X-MEN : DARK PHOENIX
Etats-Unis - 2019
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « X-Men : Dark Phoenix  »
Réalisateur : Simon Kinberg
Musique : Hans Zimmer
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 anglais, DTS 5.1 français, allemand, espagnol…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 114 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 16 octobre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Au cours d’une mission de sauvetage dans l’espace, Jean Grey frôle la mort, frappée par une mystérieuse force cosmique. De retour sur Terre, cette force la rend non seulement infiniment plus puissante, mais aussi beaucoup plus instable. En lutte contre elle-même, Jean Grey déchaîne ses pouvoirs, incapable de les comprendre ou de les maîtriser. Devenue incontrôlable et dangereuse pour ses proches, elle défait peu à peu les liens qui unissent les X-Men.
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Cendres froides

Chapitre final d'une saga mutante entamée il y a 20 ans, Dark Phoenix, accompagné de sa production chaotique sentait moins le glorieux chant du signe que la lente agonie au fond des bois. Un triste spectacle, mais pas vraiment pour les bonnes raisons.

Il y a un attachement profond des amateurs de comics à la saga cinématographique des X-Men. Un attachement naturel puisque le premier opus réalisé par Bryan Singer raisonnait en 2000 comme un miracle, un fait unique : un film de super-héros traité avec sérieux et un vrai respect du matériel originel. Une dizaine de films plus tard (il faut aussi compter les Wolverine et pourquoi pas les Deadpool), les films mutants ont peu à peu été éclipsés par les monstres du Studio Marvel provoquant la lassitude d'un grand public désolé de voir Wolvie quitter la bande, décontenancé pour certain par l'amplitude de Days of Future Past, refroidis pour beaucoup devant le boursouflé et vain Apocalypse, soulignant au passage le désintérêt du réalisateur historique. Une baisse d'attention pas vraiment aidée il est vrai par un studio qui a senti le vent tourner et pas forcément accueilli le projet Dark Phoenix avec un enthousiasme débordant. Rejouer à nouveau une partie de l'argument du débile X-Men 3 de Brett Ratner, le développer considérablement sous la forme d'un diptyque...

 

de l'oeuf ou la poule


Scénariste et producteur de la saga depuis justement cet Affrontement final de triste mémoire, Simon Kinberg, pour la première fois derrière la caméra, est tombé de haut lorsque la production a décidé de tout compresser sur le tard en un seul long-métrage. Un exercice de réécriture plus que complexe, manifestement casse-gueule, et une réduction drastique de l'ambition dramatique qui se prend un nouveau revers en cours de route : le rachat de la Twenty Century Fox par Disney et la volonté annoncée de Marvel Studio d'intégrer un univers X-Men rebooté à son Cinematic Universe. D'un nouveau départ, Dark Phoenix devient un grand départ, accompagné de nouvelles réécritures et de gros reshoots obligeant au passage un report de la sortie en salle de quasiment six mois. Une gestation douloureuse et un accouchement sans péridurale qui ne laisse que peu de chance au film dont la compression en moins de deux heures de multiples enjeux, d'une montée en menace de la jeune Jean Grey (avec une actrice qui n'a pas les épaules pour) et d'une véritable conclusion globale fait ressembler le spectacle à une sculpture de César. Constamment poussé en avant par un faux rythme lancinant et trainant, transformant la gentillette Marvel Girl en vilaine torturée en une pauvre scène mal emballée, bazardant tous les personnages périphériques sans ménagement, Dark Phoenix qui se voulait justement le retour à une approche plus humaine de la saga, est un mélodrame super-héroïque sans une once d'émotion.

Froid, maladroit et filmé avec une absence totale d'ampleur jusqu'à un final bien pauvre dans un terrain vague roumain, l'objet ne convainc finalement que dans ses quinze premières minutes. Joliment tendue, admirablement narrée, dotée d'un sauvetage dans l'espace plutôt spectaculaire et de flashbacks touchants, cette ouverture semble presque avoir été tournée par une autre équipe... où alors a une époque où elle y croyait encore. Bref, cette nouvelle adaptation de l'une des story les plus excitantes du comics est un triste gâchis qui confirme que la saga aurait dû s'achever glorieusement avec Days of Futur Past et sa philosophie cyclique. Euh sinon, quelqu'un a des nouvelles du New Mutants ?

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Impossible de faire la fine bouche devant la copie présentée sur le Bluray. Capturé par les caméras Arri Alexas et traité en 2K, Dark Phoenix a définitivement plus sa place ici que sur une galette 4K upgradée. Surtout que le master est simplement superbe, vif, coloré et méchamment contrasté, et que la définition est d'une stabilité indéboulonnable avec une précision d'une rare finesse. D'autant plus impressionnant d'ailleurs dans l'ouverture « spatiale » et dans les trop rares émanations de l'effet phénix aux scintillements cosmiques.

 


Son :
Pointu pour le moins, le DTS HD Master Audio 7.1 de la version originale délivre un spectacle sonore souvent plus ambitieux que son pendant visuel. Les atmosphères sont puissamment immersives, les effets généreusement dynamiques et racés et l'ensemble est parfaitement équilibré autours des compositions lancinantes d'Hans Zimmer et une sensation sourde qui monte du caisson de basse. Inutile de préciser que la version française, autant dans le jeu que dans son ouverture, peine à faire concurrence.

 


Interactivité :
Il y a deux façons d'appréhender les bonus de Dark Phoenix.
En le voyant comme un verre à moitié plein contenant quelques petites scènes rallongées pas inintéressantes, un commentaire audio très technique (on y parle beaucoup production) et un long making of de plus d'une heure qui aborde tous les points attendus de ce type de production avec de nombreuses interviews et images de tournage.
En le voyant par le prisme d'un verre à moitié vide se donnant des airs de programme complet mais n'abordant jamais les vrais sujets. Les scènes coupées sont assez anecdotiques et ne renvoient jamais aux arcs narratifs perdus, et bien entendu les crispations avec la Fox, les réécritures et les reshoots sont soit passés sous silence, sois minimisés dans le making of et le commentaire audio.

Liste des bonus : « L'essor du Phoenix : la création de Dark Phoenix », un documentaire en 5 parties (80'), Scènes coupées avec les commentaires audio optionnels de Simon Kinberg et Hutch Parker (8'), Comment aller dans l'espace avec un avion, avec Fauve (2'), Commentaires audio des producteurs Simon Kinberg et Hutch Parker

 
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