SPIDER-MAN : NEW GENERATION
Spider-Man: Into the Spider-Verse - Etats-Unis - 2018
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Spider-Man : New Generation »
Musique : Daniel Pemberton
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, Français, allemand…
Sous-titre : Français, Anglais, Arabe…
Durée : 117 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 6 mai 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Spider-Man : New Generation »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Miles Morales, un adolescent afro-américain et portoricain qui vit à Brooklyn qui s’efforce de s’intégrer dans son nouveau collège à Manhattan. Mais sa vie se complique quand il se fait mordre par une araignée radioactive et se découvre des super-pouvoirs : il est désormais capable d’empoisonner ses adversaires, de se camoufler, de coller littéralement aux murs et aux plafonds ; son ouïe est démultipliée… Dans le même temps, le plus redoutable cerveau criminel de la ville, l...
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Spider-gasme

Etre cinéphile et fan du tisseur de toile, c'est un peu comme être croyant et avoir déjà rencontré Dieu : le meilleur est derrière. Et puis parfois, sans qu'on le soupçonne un seul instant, le miracle arrive. Presque vingt ans après la perfection absolue de l'adaptation de Sam Raimi (au moins pendant deux films), une bande de trublions nous convie donc à un capharnaüm animé et bariolé qui fait littéralement exploser les à priori et les certitudes à propos de ce qu'on pensait ne plus jamais revoir autour de ce bon vieux tête de toile.

Cela fait exactement 17 ans que le premier Spider-Man de Sam Raimi a placé la barre très haute en matière d'adaptation de comics et de Spider-Man en particulier. 17 ans que les films suivants autour du monte-en-l'air n'ont été que des ersatz au mieux passables (le récent Spider-Man : Homecoming qui s'inscrit dans le MCU de Marvel Studios) au pire totalement oubliables (les deux Amazing Spider-Man de Marc Webb). Autant dire qu'après avoir regardé les studios s'échiner pendant quelques années en espérant enfin sortir la nouvelle adaptation à même de se hisser au firmament du genre, les Spider Fans n'y croyaient plus.
Et c'est sans compter... Sony Pictures (encore eux!) qui non contents d'avoir conserver les droits du tisseur et signer un contrat juteux avec Marvel (leur donnant le droit d'insérer enfin le personnage dans le MCU) lui donne aujourd'hui sa meilleure adaptation. Pourquoi ? Peut être parce que, pour la première fois depuis longtemps chez Sony, le projet est confié aux mains d'auteurs et de vrais fans de l'Araignée. Peut être aussi parce que le film est un animé et que ses auteurs ont prouvé qu'ils avançaient en terrain connu (le délirant Tempête de Boulettes Géantes puis le fou furieux La Grande Aventure Lego). Et enfin peut être parce que la volonté de ne pas se contenter d'adapter l'univers habituel de Peter Parker (que désormais tout le monde connaît) traduit à elle seule l'ambition et le sérieux de l'entreprise. De quoi dans un premier temps lever un sourcil intrigué avant d'embarquer dans ce qui est définitivement ce qui s'est fait de mieux depuis les origines de Spidey jusqu'à aujourd'hui.

 

cure de jouvence


S'il y a un super héros Marvel qui a toujours mis tout le monde d'accord, c'est bien Spider-Man. Fédérateur, le héros aux répliques à l'humour cinglant l'a été depuis ses débuts, emmenant derrière lui petits et grands. Grâce à la jeunesse de l'homme sous le masque mais aussi à son histoire, grave et dramatique, sorte de tragédie entre Racine et Corneille, où le héros doit faire face à des choix qui vont déterminer son avenir, lui ouvrir la voie d'un bonheur éphémère ou celui, cruel, d'un malheur où il verra mourir les siens, les uns après les autres. De grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités. C'est ici que se trouve la substantifique moelle de Spider-Man, telle qu'imaginée par Stan Lee et Steve Ditko en 1962. Mais 1962 c'est loin, et les araignées radioactives ne sont plus d'actualité depuis bien longtemps. Marvel l'avait compris à la fin de la décennie 90 (où la firme est passée à deux doigts d'une chute définitive) en éditant Ultimate Spider-Man, une série remise au goût du jour après 40 ans d'une continuité sans fin, histoire d'attirer un public plus jeune. Et c'est exactement ce que vont faire Phil Lord et Rodney Rothman dans leur écriture du script de Spider-Man : New Generation. Leur coup de génie étant d'y faire apparaître le seul et unique Peter Parker avant un passage de flambeau entre les mains d'une jeune génération représentée par Miles Morales, un lycéen new-yorkais, métis, qui vit lui avec ses parents et va être piqué par une araignée génétiquement modifiée. Son personnage, sur trade paperback, étant déjà une version alternative du Peter Parker de l'univers Ultimate. Vous suivez ? Parce que ça va accélérer un grand coup.

