Musique : Fiorenzo Carpi
Image : 1.33 4/3
Son : Italien et Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 133 minutes
Distributeur : Le Pacte
Date de sortie : 1 octobre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
L’histoire de Pinocchio, pantin de bois sculpté par un vieux menuisier, qui prend vie et part découvrir le monde.
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La Valse du Pantin

Quand on dit Pinocchio, on pense tout de suite au grand classique d'animation Disney. Bien plus qu'au roman italien du 19ème siècle et de n'importe laquelle de ses autres adaptations. Une situation que Le Pacte a décidé de changer (un peu) en sortant pour la première fois en bluray une version datée des années 70 et signée par un des plus grands noms du cinéma transalpin.

C'est au journaliste et écrivain italien Carlo Collodi, en 1881, que l'on doit le roman Les Aventures de Pinocchio. Un conte pour enfants qui raconte donc les aventures d'un pantin, sculpté par un vieux et pauvre menuisier à partir d'un morceau de bois destiné au feu de cheminée, et à qui il va malencontreusement donner vie. Le pantin partant ensuite dans des aventures fabuleuses au quatre coins du pays, à la rencontre de personnages hauts en couleurs : un chat, un renard, une fée, un requin géant... Un roman picaresque, qui décrit l'Italie des pauvres gens, souvent confrontés aux figures représentant l'État (le policier, le juge, le maître d'école...), et tout cela sous les yeux d'un pantin au caractère insupportable, désobéissant et menteur, qui va découvrir le monde des hommes et sa multitude de dangers et de frustrations.

 

le monde et l'enfant


C'est donc près d'un siècle plus tard que Luigi Comencini, qui sort tout juste de L'Argent de la Vieille, un de ses plus grands succès, donne une nouvelle adaptation au conte (la neuvième, déjà!). Mais pas sous la forme d'un film. Car si la galette que nous propose aujourd'hui Le Pacte est bien un film, il est en fait un montage d'un peu plus de deux heures des cinq heures que possédait à la base cette mini série de six épisodes. Les coupes se sentant à de nombreuses reprises : Pinocchio est arrêté, jugé et promis à la prison ? Qu'à cela ne tienne, on le retrouve la scène suivante gambadant gentiment dans la campagne. Si la frustration de ne pas revivre l'intégralité des aventures de la marionnette est donc bien présente, il n'empêche que l'adaptation de Comencini en est une des meilleures à ce jour ; le réalisateur utilisant tout le potentiel du support télévisé pour disséquer au mieux les mille et une aventures du pantin, et à la lettre. La pauvreté, le froid, la misère même, sont palpables. Les rencontres, dangereuses (Pinocchio est même pendu!). On est loin du film d'animation coloré et dansant des studios Disney.
Pour d'évidentes questions de budget, et même si certains effets astucieux permettent de donner vie à la marionnette le temps de quelques scènes, le personnage ne peut pas, comme dans le roman, rester un pantin de bois en permanence. Il est donc, à la place et la plupart du temps, incarné par un acteur de chair et d'os (le jeune Andrea Balestri, parfait) qui donne la fraîcheur et la candeur nécessaire au personnage. Autour de lui, un parterre de grands acteurs italiens (certes pas toujours très connus en dehors de leurs frontières), qui ont à coeur de cabotiner à outrance : Nino Manfredi (réalisateur de la comédie Miracle à l'Italienne), le duo comique Franco Franchi/Ciccio Ingrassia partenaires dans plus de cent films (et notamment auprès de Vincent Price dans L'Espion qui venait du surgelé de Mario Bava), l'immense Vittorio de Sica (réalisateur qui obtint quatre oscars du meilleur film étranger à Hollywood) et bien sûr la magnifique Gina Lolobrigida (dans le rôle de la belle fée bleue). Sans oublier l'acteur américain Lionel Stander (le majordome Max dans la série L'Amour du Risque, c'était lui !). Des talents divers et variés qui se mettent au service de Comencini et de son thème de prédilection : l'enfance, que la musique de Fiorenzi Carpi agrémente à merveille. Tellement, d'ailleurs, que son rondo Pinocchio deviendra bien plus célèbre que le film et la série elle-même.

Si cette adaptation n'est donc pas celle qui restera dans toutes les mémoires (malgré un passage remarqué chez nous dans la mythique émission Croque Vacances), qu'on est en droit de lui en préférer d'autres (dont le A.I. de Spielberg) ou certaines nettement moins respectueuses du matériau d'origine (le film d'horreur La Revanche de Pinocchio), elle reste sans aucun doute une des plus respectueuses de l'oeuvre de Carlo Collodi et un spectacle familial de qualité.

Laurent Valentin






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Image :
Le Pacte nous invite à une véritable résurrection, tant la netteté des contrastes et la somme astronomique de détails fourmillent à chaque image. Loin, très loin, de la qualité des tubes cathodiques qui ont permis sa découverte.

 


Son :
Le fameux rondo Pinocchio ne nous sort plus du crâne après ces plus de deux heures répétées dans les enceintes. Et ce, même si le mono délivré en DTS HD Master Audio imposée par la galette oblige au manque flagrant d'ampleur.

 


Interactivité :
Le Pacte nous gâte ! D'abord, dans un entretien avec Andrea Balestri (le gamin incarnant Pinocchio). Désormais devenu homme, l'acteur se remémore ses souvenirs de tournage et les partage, sans langue de bois, évoquant avec le même aplomb la bienveillance de Comencini aussi bien que la rudesse d'une Gina Lolobrigida qui n'apprécia pas de se faire remettre à sa place par un gamin lui reprochant son retard sur le plateau. Vient ensuite un entretien avec l'historien Italo Moscati, qui évoque surtout la carrière de Comencini et revient sur son amour du monde de l'enfance et ses réalisations (film ou documentaire) sur ce thème. Enfin, un dernier entretien donne la parole à trois des quatre filles du réalisateur, qui parlent de la carrière de leur père, du tournage de Pinocchio en Toscane. Plus d'une heure d'entretiens, en tout, très riche en anecdote et en informations intéressantes qui aident à prolonger l'expérience et l'atmosphère du film.

Liste des bonus : Entretien avec l'acteur Andrea Balestri (17'), Entretien avec l'historien Italo Moscati ( 23'), Entretien avec les filles du réalisateur Luigi Comencini (38'), Bande-annonce.

 
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