THE DOORS
Etats-Unis - 1991
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Image de « The Doors »
Genre : Drame, Musique
Réalisateur : Oliver Stone
Musique : The Doors
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, DTS HD Master Audio 5.1 français et allemand
Sous-titre : Français, allemand et anglais pour sourds et malentendants.
Durée : 138 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 10 juillet 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Doors »
portoflio
LE PITCH
En 1965, Jim Morrison, jeune diplômé en cinéma, s’éprend de Pamela Courson, à qui il fait découvrir ses poèmes empreints de mysticisme indien. Peu de temps après, il fait une autre rencontre décisive en la personne de Ray Manzarek. A ncien élève comme lui à UCLA, l’apprenti organiste est conquis par les textes et la voix de Morrison et lui propose de former un groupe avec son ami batteur John Densmore, bientôt rejoints par le guitariste Robby Krieger. Ainsi naît les Doors, gro...
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Break on through

A l'heure où, dans la foulée du succès considérable de Bohemian Rapsody, les projets dédiés aux stars de la musique se multiplient, il n'est pas inutile de rappeler que faire un Biopic c'est bien, mais que faire du cinéma, c'est mieux. The Doors comme preuve à l'appuie.

C'est d'ailleurs assez évident que le regain d'intérêt des distributeurs pour le film de 1991 consacré au groupe mythique des 60's, est certainement une conséquence du succès de son homologue dédié à Queen. Sauf que, sans faire entrer les qualités de tel ou tel artiste dans la balance, la production signée par Bryan Singer ressemble essentiellement à un exercice appliqué, à un joli produit bien sage. C'est d'ailleurs devenu une norme dans l'exercice du récit biographique où tous les évènements, les faits, les personnages, les détails doivent être suivis à la trace pour se protéger des attaques qui suivront, cependant non sans ajouter quelques notes de drame familial et intime pour rendre l'icône plus humaine. Du sujet à Drama donc. Une approche qu'Oliver Stone rejeta en bloc au début des années 90, se basant certes sur de nombreux témoignages plus ou moins fiables, des ouvrages plus ou moins opportunistes, mais n'hésitant jamais à jouer avec la réalité, pour mieux s'approcher non pas d'un quotidien sans aucun intérêt, mais bien d'une énergie, d'un univers, d'une force créatrice révolutionnaire. Fasciné depuis l'adolescence par le groupe, mais aussi avant tout par un Jim Morrison dont il découvre les premiers poèmes alors qu'il est engagé au Vietnam, Oliver Stone quête une expérience immersive, totalement subjective où il n'illustre finalement que le fantasme The Doors. Et en particulier le sien.

 

strange days


Cela n'empêche pas le film d'être extrêmement juste lorsqu'il approche la figure d'écorché vif du leader, les tiraillements artistiques avec ses partenaires ou la création de morceaux cultes, le récit chaotique et houleux de sa relation amoureuse avec la petite Pam Courson. Mais cela ne fait que nourrir une toile de fond entièrement construite autour de la musique acid rock et jazzy de The Doors et les textes savants et mélancoliques de Jim Morrison. Les prestations musicales, les performances scéniques, ne sont jamais là pour illustrer un instant T, mais pour jalonner le voyage de Morrison, poète maudit et flamboyant que Stone imagine tout autant comme un enfant hanté par la mort (la figure du trauma tournant à l'obsession est une figure récurrente dans ses films) que comme un adolescent eternel faisant revivre la fièvre des orgies de Dionysos. The Doors, le film, s'apparente donc le plus souvent à un gigantesque trip musical et sensitif dans lequel Stone expérimente pour la première fois des déstructurations du montage, des distorsions d'images, des fusions de teintes, un mixage sonore planant et assourdissant, dont on retrouvera des réminiscences plus excessives encore dans les suivant Tueurs nés ou L'Enfer du dimanche, et qui permettent ici de véritablement rendre les sensations de la confrontation du public avec « l'expérience » The Door. Les scènes de live sont d'ailleurs des instants ensorcelés, totalement envoutés par un Val Kilmer habité, voir possédé, que le cinéaste métamorphose en bacchanales antiques, en rites de l'aube de l'humanité, traversés de flammes infernales et de jaillissements chamaniques. Non The Doors n'est pas un film profondément réaliste, respirant la véracité, mais bien un voyage motivé par la passion et la quête d'un contact avec une intensité brulante qui ne dura que huit petites années.