 

un monde d'araignées


Non contents de réussir à fédérer fans de la première heure et... leurs gamins, Lord et Rothman vont alors pousser leur idée de mise en place de l'univers du tisseur jusqu'à son paroxysme : soit le Spider-Verse, des terres alternatives où différents personnages, sous une forme ou une autre, sont devenus Spider-Man. Ou presque. Au fur et à mesure de l'histoire apparaissent alors une version de Peter Parker mal dégrossie (aux allures de loser en pleine déchéance depuis qu'il a perdu la femme de sa vie), Spider-Gwen (version alternative de Gwen Stacy en mode super-pouvoirs), Spider-Man Noir (transfuge d'un monde alternatif où les héros Marvel évoluent dans un univers répondant aux codes des films Noir des années 50), Peni Parker (collégienne de 14 ans pilotant un mecha Spider-Man) et enfin Spider-Ham, sorte de Spider-cochon (rien à voir avec celui d'Homer Simpson) issu d'un univers de cartoon. Toute cette fine équipe se retrouvant obligée de lutter côte-à-côte suite à une rupture dimensionnelle durant le premier combat opposant Miles Morales au Caïd. Ce dernier étant secondé par un pack de vilains issu de l'univers du héros : le Rôdeur, le Docteur Octopus, Tombstone, Scorpion...
Avec autant de personnages différents, il était aisé de se planter dans les grandes largeurs. Pourtant, Lord et Rothman vont gérer l'affaire avec une incroyable maestria, qui non seulement va tenir ses promesses en terme de spectacle mais va progressivement révéler différents enjeux d'importances propres à faire naître l'émotion.

 

web masters


Un tel soin apporté à son écriture, on pourrait presque croire que les qualités formelles de Spider-Man : New Generation ne seraient qu'une sorte de cerise sur le gâteau. Loin de là. Dès ses premiers plans, le film nous embarque dans un univers visuel qui se paie déjà le luxe d'une véritable originalité. On a ainsi droit à une technique de colorimétrie très particulière consistant à un décalage de couleurs rappelant celui des pages parfois mal imprimées des comics et renforcée par l'apparition de pointillés y étant eux aussi présents et repris, depuis, par certains artistes dont le plus célèbre est Roy Lichstenstein. La définition même du pop art qui, au lieu d'agresser l'oeil, donne à l'image un résultat tout simplement bluffant, d'autant qu'il s'allie à une animation qui paraît légèreté saccadée mais ajoute en dynamisme, classant la réalisation du film parmi les plus énergiques qui soient depuis des décennies en matière d'animation. Sur celle ci vient s'ajouter une bande son principalement constituée de morceaux très contemporains (Nicki Minaj, Swae Lee, XXXTentacion...) sur lesquels Daniel Pemberton vient poser une partition qui, sans jamais faire oublier l'irremplaçable thème de Danny Elfman, marque clairement l'oreille. L'alliance parfaite entre des artistes américains dont la musique nerveuse et rythmée donne un relief certain aux images d'une New-York colorée et trépidante de vie, et les notes d'un compositeur européen agissant comme les traductrices idéales de ce que les personnages ressentent au plus profond d'eux même. Le savoir-faire de Rodney Rothman n'a alors plus qu'à livrer des scènes d'action comme il nous en avait déjà offerte dans le très beau Les 5 Légendes.

