LA VALLéE MAUDITE
Gunfighters - Etats-Unis - 1947
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Image de « La Vallée maudite »
Genre : Western
Réalisateur : George Waggner
Musique : Rudy Schrager
Image : 1.33 4/3
Son : Français & Anglais DTS-HD 2.0 Mono
Sous-titre : Français
Durée : 88 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 12 avril 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Vallée maudite »
portoflio
LE PITCH
Célèbre pistolero, Brazos Kane est un jour provoqué en duel par un ami. Ayant blessé ce dernier, Kane renonce aux armes et part vivre une existence paisible dans un petit ranch. Sur place, il découvre le cadavre de Bob Tyrell, une vieille connaissance, fraîchement assassiné. Brazos Kane va mener l'enquête …
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sans armes, ni haine, ni violence

Sans relâche, Sidonis Calysta poursuit son travail de patrimoine en éditant sur support haute-définition classiques, raretés et curiosités du western américain. Malgré la présence en tête d'affiche du monolithique Randolph Scott, La Vallée maudite entre clairement dans la catégorie des curiosités. Pas un grand film, loin s'en faut, mais une œuvre intéressante qui hésite entre un ton crépusculaire et une légèreté déstabilisante.

Au scénario, Alan Le May adapte assez librement un roman de Zane Grey, Twin Sombreros. Pas encore célébré pour La Prisonnière du désert et Le Vent de la plaine, Le May jouit pourtant, en 1947, d'une solide réputation. Il a scénarisé trois films à la suite pour Cecil B. DeMille (Les Tuniques écarlates, Les Naufrageurs des mers du sud, L'Odyssée du docteur Wassell) ainsi que le Cheyenne de Raoul Walsh, sans oublier que sa carrière d'écrivain est déjà riche de huit romans et d'innombrables nouvelles. Un bosseur fasciné par l'aventure en général et le western en particulier et qui n'a pas son pareil pour construire des personnages très souvent déchirés entre leurs émotions et leur devoir, entre faire ce qui est juste et faire ce que l'on attend d'eux.
C'est évidemment le cas de Brazos Kane, l'as de la gâchette qu'interprète avec raideur un Randolph Scott proche de la cinquantaine, déjà,vieillissant mais toujours imposant. Avec plus de quarante ans d'avance, Brazos Kane nous renvoie d'ailleurs vers un autre pistolero en pleine crise existentielle : le terrible Will Munny que Clint Eastwood interprétera dans Impitoyable. Tout le dilemme du film est de savoir jusqu'à quel point Kane supportera les provocations avant de jouer du colt à nouveau. Le May profite de la « nouvelle vie » de son personnage principal pour questionner la violence inhérente au western, un genre où tous les conflits se règlent avec les armes. A l'heure où les fusillades s'enchaînent à un rythme alarmant, aux Etats-Unis comme ailleurs, cette thématique résonne avec une puissance visionnaire.

 

balles à blanc


Pour enrichir son propos, le scénariste opère une greffe inattendue. Aux éléments traditionnels du western (et notamment le conflit entre petits éleveurs et grands exploitants), Alan Le May ajoutent une trame de film policier, voire de film noir avec une voix-off désabusé et un duo de femmes fatales joliment personnifiées par les séduisantes Barbara Britton et Dorothy Hart.
Dommage qu'avec de telles cartes en main, le réalisateur George Waggner, artisan honorable dont la plus belle réussite demeure son Loup-Garou de 1941 (avec Lon Chaney Jr.), peine à se montrer à la hauteur. Professionnel aguerri, Waggner emballe une poignée de scènes d'action avec une énergie redoutable (dont une course-poursuite spectaculaire et un mano à mano périlleux au milieu de chevaux cherchant à écraser les belligérants) mais il pêche par légèreté et semble rechigner à embrasser la portée sombre et réflexive d'un script dégraissé jusqu'à l'os. Pas vraiment aidé par un score maladroit qui tente d'injecter de l'humour où il n'y en a pas et le manque d'alchimie entre Randolph Scott et le reste du casting, le cinéaste reste en retrait et privilégie bêtement une romance pas très crédible. A l'exception d'un Forrest Tucker au sourire de sadique, les méchants qu'incarnent Bruce Cabot et Grant Withers manquent également de substance, George Waggner se contentant de cadrer des silhouettes mal dégrossies. Des choix discutables qui inscrivent La Vallée maudite dans une veine mineure alors qu'il pouvait prétendre à mieux. On ne s'ennuie jamais, on prend un certain plaisir à redécouvrir le charisme de l'iconique Randolph Scott, on se délecte d'un discours non violent certes un brin sentencieux mais loin d'être idiot mais ça ne va malheureusement pas plus loin. Il manque ici la rigueur virile d'un Raoul Walsh ou la dimension humaniste d'un John Ford. Une occasion (un peu) manquée.

Alan Wilson






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Image :
Tournée en Cinécolor, un procédé concurrent et bon marché du Technicolor, la restauration d'un film comme La Vallée maudite se jauge forcément à la qualité de sa colorimétrie. Certains plans sont un peu pâles mais les rouges, les bleus et les teintes boisées des scènes en intérieurs affichent un rendu très acceptable, bien appuyés par une compression soignée et une définition qui n'abuse pas du réducteur de bruit. De la vraie HD donc. Revers de la médaille, les accidents de pellicule et autres plans abîmés et flous se remarquent d'autant mieux. Des défauts heureusement assez rares.

 


Son :
Très peu de souffle et un velouté très agréable placent la version originale bien au dessus de la version française, trop plate et desservie par un doublage désincarné. Le mixage fait le choix de placer aussi bas que possible les compostions casse-burnes de Rudy Schrager. Les éradiquer eut été encore plus appréciable mais on ne va pas refaire le match.

 


Interactivité :
Indéboulonnable, Patrick Brion se fend d'une présentation assez courte mais très complète. Un petit passage en revue des westerns sortis en 1947, un regard lucide sur les qualités et défauts de La Vallée maudite ainsi qu'une parenthèse sur la carrière du réalisateur George Waggner donnent au spectateur toutes les clés nécessaires pour découvrir le film. Brion always shoots first !

Liste des bonus : Présentation par Patrick Brion, Galerie de photos.

 
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