LéGITIME VIOLENCE
France - 1982
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Genre : Policier
Réalisateur : Serge Leroy
Musique : Jean-Marc Sénia
Image : 1.66 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Aucun
Durée : 95 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 21 mai 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Après un week-end comme tant d’autres, Martin Modot et sa famille vont prendre le train en gare de Deauville quand le destin les frappe. Au cours d’un hold-up, trois voyous tirent sur un homme qui riposte. Les voyous s’affolent et tirent aveuglément sur la foule. La femme, la fille et la mère de Martin Modot sont tués. Son père est grièvement blessé. Martin Modot ne vit plus alors que pour retrouver les coupables. Un soir, il est contacté par un certain Miller, président d’une a...
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L'arme à gauche

Pas forcément le film le plus mémorable de son ère, Légitime violence est cependant l'un des témoins d'un certain cinéma français, celui de genre, populaire et engagé, qui nourrissait admirablement les salles dans les années 70 et 80.

Longtemps boudés, ils sont enfin en passe de redécouvertes toutes ces productions souvent éclipsées derrières les succès de Belmondo et Delon, avec des annonces d'éditions DVD et Bluray qui se multiplient (timidement, mais c'est déjà ça) et souvent dans des conditions optimales. C'est clairement le cas pour cet honorable succès de l'année 1982 qui combine des atours du vigilante flick si américain, avec un défilé de tronches et une méthode purement hexagonale. Une identité déjà bien présente dès l'écriture signée en partie par le grand romancier Jean-Patrick Manchette, qui écarte la simplicité manichéenne du genre pour proposer une trame beaucoup plus complexe et éclatée. Un multiplication des personnages (la bande de petite frappe, l'association de justice populaire, les flics attachés à l'affaire...) qui étoffe considérablement la trajectoire solitaire de Martin Modot démoli par le massacre de sa famille lors du faux hold-up raté, qui oscille justement entre la quête d'une vendetta personnelle et un rejet plus profond de ces pulsions. Le tout sur fond de complot politique, de secret d'états et de milice facho bien entendu. Un film en variation de gris peuplé de flics ripoux, mais pas que, de petit truands flippants ou paumés, d'une témoin fragile et un peu lâche... où seuls finalement les représentants de l'Extrême Droite sont dépeint comme d'authentique salaud... voir pervers (merci Manchette).

 

 

à leurs trousses


Un sujet en tout cas particulièrement sensible en 1983, au lendemain de l'abolition de la peine de mort, qui réussit en un simple dialogue entre le héros et son père à ouvrir la discussion avec intelligence. Dommage cependant que le réalisateur Serge Leroy, pourtant auteur de mémorables Le Mataf ou La Traque, manque ici cruellement d'énergie. L'ensemble est emballé sans fièvre, sans implication, comme le montre d'ailleurs les scènes les plus "musclées" (une poursuite dans le métro, une traversée de Paris en ligne droite) qui semblent toujours coupés courts dans leurs élans, presque esquiver l'action pour revenir à un cadrage plus posé et un dialogue. Un peu mollasson donc, mais les faiblesses de rythme sont constamment rattrapées par un casting aussi convaincant que surprenant. Surprenant par la direction d'acteur quand Claude Brasseur illustre un père plus lessivé qu'énervé ; par le choix des interprètes avec Thierry Lhermitte très loin du Splendide en chef de gang aux relents incestueux ; par la maitrise du rôle avec une Véronique Genest qui tient la route (et c'est déjà pas mal)... Sans compter sur l'apparition, fesses à l'air cela va de soi, de Valérie Kaprisky et un Christophe Lambert pré-Greystoke carrément impressionnant en assassin en bottines. Vraiment, il nous manque ce cinéma là aujourd'hui.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Les informations quand à la restauration n'affichent pas ouvertement l'utilisation d'un nouveau master 2K, mais le résultat est probant. Rares sont les films français de cette décennie à nous parvenir dans un tel écrin (si ce n'est du coté de Pathé et du laboratoire Eclair), qui réussit à préserver naturellement la photographie franche d'origine, son omniprésence de gris, ses reflets bêtons, ses longues nuits blafardes, tout en obtenant une matière pellicule délicate, organique, et une définition à toute épreuve. On passe sur la restauration de l'image, massive, donnant au tout des airs quasi-virginaux. Voilà qui place la barre très haute pour les futurs titres de la collection Polar d'ESC....

 


Son :
Attendue, c'est la stéréo d'origine qui revient ici mais dans un DTS HD Master Audio de circonstance qui souligne là encore une restauration admirable. L'équilibre est bien balancé, la stabilité constance et la clarté très agréable. Rien à redire.

 


Interactivité :
Pas de grand documentaire à se mettre sous la dent et c'est bien dommage. Pourtant toute la jeune garde du casting est encore bel et bien vivant et il aurait franchement été sympa de retrouver Lambert et Lhermitte ici. On doit se contenter de la productrice Véra Belmont qui se remémore l'agression dont sa sœur fut victime et qui lui donna l'idée du film, mais qui reste très factuelle et peu enthousiaste sur le film proprement dit.

Liste des bonus : Entretien avec Véra Belmont (9').

 
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