PSYCHOSE : LES SUITES
Psycho II, Psycho III, Psycho IV: The Beginning - Etats-Unis - 1983/1986/1990
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Psychose : Les suites »
Genre : Thriller, Horreur
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 302 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 4 septembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Psychose : Les suites »
portoflio
LE PITCH
Après 22 ans passés dans un asile psychiatrique, Norman Bates retrouve enfin sa liberté et rentre au motel familial. Il fait la connaissance de Mary Loomis, une jeune femme assez troublante juste avant de se retrouver dans la même situation que 22 ans plus tôt. Mais alors qu’il s’apprête à assassiner Maureen, il l’empêche de se suicider et tombe amoureux d’elle. Et si Mme Bates était encore vivante ? Et si Norman retrouvait sa folie ? Et si quelqu’un le faisait passer pour fou...
Partagez sur :
"we all go a little mad sometimes"

Généralement conspués, voir balayés d'un revers de la main pour mieux être cachés sous le tapis, les suites officielles de Psychose, chef d'œuvre inaccessible d'Alfred Hitchcock, ne méritent-ils pas mieux que leur triste réputation ? Pour deux d'entre elles c'est une évidence.

Inaccessible. Intouchable et surtout œuvre sacrée à tel point que toute tentative de s'en approcher aura longtemps raisonné comme un suicide prévisible: Psycho d'Alfred Hitchcock aurait été observé à distance pendant une bonne vingtaine d'années avant qu'Universal ne saute finalement le pas. Surtout qu'Anthony Perkins, l'inoubliable Norman Bates n'est absolument pas convaincu d'une telle opération. Le revirement va se faire grâce au scénario de ce futur Psycho II, non pas inspiré du roman de Robert Bloch s'embarquant dans une farce anti-Hollywood, mais récit original et malin concocté par Tom Holland, futur réalisateur de Vampire, vous avez dit vampire ? et Jeu d'enfant. Conscient que tenter de copier directement la formule du maitre serait contre-productif, il imagine donc une inversion des rôles, présentant un Norman Bates guéri, mais fragile, harcelé par de nouvelles apparitions de sa mère... que le spectateur devine être organisé par quelques personnes mal intentionnées. Si le personnage était si attachant dans le film original, et qu'il se détache ainsi des habituels sociopates de slashers, c'est justement par sa figure de victime, de pauvre garçon malade qui tentait déjà désespérément de se débarrasser des sévices ancrées par sa mère castratrice. Une approche qui séduit Perkins, toujours aussi convaincant, malgré les nombreuses années passées, dans sa posture d'échalas tour à tour malingre et incroyablement inquiétant. Ne trahissant ô grand jamais ce qui est devenu le premier épisode, Psycho II joue bien entendu de quelques codes attendus (la scène de douche, la chute dans l'escalier...), mais en changeant les approches, en faisant pivoter les places de personnages, d'ailleurs tous solidement interprétés. Réalisateur australien connu pour Patrick, Déviation mortelle et Link, Richard Franklin séduit tout autant par une modestie nécessaire Il privilégie le suspens et les personnages aux effets chocs (rares mais sanglants) non sans délivrer quelques étonnants travellings aériens et une gestion de l'espace d'autant plus habile que les peintures sur verre sont là pour rappeler que le décors du Bates Motel est planté en plein milieu du fameux Universal Studio. Un thriller plus que convenable dans tous les cas, respectueux et finalement assez original dont l'une des autres grandes qualités est un score virtuose de Mr Jerry Goldsmith qui trouve au cœur de la mélodie de Bernard Hermann une mélancolie renversante.

 

"ce sang, tout ce sang !"


