SCHLOCK
Etats-Unis - 1973
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Schlock »
Réalisateur : John Landis
Musique : David Gibson
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 1.0
Sous-titre : Français
Durée : 79 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 3 juillet 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Schlock »
portoflio
LE PITCH
Depuis trois semaines, la ville de Canyon Valley est le théâtre d’une série de meurtres sanglants. Surnommé le « tueur à la banane », le dangereux criminel est en réalité un gorille âgé de vingt millions d’années, le Schlockthropus. Pourchassé par la police, Schlock va découvrir l’amour en la personne de Mindy, une jeune aveugle qui le prend pour un chien…
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Il a réalisé Le Loup-garou de Londres, les Blues Brothers, Un Fauteuil pour deux, les clips de Michael Jackson Thriller et Black Or White ou produit Dream On.... Et tout cela a commencé avec Schlock. Un singe tueur. Et des bananes, beaucoup de bananes.

En réalité il faut remonter plus loin encore. A un gamin comme les autres qui découvre le 7ème voyage de Sinbad sur grand écran et décide de devenir réalisateur. Sauf que malgré sa cinéphile boulimique et son entrée dans le milieu comme cascadeur émérite (on le croise sur Il était une fois dans l'ouest, Mon Nom est personne ou L'Or se barre) et même comme assistant pas tout à fait officiel (sur De l'or pour les braves), John Landis n'a pas suivi le cursus officiel satisfaisant la réglementation du Directors Guild of America ce qui l'empêche d'accéder au poste convoité par le chemin officiel. Agé d'une vingtaine d'année, au pied du mur, il re rend compte qu'il suffit de réaliser un film pour devenir réalisateur. Il arrive alors à convaincre quelques copains et autres membres de sa famille (merci tonton) et réussit même à trouver le soutien de la légende du bis Jack H. Harris (Danger planétaire, 4D Man, Equinox), qui filera l'année suivante un autre petit coup de pouce  à un certain John Carpenter pour son premier Dark Star. Un scénario écrit sur un bout de table, des figurants et acteurs généralement pas franchement professionnels, onze jours de tournage à la dure en pleine canicule historique... Le résultat est certes devenu culte avec le temps et a permis à Landis d'avoir une belle carte de visite pour son humour absurde, mais on est très loin du chef d'œuvre.

 

tombé de l'arbre


Voulu comme une parodie du foireux L'Abominable homme des cavernes (épisode un peu triste dans les carrières de Freddie Francis et Joan Crawford), Schlock est un hommage attendri au série B et Z, à un certain cinéma d'exploitation fauché et aux ersatz de King Kong, qui en reprend (volontairement et bêtement tous les clichés. Dialogues débiles et interminables, situations improbables, montage hasardeux, police incapable et scientifiques délirants, tout y est avec quelques grands moments ouvertement cons... en particulier lorsque les gags reposent sur le handicape de la pauvre lycéenne aveugle ou lorsque l'hommage à 2001 semble interminable pour mieux s'évaporer en eau de boudin. Et par une banane dans la tronche d'un figurant. Mais la frénésie à venir de Hamburger Film Sandwich ou la pertinence de sale gosse de ses grandes comédies des 80's n'a pas encore muri et clairement Schlock a souvent tendance à s'étirer en longueur, à jouer des coudes dans les côtes du copain d'à coté, avec un petit coté amateur pas forcément du meilleur effet. Un qualificatif que l'on ne peut certainement pas accoler au costume du singe en question, très impressionnant pour un film de 73 et de ce standing là. Une création mémorable due à un certain Rick Baker, dont c'était la première expérience professionnelle, et habitée par un John Landis extraordinaire dans son interprétation cartoonesque et sa pantomime irrésistible. Si le film lui permit en effet d'entamer une vraie carrière fructueuse et d'accéder au premier succès commercial avec American College, c'est inévitablement ce Schlockthropus romantique et musicien à ses heures qui reste dans les mémoires et qui va d'ailleurs devenir une apparition récurrente dans sa filmographie. Un petit moment d'Histoire. Un peu comme La Guerre du feu.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Traité comme un roi, Schlock se paye ni plus ni moins qu'une luxueuse et impressionnante restauration à partir du négatif original. Le tout avec un scan 4K. Bien entendu, les origines très modestes du projet empêche au master d'exploser tous les standards, avec un grain de pellicule variable et surtout des superpositions ou fondus enchainés encore très marqués, mais le résultat global est enthousiasmant. Les couleurs sont superbes, la définition au poil et les matières bien marquées. Presque trop.

 


Son :
Si certains on découvert le film il y a bien longtemps dans sa version doublée totalement foireuse et déconnectée (présente tout de même), ils seront ravis de pouvoir enfin déguster le métrage dans sa version originale toute pimpante proposée en DTS HD Master Audio mono. L'essentiel ici étant l'équilibre bien posé et une clarté constante des dialogues.

 


Interactivité :
Tout comme le master HD, le bonus central de cette édition est repris de l'édition allemande produite par Turbine Media Group. Et si les cartons de l'interview sont bel et bien écrits en germain (mais sous-titrées cela va de soit), le volubile et enthousiaste John Landis répond bien entendu en anglais. Un entretient passionnant sur les débuts du réalisateur, de ses premières armes comme cascadeur à sa rencontre avec les ZAZ, bourré d'anecdotes hallucinantes (sa rencontre avec Robert Aldrich, sa découverte de Rick Baker) et de références cinéphiliques impressionnantes. Très complet, le suplément trouve forcément quelques échos directs dans la petite rencontre avec le chef opérateur Bob Collins et dans le commentaire audio où Landis est rejoint par Rick Baker. De petites précisions techniques supplémentaires, mais les deux intervenants ne sont pas toujours très inspirés devant cette œuvre de jeunesse dont il sont ouvertement conscient des faiblesses. A noter aussi une présentation amusée d'une bande annonce très particulière du film que Landis avait enregistrée pour le site de son copain Joe Dante : Trailers from Hell.

Liste des bonus : Introduction de John Landis, Commentaire audio de John Landis et Rick Baker, La Naissance de Schlock (41'), I Shot Schlock ! (8'), Trailers from hell (3'), Bande annonce.

 
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