VAMPIRE, … VOUS AVEZ DIT VAMPIRE ?
Fright Night - Etats-Unis - 1985
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Vampire, … vous avez dit vampire ?   »
Genre : Horreur
Réalisateur : Tom Holland
Musique : Brad Fiedel
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 106 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 30 octobre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Vampire, … vous avez dit vampire ?   »
portoflio
LE PITCH
Amateur passionné de cinéma fantastique, Charley Brewster vit entre sa mère et sa petite amie. Son existence se déroule sans surprise, jusqu’à l’arrivée d’un mystérieux voisin dont le comportement l’intrigue. Il est bientôt persuadé que ce curieux personnage, Jerry Dandrige, est en réalité un vampire. Mais personne n’est prêt à le croire…
Partagez sur :
You're still so cool brewter !

Authentique classique du film de vampire ou objet nostalgique comme ultime témoin d'une décennie idéalisée, Fright Night est bien entendu entre les deux. Un petit objet de culte, malin et sincère qui traverse aisément les années grâce à la ténacité de Tom Holland, futur réalisateur du premier Chucky.

Monstre phare du cinéma fantastique des décennies durant, passant des mains expertes des expressionnistes du muet aux élégantes production Universal avant de finir dans le velours rougeoyant du sanglant studio Hammer, les vampires étaient pourtant déjà hasbeen dans les années 80, relégués aux diffusions nocturnes sur les chaines locales américaines. Un projet comme celui de Fright Night, comédie horrifique refusant totalement les facilités de la parodie lourde, faisait clairement tache dans le paysage. Mais profitant d'une petite aura de scénariste malin grâce à ses participations à Class of 1984 (Mark L. Lester), Psychose II et Jouer c'est Tuer (tous deux de Richard Franklin), Tom Holland dont c'est ici la première réalisation, réussit à faire produire par la Columbia une série B à petit budget faisant appel à tout l'attirail envisageable : ails, pieux dans le cœur, chauve-souris, cercueils... et même un chasseur de vampire de pacotille, Peter Vincent (Rody McDowall, alias Cornelius dans La Planète des singes) star déclinante des films d'épouvantes aux airs de Peter Cushing du pauvre. Tout est là, mais avec une légère distance, une petite ironie qui n'empêche jamais le respect et la réactualisation délicate.

 

douces morsures de rappel


Le film s'apparente ainsi tout autant à une version surnaturelle de Fenêtre sur cour (le voisin est un vampire mais personne ne croit le héros) qu'une comédie teen où le mal être du pote geek Evil Ed et la sexualité maladroite du couple Charley / Amy, trouvent un écho aussi libérateur qu'inquiétant dans la présence du prédateur Jerry Dandridge, vampire suave et menaçant auquel le sous-estimé Chris Sarandon prête une posture étonnement sexy. Un éveil des sens et une sensualité omniprésente dans Fright Night, mélange troublant entre romantisme exacerbé (la piste de la réincarnation de la dulcinée bien avant le Dracula de Coppola) et la bestialité qui donne au film ses plus belles séquences, d'une scène de danse hypnotique dans une boite de nuit, à une transformation impressionnante et généreusement fournie en crocs de la douce Amy en maitresse vorace (qui a dit castration?). Quelques années avant un Génération perdue qui lui doit beaucoup, dix ans avant la série culte Buffy contre les vampires, Tom Holland invoque le mythe vampirique pour servir de catharsis aux questionnements identitaires liés à l'adolescence, avec une sensibilité qui tranche outrageusement avec la débauche d'effets spéciaux physiques (maquillages, latex...) qui impressionnent aujourd'hui encore par leur généreuse efficacité et la puissance de ses designs. Le retour déchirant du pauvre Evil Ed de sa condition de loup-garou à pauvre gosse terrorisé reste un intense moment qui doit autant à la créature de l'équipe de Richard Edlund (Star Wars, SOS Fantômes) qu'à la prestation du jeune Stephen Geoffreys (Comme un chien enragé, 976-Evil).

Baigné dans les thèmes évocateurs d'un Brad Fiedel (Terminator) particulièrement inspiré dans son mélange de synthétique, de mystère et de mélodie gothique Vampire, ... vous avez dit vampire ? a des petits airs de miracle qui, comme le veut l'adage, a souvent été copié, mais jamais égalé.

Nathanaël Bouton-Drouard






Partagez sur :
 

Image :
Après Sony et Eureka (en UK), la nouvelle copie 4K de Fright Night arrive enfin en France. Une restauration effectuée cependant uniquement en usant d'outils digitaux et donc sans passer par un nouveau scan du négatif. Le résultat n'en reste pas moins très impressionnant embrassant le potentiel d'un cadre anamorphique avec un soin évident permettant de délivrer un piqué totalement inédit et de légères sensations de relief inespérées. Quelques restes de traces anciennes (point blancs, griffures...) se laissent parfois brièvement entrevoir mais le cadre est propre et dose joliment ses effets avec une palette colorimétrique bleutée et soft qui respecte à la perfection l'ambiance du film.

 


Son :
Carlotta est manifestement là pour satisfaire tout le monde proposant systématiquement, pour la version française (très bonne et fun) et la version originale des mix séparés 5.1 ou 2.0 avec une retranscription systématique en DTS HD Master Audio. La restitution est donc toujours précise et nette, reste à savoir si les puristes remporteront la partie sur les adeptes de sensations plus enveloppantes qui se font ici avec un naturel surprenant.

 


Interactivité :
Belle surprise que voilà : une véritable édition collector pour Vampire, .... Vous avez dit vampire ? avec en premier lieu un steelbook ultra classe pour les collectionneurs. Il faut dire que le visuel inoubliable de l'affiche aide un peu...
Et le contenu éditorial est à la hauteur avec certes la disparition malheureuse des deux commentaires audios, mais une masse restante tout à fait convaincante. Une introduction au film, un thème sur le style de Tom Holland, un touchant sujet sur la vaste carrière de Roddy McDowall et bien entendu le très attendu documentaire T'es tellement cool, Brewter ! Un making of rétrospectif impressionnant dans sa longueur (plus de deux heures), mais aussi dans son contenu car réunissant toutes les personnes ayant participé au film, des acteurs au compositeur en passant par les petits génies des effets spéciaux. Si on se serait bien passé des petits sketchs (heureusement pas trop longs) qui ouvrent chaque chapitre, le reste est un modèle de sérieux, de discours francs (les épisodes les moins glorieux de la production sont évoqués), de décontraction, de nostalgie et de précisions techniques. Incontournable pour les fans cela va sans dire.

Liste des bonus : « Vampire, ... vous avez dit vampire ?, c'est quoi » : l'équipe technique et artistique parle du film (10'), « Tom Holland : l'écrivain de l'horreur » : rencontre avec le réalisateur et l'équipe du film (9'), « Roddy McDowall : du singe à la chauve-souris » : l'équipe du film se souvient de Roddy McDowall (20'), « T'es tellement cool, Brewster ! » : documentaire détaillé sur le film (147'), Galerie photos, Bandes-annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2019