MAXIMUM OVERDRIVE
Etats-Unis - 1986
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Genre : Horreur
Réalisateur : Stephen King
Musique : AC/DC
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio mono
Sous-titre : Français
Durée : 98 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 8 janvier 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
En 1986, la comète Rhéa-M gravite autour de la Terre. Aussitôt, toutes les machines sur la surface du globe sont déréglées : un distributeur de billets insulte les clients, une enseigne lumineuse invite les passants à aller se faire voir… La situation devient tragique lorsqu’un pont mobile échappe à tout contrôle. Désormais, toutes les mécaniques sont autonomes et ne semblent poursuivre qu’un seul but : débarrasser la surface du globe de toute présence humaine…
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à la retape

Le grand succès de l'année 1986 aurait dû être Maximum Overdrive première réalisation de Monsieur Stephen King, champion des best-seller en librairie, et dont les adaptations sur grands écrans occupaient l'espace dix ans tout rond. Aurait dû. Mais fallait-il vraiment s'attendre à du Kubrick ?

En ce début des années 80, il était impossible de passer à coté du phénomène Stephen King, marquant la découverte populaire et planétaire d'un authentique maitre de l'horreur moderne et géniteur de cauchemars aussi brillants que souvent intensément noirs. Une patte, une manière de concevoir des univers et d'y intégrer un fantastique entre chroniques réalistes et mythes anciens, qui a rapidement séduit les studio américains. Mais King va rapidement montrer une grand défiance et se révéler très critique quand à ces premières itérations. Curieux, surtout que certains de ces metteurs en scènes ne sont nuls autres que Brian De Palma, Tobe Hooper, Stanley Kubrick, David Cronenberg ou John Carpenter... Excusez du peu. C'est peut-être pour cela que le romancier finit par répondre aux demandes pressentes du producteur Dino De Laurentiis - qui vient d'enchainer les tournages de The Dead Zone, Charlie, Cat's Eye et Peur bleue - adaptant lui-même la courte nouvelle The Truck, avant de se lancer dans la prise en main complète du long métrage. Un évènement pour sûr, mais l'auteur n'a pas jeté son dévolu sur l'un de ses romans les plus ambitieux, mais bel et bien sur une trame relativement simpliste, émanation de sa tendresse pour les vieux films de SF, qu'il déploie ici carrément sous la force d'une farce bourrée d'humour noir, de morts gratuites et de personnages jamais très loin de la caricature assumée.

 

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Loin de s'emballer dans une folie des grandeurs démesurée, et ce malgré un budget plutôt confortable, King opte pour la série B horrifique, la péloche de divertissement, le cinéma popcorn, un peu à la manière du Creepshow qu'il a imaginé avec le copain George Romero ou ce Evil Dead qu'il a découvert quelques temps plus tôt. Une note d'intention qui constitue clairement le meilleur de Maximum Overdrive, soit sa longue introduction où s'enchainent avec un distance rigolarde, les différents méfaits de ces machines modernes devenues folles : d'une simple tirette à billets qui traite le client de « trou du cul » ( King en cameo), d'un pont mécanique dont la levée inopinée créer une panique générale, un distributeur de boisson un peu trop énergique dans son éjection des canettes...
Un enchainement de blagues vachardes et jouissives, boosté par la participation démoniaque des petits gars d'AC/DC (qui ont la main mise sur l'intégralité de la bande son) mais qui va tourner court au profit d'un classique film de siège avec camions démoniaques en guise de menace impitoyable. Une vue à la loupe sur l'américaine profonde, entre cowboy courageux (Emilio Estevez) et patron salauds et amoureux des armes (forcément), mécanique récurrente dans l'écriture de King, mais qui ne convainc jamais ici autant par des situations à la logique très variables (les machines se révoltent quand ça arrange le scénariste), les dialogues basiques et souvent indignes de sa littérature, et surtout un rythme répétitif, laborieux qui s'étiole sans conviction. Est-ce l'inexpérience qui est en cause ou tout simplement la découverte à la dure que l'on ne se s'improvise pas cinéaste ? En tout cas, King avouera lui-même après coups ses faiblesses, apprenant en accélérer les ficelles du métier et devant composer avec une équipe technique ne parlant pratiquement que l'italien (merci De Laurentis) alors qu'il baignait lui-même dans l'alcool et la poudreuse. Forcément...