De l'écriture à sa technique d'animation, de sa réalisation aux compositions et thèmes musicaux, Spider-Man : New Generation est bien le chef d'œuvre que tous les fans de ce bon vieux copain Spider-Man n'espéraient plus. Un concentré d'énergie pure qui inflige ses images et ses scènes avec la liberté d'un grapheur fou sur le mur froid et lugubre d'une industrie qu'on croyait uniquement et définitivement au service de notre portefeuille. Et non seulement, mais le film réussit en plus à se démarquer de la concurrence et à imposer son incroyable originalité tout en restant, à chaque minute, incroyablement fidèle à la création de Lee et Ditko, deux immigrés venus de presque nulle part et qui ont offert au monde entier l'un de ses plus grands héros imaginaires. En parfaits héritiers, toute l'équipe du film, aux origines diverses et variées, a su traduire cet important détail à l'écran et réveiller le cœur et l'âme du personnage. A travers eux, dans une sorte de communion, c'est ceux de ses anciens et nouveaux fans, toutes générations et origines confondues, qui battent à l'unisson. Amen.

Laurent Valentin


























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Image :
Ebouriffante ! Les couleurs explosent à l'écran comme un véritable feu d'artifice pour la rétine. Les noirs sont profonds, les blancs aveuglants. Le pied est total ! Le genre de film qui donne envie de changer son écran, là, maintenant ! (histoire vraie, NDLR)

 



Son :
Les deux versions, anglaise ou française, offrent une piste DTS HD 5.1 de haute tenue. Le brouhaha et la folie de la vie new-yorkaise traverse l'écran et atterrit avec fracas dans les enceintes, qui vibrent comme jamais durant pratiquement deux heures, atteignant des summums de relief lors des nombreuses scènes d'action.

 



Interactivité :
Une tonne de bonus pour prolonger l'expérience du film.
D'abord, plusieurs featurettes dédiées à la création même du film, qu'elles portent sur les personnages et leurs recherches graphiques ou même les acteurs à qui ont été confiées leur voix (comme Nicolas Cage ou Liev Shreiber). Sur ce dernier point, on apprend que Shameik Moore, qui incarne Miles Morales, a clairement inspiré l'équipe d'animation sur la gestuelle du héros. Une autre featurette revient elle sur l'univers graphique du film, les techniques d'animation employées (dont cette fameuse sensation d'images saccadées due à l'utilisation de seulement 12 images/seconde) et l'incroyable liberté d'action offerte par le scénario mais aussi la production (constituée en partie par ce vieux briscard d'Avi Arad qui ne donne pas sa place pour dire tout le bien qu'il pense des jeunes créateurs autour du projet). Le mini doc « Nous sommes Spider-Man » revient quant à lui sur la volonté des auteurs de montrer, au travers d'un des héros emblématiques de l'Amérique, la véritable identité de leur pays aujourd'hui : pluriculturelle et féministe. Volonté clairement exprimée au travers des interventions de nombreux acteurs aux origines ethniques diverses. Un documentaire d'une dizaine de minutes n'oublie pas de rendre hommage à Stan Lee et Steve Ditko, les deux créateurs historiques de Spidey. Un autre, plutôt marrant, tente de recenser les nombreux easter eggs présents dans le film (Lord et Miller y ont même inséré la machine de Tempête de Boulettes Géantes). Viennent ensuite un animé (type cartoon) de quelques minutes consacré à Spider-Ham, deux clips de deux chansons du film et le commentaire audio des réalisateurs.
A noter aussi la possibilité de regarder le film en mode « alternate universe », où plusieurs scènes supprimées sont rajoutées (pour une durée de 40mn supplémentaires) et commentées par les réalisateurs.

Bonus : Spider-Cochon : pris pour un jambon (4'01), Nous sommes Spider-Man (7‘51), Les univers multiples (5'09), Un casting 4 étoiles (15'04), Conception des personnages : personnages et jambons (7'45), Conception des personnages : Monstres & Scorpion (5'11), Un hommage à Stan Lee et Steve Ditko (8'34), The Spider-Verse Super-Fan Easter Egg Challenge (5'02), Clips vidéo (5'47), commentaire des réalisateurs.

 
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