Retrouvant sa beauté du diable grâce à la toute nouvelle restauration 4K, déployant toute sa force musicale grâce à la performante piste Dolby Atmos et éliminant ses deux petites minutes finales de trop dans ce "Final Cut" sans doute un peu survendu, The Doors n'a jamais été aussi ardant.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
The Doors est loin d'en être à sa première édition... même sur support HD. La pertinence d'un nouveau transfert pourrait alors sembler un peu accessoire. Un sentiment que la copie de cette édition 2019 balaye assez rapidement il faut bien l'avouer. Traitée à partir d'un nouveau scan 4K du négatif original, avec un soin tout particulier apporté aux nombreux trucages et déformations visuels, l'image est d'une beauté et d'une pureté sans pareil. Pas un défaut ne reste dans le cadre, la définition est d'une précision imposante, le tout sans jamais effacer le grain de pellicule ni gommer les effets de flous ou napes vaporeuses voulues par le cinéaste. La galette UHD n'a donc rien à voir dans le rendu avec un blockbuster actuel et entièrement numérique et c'est tant mieux. Surtout que le Dolby Vision est généreusement passé par là avec des couleurs chaudes et impactantes, riches et variées, surnaturelles et réalistes, qui va laisser pantois ceux qui pensaient connaitre le film par cœur.

 


Son :
Oliver Stone a largement loué les capacités du nouveau standard sonore Dolby Atmos qu'il a clairement mis en avant comme argument numéro 1 de cette ressortie UHD. Entièrement retravaillé à partir des antiques bandes Dolby Surround de 91 (qui étaient déjà à la pointe alors), le mixage est un petit trésor de modernité qui préserve constamment les ambiances, le rendu et l'énergie sèche du film tout en lui offrant une fluidité et une ampleur totalement inédite. Si les atmosphères y gagnent certainement, tout autant que le naturel des scènes les plus banales, ce sont les passages scènes qui envoient méchamment du bois avec une sensation totale d'assister à un véritable concert quelques part dans la fosse au milieu de la foule. Ample, riche, pointue, généreuse et jamais gratuite la piste Dolby Atmos enterre tout ce qui avait été fait sur le film jusque-là. Bon, y a aussi le doublage français en DTS HD Master Audio 5.1.

 


Interactivité :
Arrivant chez nous avec quelques jours d'avance sur les marchés américain et anglais, cette nouvelle édition mondiale de The Doors joue le jeu désormais habituel de la compilation agrémentée de petites nouveautés. Regroupés sur le second Bluray du boitiers entièrement dédié aux bonus, les documentaires d'archives ont d'ors et déjà été croisés sur les éditions Bluray et DVD précédentes, à savoir le documentaire intéressant mais à la facture gonflante Un Poète à Paris consacré aux derniers jours de Morrison (avec des passages éclairant sur ses influences littéraires), le plus énergique et généraliste The Doors in LA et la succession de featurettes regroupées en un seul Making of.

Comme précédemment l'élément le plus important ici reste définitivement la quarantaine de minutes de scènes coupées, présentées par Stone, avec des détails supplémentaires sur les personnages et surtout une performance live mise de coté pour des questions de rythme. Ajoutant à cela le commentaire audio enregistré pour le DVD par le cinéaste, l'édition fait déjà beaucoup, mais glisse tout de même au passage deux items inédits. D'un côté un entretien extrêmement technique avec Lon Bender qui a remixé les pistes son pour nous délivrer le spectacle en Dolby Atmos, de l'autre une rencontre beaucoup plus récente avec Oliver Stone (manifestement avec un bon rhume) qui forcément se répète parfois entre les vieilles bandes promos et le commentaire audio, mais synthétise plutôt efficacement les enjeux qui entouraient le film. Un vaste programme mais auquel il manque tout de même The Road to Excess, véritable making of rétrospectif, qui est fièrement annoncé sur les éditions anglo-saxonnes. Question de creuser encore l'injustice, les anglais pourrons même se procurer un steelbook quatre disques avec le long métrage documentaire When You're Strange de Tom Dicillo avec la voix off de Johnny Depp.

Liste des bonus : Commentaire audio d'Oliver Stone sur le montage cinéma, Interview Exclusive d'Oliver Stone (31'), Interview Exclusive de Lon Bender, Ingénieur son (17'), Scènes coupées (43'), Un Poète à paris (52'), The Doors in L.A. (19'), Making of (17'), Bande annonce.

 
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