HALLOWEEN, UHD & MEDIABOOK
Etats-Unis - 1978
Image plateforme « Blu-Ray »Image plateforme « Bluray 4K »
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Genre : Horreur
Réalisateur : John Carpenter
Musique : John Carpenter
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 7.1 et 2.0 mono, Français DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 91 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 22 octobre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Il y a 15 ans, dans une petite ville des Etats-Unis, le soir d’Halloween, au cours de laquelle les enfants ont l’habitude de se déguiser, un petit garçon, Michael, épie sa sœur et son ami qui flirtent. Michael les suit et, armé d’un couteau de cuisine, assassine la jeune fille. Quinze ans plus tard, un psychiatre, le docteur Loomis qui étudie le cas du jeune meurtrier apprend que le criminel s’est échappé : il est revenu sur les lieux de son crime pour continuer son œuvre…
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Intouchable

Si le Black Christmas de Bob Clark et quelques giallo (comme La Baie sanglante de Mario Bava) ont ouvert la porte vers une nouvelle vision du cinéma d'horreur, c'est sans aucune comparaison possible Halloween qui a fait entrer le slasher dans son approche la plus populaire, et surtout imposé irréversiblement les codes qui vont le nourrir encore des décennies plus tard.

Pourtant, le projet ne naît au départ que d'une volonté de la part du producteur Mustapha Akkad d'écouler quelques dividendes faciles, embourbé qu'il est dans le tournage du Message, fresque historique sur la « mission » du prophète. Pour compenser, il imagine donc une simple histoire d'horreur : une baby-sitter est attaquée une nuit par un tueur sadique. Projet vite conçu comme un pur film d'exploitation, confié sur un coup de dés au jeune John Carpenter, qui vient à peine de faire ses preuves avec le bluffant Assaut. Voyant ici l'occasion de faire entrer durablement son nom dans l'industrie (parce que dans le genre mercantile, il se pose là, lui aussi), ce dernier ne demande que deux choses au nabab : d'une part, le director's cut, d'autre part, que son nom apparaisse au-dessus du titre... Ou comment avoir le nez creux car sous son impulsion créative, le petit film d'épouvante va rapidement devenir l'un des plus gros succès de l'histoire du genre, et initier une série lucrative et vivace (et malheureusement pour une bonne moitié pas franchement à la hauteur).

 

the first thing


Mais si le succès est au rendez-vous, Carpenter ne table pas ici, comme pour un opportuniste Vendredi 13 (qui malgré ses qualités n'est qu'une copie bourrine de ce premier pas) sur une surenchère de nibards et des séquences gore. Il opte au contraire pour une certaine sophistication : gardant constamment en tête la construction et l'exigence du Psychose d'Alfred Hitchcock, quitte à lui offrir quelques clins d'œil marqués (ne serait-ce que le choix de l'actrice principale, fille de Janet Leigh), Carpenter distille ainsi pendant les deux tiers du métrage un suspens tout simplement insupportable, basé au final uniquement sur l'horreur réelle du seul et unique premier meurtre, le crime matriciel. Une ouverture en plan séquence profondément traumatique qui fait vivre au travers des yeux du tueur le meurtre, profondément sexuel, perpétré par le tout jeune Michael Myers sur sa malheureuse grande sœur. Pas plus haut que trois pommes, mais déjà au-delà de la démence, le regard vide comme happé par l'indicible, Myers glace les sangs. Cette accaparation, extrêmement naturelle finalement, de l'objet filmique conditionnera par la suite l'essence même du personnage. Inactif pendant toute la durée du jump-cut narratif de quinze ans, l'assassin revient dans son village natal affublé d'un masque anonyme (une version remaniée de celui du Capitaine Kirk), ne renvoyant ni caractère ni émotion, le personnage venant bientôt à habiter chaque ponctuation du film.

 