A cette suite méritante, Anthony Perkins en personne prend le relais pour signer un Psycho III qui rebondit directement sur les révélations finales, tout autant que sur les notes romantiques (et oui) distillées avec parcimonie avec l'arrivée scandaleuse d'une none en pleine crise de foi. Ayant collaboré avec Hitchcock, mais aussi Orson Welles (Le Procès), René Clément (Paris brûle-t-il ?), Claude Chabrol (Le Scandale) ou Sidney Lumet (Le Crime de l'Orient-Express), Perkins semble avoir scrupuleusement observé leur travail. Il impressionne bien souvent par une mise en scène très fluide dans laquelle il maitrise efficacement les effets de montages (fondus thématiques), ses cadrages qui imposent un suspens palpable, et marque l'objet de son empreinte par un épisode des plus esthétisants. Plus maniéré dans ses atours, plus coloré dans sa photographie, plus tranchant dans la représentation de ses quelques meurtres et surtout plus outrancier autant dans ses effets gores que dans l'omniprésence d'une sexualité frontale et un poil salace, Psycho III flirte quasiment avec les objets déviants italiens que l'on nomme Giallo. Jolie petite surprise une nouvelle fois donc qui, malgré un script là un peu plus brouillon, réussit à étoffer le mythe original par une identité atypique.

L'exact opposé en somme du dernier Psycho IV, dont le sous-titre The Begining a déjà tendance à refroidir les ardeurs. Déçu par la réception du troisième film, Universal fait donc machine arrière, produit cet épisode directement pour la chaine Showtime et engage le scénariste du film de Hitchcock, Joseph Stefano, qui n'hésite pas à effacer tous les événements précités, préférant creuser la relation entre le jeune Norman Bates (le petit Eliot de E.T. un peu moins petit) et sa si terrible Môman. A la fois suite lointaine du premier Psychose et prequelle à l'identique de ce que deviendra des années plus tard la série Bates Motel, le téléfilm est une triste « conclusion » à l'écriture caricaturale, aux personnages psychologiquement peu crédibles (l'actrice Olivia Hussey en génitrice tête à claque n'aide pas vraiment), aux allers-retours passé / présent des plus mécaniques, que le moyen Mick Garris (Critters II, La Nuit déchirée, la minisérie Le Fléau) se contente d'encadrer sagement. Même le pauvre Anthony Perkins, qui venait d'apprendre sa séropositivité et dont le personnage est réduit ici à un assassin à la retraite, semble absent, fatigué, prêt à abandonner un personnage qui la fait entrer dans la légende. Le remake expérimental de Gus Van Sant et la série télévisuelle en forme de reboot facile, ont bel et bien démontré que d'une certaine façon, après Psycho III le lien a été rompu.

Nathanaël Bouton-Drouard








Partagez sur :
 

Image :
Curieusement ce ne sont pas là les premières sorties HD pour ces trois films, qui avaient déjà eu les honneurs d'un petit passage du coté de chez Shout Factory il y a cinq ans. Si les bonus de leur Collector's Edition sont désormais passée à l'as (ce qui est plus que dommage) il semble que cela soient les même copies qui sont réutilisées par Universal à travers le monde. Des transferts 1080p assez correct reposant sur des sources restaurées avec soin mais pas à partir des négatifs originaux. Et cela se ressent forcément dans les nombreuses séquences plongées dans la pénombre où le grain glisse vers le neigeux en même temps que les petits défauts de pellicules se multiplient. Les autres sections très marquées sont tout logiquement les plans composites, retouchés à la base, peinant alors à cacher leur âge. Mais tout n'est pas à jeter loin de là puisque les couleurs, plutôt riches et tranchées pour Psycho II et III, retrouvent de leur énergie tandis que le piqué d'ensemble délivre quelques très beaux moments. On est loin de la copie HD du premier Psycho, mais c'est tellement mieux que les vieux DVDs...

 


Son :
Aucune retenue avec les pistes d'origines transposée dans des DTS HD Master Audio 2.0 aussi fidèle aux sensations premières que claires et propres dans leurs nouveaux atours. Les effets latéraux et la dynamique frontale se font ressentir avec une jolie efficacité et l'ensemble est très bien balancé. Parfait.

Liste des bonus : Aucun.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020