LA GRANDE COMBINE
The Fortune Cookie - Etats-Unis - 1966
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Genre : Comédie
Réalisateur : Billy Wilder
Musique : André Previn
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 125 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 23 octobre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Grande combine »
portoflio
LE PITCH
Harry Hinkle, caméraman de télévision, est heurté par un arrière de 110 kilos alors qu’il filme un match de football américain. Il est transporté à l’hôpital où il apparait qu’il ne présente aucun traumatisme. Mais son beau-frère, avocat sans scrupule, lui conseille de jouer les paralysés afin d’obtenir des dommages et intérêts.
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les rois de l'arnaque

Après l'échec d'Embrasse-moi idiot et la réplique sidérante des ligues de morale, Billy Wilder aurait pu opter pour une remise en question, ou en tout cas un adoucissement de sa charge constante contre ses compatriotes. Il aurait pu, mais il a préféré mettre en boite La Grande combine.

Un film rédigé avec son compère I.A.L. Diamond uniquement au départ dans le but de s'occuper et faire rentrer un peu d'argent en attendant de pouvoir se lancer sur le projet La Vie privée de Sherlock Holmes. Un film de remplissage sans doute un peu, mais qui rapidement va se prendre des airs de récréation pour la petite équipe habituelle de Billy Wilder qui retrouve au passage son indécrottable camarade Jack Lemmon et qui permet au cinéaste de s'offrir quelques belles séquences dans un authentique stade américain... lui qui est reconnu pour être un amateur forcené des sports nationaux. C'est d'ailleurs lors de l'un de ces matchs qu'il imagine la trame de son film, alors qu'il est témoin, comme de nombreux autres spectateurs, du carambolage entre un sportif et un pauvre cameraman. De là va découler une arnaque à l‘assurance imaginée par un beau-frère envahissant, avocat procédurier et profiteur, qui va transformer le trop docile Harry Hinkle, en fabulateur malgré lui. Si bien entendu Lemmon reprend son habituel personnage de victime pathétique, il a l'idée de proposer un certain Walter Matthau pour incarner le cerveau de l'affaire. Un acteur encore très méconnu, second rôle sur une poignée de polars, et qui trouve ici à la fois son premier rôle majeur et un second souffle considérable à sa carrière.

 

Indélicatesses


Et pour cause, si le duo Lemmon / Matthau se reformera une petite dizaine de fois par la suite (jusqu'à Drôle de couple II en 1996 !), c'est tout simplement parce qu'il expose ici un équilibre facile, une confondante évidence entre les ressorts comiques presque figés de l'un, tout en subtilité engoncé dans son corset médiale, et l'énergie pulsative de l'autre, jouant de grimaces, de monologues enlevés et de poses caricaturales pour imposer sa tronche de faussaire amoral. Un personnage qui crève l'écran et qui reflète parfaitement la vision outrée que véhicule le film. Une farce volontairement caricaturale, forcée souvent (la mère constamment en pleur), fleuretant avec la Comedia Del Arte dans sa succession d'archétypes ridicules (les docteurs à l‘accent allemand, le détective privé en impair lessivé), pour mieux faire passer la pilule d'une comédie mauvaise et cruelle où les deux moteurs du film, l'avocat et l'épouse sur le retour du pauvre Lemmon, ne sont motivés que par le pouvoir de l'argent. Ca et rien d'autre. « Comme le reste de mes contemporains » semble nous susurrer Billy Wilder, qui transforme le seul personnage profondément honnête, le footballeur naïf Luther « Boom Boom » Jackson en souffre-douleur collectif, perdant progressivement ses capacités d'athlète, sa place dans l'équipe en se noyant dans les verres d'alcool. Forcément très drôle dans ses dialogues acérés, dans ses jeux scéniques redoutables, La Grande combine est aussi une comédie qui échappe au spectateur, provoquant même à quelques occasions un authentique malaise. Un dialogue très froid entre la blonde Sandy et le (trop) gentil Luther, un happy-end inespéré clairement filmé comme une sortie incongrue... Est-ce si étonnant que les spectateurs américains n'y aient pas trouvé leur compte ?

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Les récents masters réservées aux films de Billy Wilder font systématiquement preuve d'un soin maniaque quand à leur restauration. La Grande combine ne fait pas défaut aux autres sorties en proposant une copie restaurée souvent impressionnante dans sa propreté, sa netteté, la douceur des reflets argentiques, la force de ses contrastes et son piqué pointu. Respectant avec ferveur le petit grain de pellicule d'origine, la copie HD n'a pas grand-chose à se reprocher si ce n'est deux - trois plans plus instables où les noirs et blancs virent étrangement vers aux reflets plus orangés. Sans doute des segments très abimés à la source.

 


Son :
Assez propres, les deux pistes sonores mono disposées en DTS HD Master Audio font efficacement leur office avec un équilibre bien posé et une clarté constante.

 


Interactivité :
Nouvelle galette consacrée à une œuvre de Billy Wilder signée par l'éditeur Rimini qui le construit même comme une suite logique de celle réservée au précédent Embrasse-moi idiot. On reprend donc l'interview du coscénariste I.A.L Diamond là où on l'avait laissée avec un récit de la seconde partie de leur carrière commune, et on a l'impression dans le second item, de retrouver les deux journalistes cinéphiles à la même place (ce qui est sans doute le cas). Ils commencent à être rodés à force et échangent leurs points de vue sur La Grande combine. On notera une nouvelle fois la présence dans le boitier d'un livret plutôt sobre en apparence mais qui par sa succession d'anecdotes et de témoignages retrouvés, fait agréablement office de making of.

Liste des bonus : Livret de 12 pages par Marc Toullec, Conversation entre les journalistes Olivier Macheret (Le Monde) et Frédéric Mercier (Transfuge), I.A.L. Diamond / Billy Wilder : écrire à quatre mains (part. 2).

 
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