Un rendez-vous manqué malheureusement, qui a définitivement vacciné son auteur, mais où l'on décèle quelques figures récurrentes de l'œuvre de King, et surtout un quasi film dans le film avec ce pauvre gosses à bicyclette poursuivi tour à tour par un rouleau compresseur, un camionnette de glacier et un tondeuse ensanglantée;  traversant les rues fantômes d'une petite ville émaillée de cadavres grotesques... On se croirait presque dans ça.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
On aurait aimé pouvoir s'enthousiasmer pour la copie HD proposer par ESC Distributions, emballés forcément par une image franchement propres, énergique dans sa restitution des couleurs et constamment stable dans sa restitution. Une gageure qui vient rattraper la dramatique prestation d'un vieux DVD assez honteux. Reste que certains détails chiffonnent. En particulier du coté d'une définition pas aussi pointue qu'elle le devrait, une profondeur souvent absente et des séquences en basses lumières qui glissent vers un rendu presque lissé (de toute façon le grain de pellicule a disparu). Honorable mais perfectible.

 


Son :
Avec une bande son signée AC/DC on aurait vite fait de se jeter sur le nouveaux mix 5.1 espérant profiter d'une puissance massive. Concernant le hard rock de papa ça marche du tonnerre... Du coté de la dynamique générale, c'est un peu moins probant avec des effets arrières et latéraux très rares et surtout des dialogues qui prennent de la distance sur les avants. Le plus équilibré reste donc le DTS HD Master Audio 2.0 qui retrouve la dynamique d'origine mais avec une clareté et une efficacité toute neuve.

 


Interactivité :
Si l'édition s'ouvre par une présentation du journaliste Julien Sévéon (encore lui !), le reste de la longue liste de suppléments provient directement de l'édition collector américaine signée Voltron (filiale de Lionsgate Films) et commercialisée là-bas depuis octobre dernier. Un programme plutôt imposant, en particulier pour un film qui n'a rien d'une date dans l'histoire du cinéma d'horreur, et qui se décline essentiellement autour d'une belle sélection d'interviews, de Martha de Laurentiss aux acteurs Laura Harrington ou l'ex gamin Holter Graham, venant nous conter un tournage plutôt agréable et un Stephen King accessible, voir adorable. Bon, c'est sympathique mais bien trop poli pour convaincre, surtout qu'il manque ici la participation de King en personne (très lucide, voir cruel, avec son film) et l'acteur Emilio Estevez. Ce sont souvent les à coté qui intéressent alors le plus avec un petit raccord sur la confection de la fameuse bande originale marquant un regain d'inspiration pour le groupe AC/DC, mais aussi et surtout un excellent documentaire sur la ville de Wilmington où fut tourné le film. Un véritable El Dorado du cinéma américain pendant au moins deux décennies et qui fut, entre autres, la seconde maison des productions De Laurentiis. Une petite ville américaine qui connu un boom sidérant sans se départir de son identité ni de sa conception « familiale », avant d'être presque réduit à néant par l'arrivée des Républicain à la tête de l'état. La culture et l'artisanat ça n'a jamais été leur truc aux républicains...

Liste des bonus : « One Shot pour Stephen King » : Entretien avec Julien Sévéon (25'), Commentaire audio de l'acteur Jonah Ray ainsi que du producteur Ryan Turek (Blumhouse Films), « Truck Stop Tales » : Entretien avec la productrice Martha De Laurentiis (15'), « Rage Against the Machines » : Entretien avec l'actrice Laura Harrington (10'), « Honeymoon Horrors » : Entretien avec l'acteur John Short et l'actrice Yeardley Smith (18'), « Maximum Carnage » : Entretien avec Dean Gates, responsable des effets de maquillage (16'), « The Wilmington Factor » : Documentaire sur le tournage de Maximum Overdrive par les membres de l'équipe du film (29'), « Who Made Who? » : Entretien avec Murray Engleheart, co-auteur du livre « AC/DC: Maximum Rock & Roll » (6'), « Goblin Resurrectus » : Reportage sur la restauration du Gobelin (10'), « A Kid in King's Court » : Entretien avec l'acteur Holter Graham (17'), Coulisses du tournage (9'), Bandes-annonces.

 
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