T-34, MACHINE DE GUERRE
T-34 - Russie - 2018
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Guerre
Réalisateur : Aleksey Sidorov
Musique : Ivan Burlyaev
Image : 2.35 16/9
Son : Russe et Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 112 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 10 septembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
En 1944, un groupe de soldats russes menés par Nikolai Ivushkin parvient à fuir l’Allemagne à bord d’un tank T-34 à moitié détruit.
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Vodka fury

T-34, Machine de guerre. Le sous-titre français, qui désigne le fameux tank russe qui s'est illustré pendant la seconde guerre mondiale, pourrait tout aussi bien désigner la production et la fonction de ce film, soit le plus gros blockbuster sortie l'année dernière en Russie.

Un Budget de 600 000 000 de roubles, environ 8 millions d'euros. Un énorme travail de reconstitution (village russes, allemands, camp de prisonniers) restauration de vrais chars T-34 et Panzer. Tout est fait pour en mettre plein la vue et de ce côté là c'est réussi! T-34 est un film généreux en action où le rythme ne retombe jamais vraiment. Les acteurs sont impliqués et leurs visages patibulaires se fondent à merveilles dans ce décor de guerre (mention spécial à Viktor Dobronravov et Vinzenz Kiefer qui sont bien servi en gros plan à l'intérieur de leurs tanks.). Tous les ingrédients semblent alors réunis pour réussir un grand film de guerre. Mais des énormes moyens ne suffisent pas à faire un bon film et malheureusement T-34 est surtout une jolie coquille vide.

 

creux comme l'acier


Dans la volonté d'en mettre plein les yeux, le plus est souvent l'ennemie du bien et le film s'engouffre complètement dans le spectaculaire à tout prix, au détriment de l'immersion du spectateur. Le réalisateur Aleksey Sidorov fait un choix audacieux (ou inconscient) dans la mise en scène des séquence de guerre, celui de mélanger deux styles radicaux, la caméra épaule et le bullet time. Cet enchaînement aurait pu être judicieux, le bullet time étant un effet idéal pour illustrer un temps suspendu auquel des soldats sur un champs de bataille peuvent être soumis. Mais ici, chaque tir de tank sera constamment suivi d'un mouvement de caméra tournant autour de l'obus jusqu'à sa cible (dans une maison, une cabine, un poteau ou au travers d'un autre tank), et à force d'être permanent, cet effet perd tout son impact et se transforme en gadget, en poudre aux yeux. Ce manque de profondeur et de subtilité n'est pas seulement présent dans la mise en scène, il l'est aussi sur les autres aspects du film, notamment la musique, très passe partout et oubliable, où une utilisation du Lac des cygnes pour illustrer la marche d'un T-34, filmé comme une danseuse étoile, provoque un contrepoint complètement involontaire et surtout hilarant.
Également scénariste du film, Sidorov, signe un scripte lourd de symbolisme, qui transforme les personnages en fonction et ne leur donne aucune autre dimension à part être le héros, le dur à cuire ou l'amoureuse. Le méchant du film échappe un peu à cette unidimensionnalité dans son respect envers le personnage principal qui ne le lui rendra jamais. Un aspect intéressant qui est le seul élément étonnant d'un scénario remplit de clichés.

Pourtant malgré toutes ses faiblesses, T-34 fut le plus gros succès de l'année dernière en Russie. Un triomphe qui est toujours intéressant à analyser, et l'éditeur ESC a eu la bonne idée d'intégrer en bonus du blu-ray, un entretien avec Florent Fourcart, journaliste et auteur. Il remet le film dans son contexte de production, celui d'un projet du gouvernement Russe pour raviver la flamme du patriotisme du pays. Ainsi les effets lourdauds du film, son chauvinisme très appuyé et les énormes moyens mis en œuvre se doivent d'être vu sous le prisme d'une production de propagande. Et c'est finalement sous cet angle qu'il est le plus intéressant de regarder T-34 : non pas en tant qu'œuvre artistique, ou simple divertissement, mais en tant qu'outil politique de son époque.

Benoit Llamazares






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Image :
Avec son très gros budget pour le cinéma russe, la partie technique du film est clairement la plus soignée. Filmé avec des caméras Arri Alexa 2K, le transfert 1080p AVC du blu-ray retranscrit parfaitement les lieux très différents du film. Des champs de batailles enneigés de Russie à la verdure de la campagne Allemande, en passant par un camp de prisonnier où des photographies très marquées se succèdent, le grain, les couleurs et les nombreux effets en CGI du film sont parfaitement retranscrits.

 


Son :
Scènes de guerres, explosions, tir d'obus, cris, ralentissement et déformation du son lors des bullet time, le master DTS HD Master Audio 5.1 est mis à contribution et s'en sort grandement. Les sources sont très bien mixées. Les scènes de calme et de dialogues bénéficies d'un traitement tout aussi clair et harmonieux. Les sons sont un peu moins clairs lors du doublage français qui étouffe un peu plus les autres pistes mais ça reste minime.

 


Interactivité :
Le premier supplément de l'édition est de taille puisqu'il s'agit tout simplement de la version longue du film. Un montage de 2h12 qui ne change pas vraiment le fond du film mais qui appuie un peu plus l'identité soviétique du film. Un personnage chante une chanson du pays et des épilogues nous montrent les personnages après la guerre. Le personnage de Jager souligne la familiarité entre son prénom et celui du héros.
Plus pertinent, le journaliste et auteur Florent Fourcard revient sur le contexte de production et historique du film. Il aborde aussi les spécificités du tank T-34, la vraie star du film.

Liste des bonus : À la rencontre du T-34 (18'), Version intégrale du film (132'), Bandes annonces.

 
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