Mister sandman


Apparaissant et disparaissant au gré des cadres, jouant avec le hors champ, s'insinuant dans les collages du montage et surtout faisant mentir l'utilisation de la musique (les compositions mathématiques et manipulatrices de Carpenter sont une merveille), Michael Myers, dit The Shape, est le cauchemar ultime, incarné et immortel. Le dispositif de Carpenter est tout simplement lumineux, aussi intelligent que d'une efficacité redoutable, et dépassant dès le premier essai tous les slashers qui s'en inspireront par la suite. C'est qu'au-delà de cette illustration du mal intouchable, impalpable (thème cher au cinéaste), le film remplit à la perfection son cahier des charges, amenant chaque meurtre avec une rigueur exemplaire, offrant une dernière demi-heure en forme d'exutoire cathartique mais n'oubliant jamais en route de donner corps (par opposition justement) à des personnages d'une fragilité, d'une futilité des plus humaines. Jamie Lee Curtis (victime virginale) ou Donald Pleasence (résurgence de la figure du chasseur de vampire) sont d'autant plus attachants, drôles, sympathiques et vivants qu'ils renvoient Myers à son image d'implacable machine de mort. En découle une vision presque mystique du slasher, le talent de John Carpenter s'imposant avec force dans la précision chirurgicale de ses cadres, l'élégance de ses coupes, sa parfaite direction d'acteur, la démence progressive de sa musique faussement simpliste, et un respect inextinguible pour l'angoisse et la terreur, dans ce qu'elles ont de plus noble.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
La précédente copie HD présentée en France sur le Bluray de FPE était certes une énorme amélioration par rapport aux sorties vidéos précédentes, mais avait depuis largement fait débat, en particulier pour les retouches plus chaleureuses et saturées apposées sur la photographie du film. Cette copie datant déjà de 2007, la nouvelle restauration présentée ici et constituée à partir d'un nouveau scan 4K retourne aux sources du film avec une palette volontairement bien plus terne et des ombres plus présentes encore. Un accroissement de la grisaille et des ténèbres déjà bien marquées sur la copie Bluray du Mediabook, mais plus convaincante encore sur l'UHD distribué séparément qui profite du Dolby Vision pour rehausser quelques touches de couleurs et jouer admirablement sur des variations subtiles. Même sensation d'amélioration du côté de la définition, plus pointue et fouillée que jamais avec d'authentiques sensations de reliefs et de matière. Mais Halloween reste aussi égale à lui-même avec quelques fluctuations de grain sur les bords, des points blancs fugaces et une austérité définitivement loin des standards actuels. A noter que cette copie 4K a été validé par le cinéaste et le directeur photo.

 


Son :

Plutôt sympathique avec son amplitude légèrement boostée et ses ambiances frontale plus efficace, le 5.1 de la version anglaise s'est étendu ici à un 7.1 dont les variations nous échappent un peu il faut l'avouer. Le plus important reste que par rapport aux amateurs américains la sortie française présente fièrement le mono d'origine en DTS HD Master Audio 2.0. Et quoi qu'on en dise c'est la condition idéale pour apprécier le film, claire, nette et directe, avec la meilleure restitution possible du synthé de maitre Carpenter.
La version française d'origine est elle aussi présente en 5.1 ou mono, mais oscille toujours autant entre le soporifique et le ridicule grâce à sa traduction très localisée et éducative.

 


Interactivité :
Dès le départ du lancement de la campagne participative d'ESC dédiée à Halloween un élément coinçait : la séparation entre l'édition Bluray collector et l'édition UHD. L'un est présenté sous un médiabook plutôt sympa avec son design inédit, l'autre dans un boitier Amaray classique avec le visuel de l'affiche originale. Le problème est que malgré quelques améliorations l'UHD ne propose qu'une partie des suppléments sur le disque bluray de la version longue glissé en sus.

Pour profiter de tous les bonus recueillis il faut obligatoirement se tourner vers l'autre édition donc, qui s'avère tout de même particulièrement généreuse avec un mélange bien chargé entre les différentes éditions US (retour de l'excellent commentaire audio, long documentaire réussi et franc sur l'ensemble de la saga, reportage sur un weekend de dédicaces avec une Jamie Lee Curtis ultra accessible...) et des interviews bien françaises. Ces dernières permettent à Pascal Laugier et Mathieu Turi de rendre un vibrant hommage au cinéma de Carpenter, tandis que l'incontournable Jean-Baptiste Thoret (co-auteur du meilleur bouquin dédié au cinéaste) évoque les thématiques profondes du film.

Quelques interventions de Julien Sévéon plus loin, l'un des arguments principaux de ces sorties reste pour la plupart des amateurs la présence de la version longue du film. Un montage inédit chez nous, et présenté en HD (upscalé pour les scène supplémentaires) en exclusivité mondiale, qui intègre dans sa longueur les trois séquences tournées pendant la production d'Halloween II afin de rallonger un cut qui avait subi quelques censures pour son passage télévisé sur NBC. L'un de ces ajouts est très anecdotique avec une discussion d'adolescentes lambdas (mais Jamie Lee est en serviette de bain...) les deux autres développent considérablement le lien entre le Loomis et Myers (travelling en miroir, l'obsession du psy) tout en plaçant discrètement un indice sur la révélation du second film. Ce n'est pas un director's cut loin de là, mais le document est indispensable pour les fans.
Reste maintenant à savoir si ces derniers privilégieront la haute technologie ou la quantité... Le seul coffret réunissant les deux (au tarif bien douloureux) fut l'une des exclusivités de la campagne KissKissBankBank.

Liste des bonus : Un livret de 64 pages, Version longue (101'), Commentaire audio de Jamie Lee Curtis et John Carpenter, Halloween par Pascal Laugier (20'), « La musique de Halloween » par Julien Sévéon (15'), « Derrière le masque » par Mathieu Turi (18'), Retour sur les lieux d'Halloween (17'), Retour sur les 25 ans d'Halloween (83'), « Le génie du mal selon Carpenter » par Jean-Baptiste Thoret (36'), « Origine et héritage d'Halloween » par Julien Sévéon (27'), Séquences commentées par Marc Toullec (10'), Jamie Lee Curtis, le retour de Laurie (60'), Clip hommage à NBC 1981 : extraits de la 1ère diffusion du film à la TV sur NBC en 1981 dans les conditions du direct (12'), Bandes annonces.

 
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