CLéOPâTRE (1934)
Cleopatra - Etats-Unis - 1934
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Cléopâtre (1934) »
Réalisateur : Cecil B. DeMille
Musique : Rudolph G. Kopp
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais DTS HD Master Audio mono
Sous-titre : Français
Durée : 100 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 25 septembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Cléopâtre (1934) »
portoflio
LE PITCH
Lors de sa conquête de l’Egypte, Jules César tombe sous le charme de la reine Cléopâtre. Peu après être rentré à Rome, il se fait assassiner. Cléopâtre accorde alors ses faveurs à Marc Antoine, totalement ensorcelé. Elle projette alors de l’empoisonner afin de régner seule sur l’Egypte, mais son amour la conduira à tenter de sauver Marc Antoine de la menace qui plane sur lui à Rome…
Partagez sur :
Déesse

Deux ans après le décadent Le Signe de la croix, le grand Cecil B. DeMille retrouve le péplum triomphant et sa nouvelle coqueluche, l'irrésistible Claudette Colbert, pour un portrait ultramoderne de la dernière Pharaon d'Egypte.

De Cléopâtre au cinéma, et malgré une profusion de tentatives très inégales, on garde souvent en mémoire que le luxueux et passionnant drame porté essentiellement par le couple Elizabeth Taylor / Richard Burton. Clairement injuste pour celui qui lui servit directement de modèle, déjà largement inspiré du Cléopâtre et Marc-Antoine de William Shakespeare, et qui connu un succès éclatant trente ans plus tôt. Pourtant, le futur réalisateur du monumental Les Dix Commandements, ne quête nullement la réalité historique, ni l'évocation de batailles colossales et autres virilités portées par les glaives. Il préfère ici se lover directement dans les bras de son héroïne, reine d'Egypte ballotée d'un homme à l'autre (du ministre de son frère aux célébrités romaines) telle une survivante, pauvre femme instrumentalisé par les sociétés patriarcales de son époque. Une victime ? Loin de là, DeMille livre une nouvelle fois le dessein d'une représentante du « sexe faible » subtile et habile, aidée il est vraie par le charme et le talent impitoyable de la très grande et incroyablement attractive Claudette Colbert (New-York Miami). Des yeux qui donnent la fièvre, des pauses à se damner, des robes hypnotiques et de ces intonations de voix, cette intensité décontractée qui fait que l'actrice transmet sans forcer les états d'âmes de son personnage : manipulatrice par nécessité qui finit systématiquement par se prendre à son propre piège.

 

la reine nue


Jules César et Marc Antoine ne peuvent pas se vanter du même traitement. Si déjà les deux acteurs, Warren William et Henry Wilcoxon, n'ont pas vraiment le même gabarit que leur partenaire féminine, ils sont surtout dépeints comme des soldats obsédés par leur devoir, par leur statut, sortes de rustres ambitieux qui ne peuvent que tomber sous le charme de la belle au destin brisé. Une véritable tragédie, portée de bout en bout avec une authentique intensité comme le mélodrame intimiste qu'il est. Sauf que Cecil B. DeMille reste Cecil B. DeMille et drape le tout dans un mélange de décors précieux et de cadres aussi minutieux que spectaculaires, qui fait directement la nique à ses futurs descendants. Une élégance polie de surface car sous ces riches enluminures, le cinéaste dissimule d'ardentes passions et quelques friponneries dont il a le secret. Si le Code Hays est désormais totalement en vigueur et restreint les pulsions de l'auteur du Signe de la croix, son Cléopâtre est tout de même parsemé de sous-entendus graveleux, de spectacles ambivalents (aaah cette danse à la limite du SM), de zones de chair dénudées et de quelques saillies assez ahurissantes pour son époque. Comme ce long traveling arrières dans la chambre gigantesque de la reine où les mouvement des rames des galériens et les projections des danseuses ne font que peu de mystère sur la gymnastique à laquelle se livrent Cléopâtre et son amant. Une scène magnifique et inventive parmi d'autres (dont le plan final iconique au possible) qui rappelle une fois encore l'importance du cinéma de DeMille et la puissance érotique indéniable de la première partie de sa longue filmographie.

Nathanaël Bouton-Drouard




Partagez sur :
 

Image :
Depuis les célébrations entourant le 100ème anniversaire du studio, Universal a entrepris un grand travail de réhabilitation de son catalogue de classiques et ce Cléopâtre en fait clairement partie. A l'image du travail exceptionnel opéré sur les premiers Universal Monsters (contemporains du film de DeMille), l'objet en question a donc été solidement restauré à la source, mélangeant un travail de rajeunissement aussi bien chimique que numérique, pour un rendu global assez impressionnant. Quelques petites traces des années restent parfois présents (petits points blancs, griffures) mais le master est tout simplement splendide avec son noir et blanc tranché, ses reflets argentiques et son grain de pellicule harmonieux. Le piqué n'est pas en reste avec une mise en valeur constante des costumes et des décors (en particulier du coté de leur profondeur), sans jamais dénaturer les intentions de l'époque faites de flous artistiques et de collages de bobines (la bataille finale entre plans inédits et stock-shots) qui malmènent forcément la définition. Pour un film de plus de 80 ans ca reste bluffant.

 


Son :
Le gain est un peu moins spectaculaire avec la piste sonore mono anglaise (pas de français ici) qui n'a pas réussi à effacer tous les petits effets de chuintements et les quelques saturations d'usages. Le mix DTS HD Master Audio reste donc très frontal, très direct et sobre avec une mise en avant parfois un peu trop marquée des dialogues au détriment des ambiances et de la musique.

 


Interactivité :
Jolie surprise pour ce Cléopâtre qui se voit accompagné de quelques bonus tout à fait séduisants. Les premiers sont issus de l'ancienne sortie DVD et restent donc en SD mais permettent aux néophytes de découvrir une initiation très agréable aux carrières du cinéaste et de sa star, avant de passer à une évocation nécessaire des tristes années d'Hollywood sous le sceau du Code Hays. Plutôt généreux, notre Elephant national a ajouté à cela deux interventions passionnées de l'incontournable Jean-Pierre Dionnet qui présente très efficacement le film en ouverture puis revient plus largement sur la carrière de DeMille... donnant comme d'habitude l'envie irrépressible de mettre la main sur quelques copies, dont heureusement certaines sont disponibles que le même éditeur.

Liste des bonus : Cecil B. DeMille par Jean-Pierre Dionnet (10'), Le film par Jean-Pierre Dionnet (10'), Cecil B. DeMille : Le géant d'Hollywood (10'), Claudette Colbert : La reine du grand écran (9'), Films interdits : Hollywood au temps du Code Hays (10'), Bande-annonce.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021