THE X-FILES SAISON 11
Etats-Unis - 2018
Image plateforme « Blu-Ray »
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Musique : Mark Snow
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, français, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, espagnol…
Durée : 420 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 22 août 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
La vérité n’a jamais été si proche : Mulder et Scully apprennent qu’ils ne sont pas les seuls à rechercher leur fils, abandonné à la naissance, William. Et le destin du monde pourrait bien en dépendre…
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Veritas odium parit

Diffusée aux USA et en France dans une certaine indifférence, estampillé comme un dinosaure de la télévision à papa, The X-Files vont manifestement une nouvelle fois disparaitre des écrans. Gillian Anderson prend ses distances, la Fox tout autant, mais pourtant la saison 11 est certainement l'une des meilleures cuvées  de sa longue histoire.

A force d'entendre partout que The X-Files est, dans un monde post 11 Septembre, dans une Amérique dirigée par Donald Trump et des réseaux envahis de services d'extrême droite manipulant l'information, totalement dépassée dans ses thématiques et anachronique dans sa forme (l'alternance mythologie / loners, c'est plus très « in »), il ne faut pas s'étonner que si peu de spectateurs aient seulement tenté l'expérience de cette dernière saison en date. Là où autrefois les spectateurs se ruaient avec soif de vérité sur chaque retour en fanfare de Mulder et Scully, ils préfèrent attendre une hypothétique diffusion sur Netflix et autres services du même genre. Dur, surtout que les rares curieux auront sans doute été quelque-peu refroidis par l'épisode d'ouverture, My Struggle III, contenant, il faut l'avouer, à peu près tous les défauts d'un Chris Carter totalement noyé dans la mythologie qu'il a crée voici 25 ans. Aliens ou pas aliens, gouvernement omnipotent ou conglomérat industriel visant le contrôle de la population, révélations sordides de l'homme à la cigarette, astuce de scénariste assez lamentable (tout le final de My Struggle II était une vision... fallait oser !), la saison 11 débute sur de mauvaise base. Et inutile de cacher que malgré des évolutions bien amenées pour certains personnages, le terminal My Struggle IV ne va pas faire beaucoup mieux, ni éviter les obstacles qui se dressent sur le chemin... et en particulier le « fils », épines bien douloureuse que la série traine dans sa chaussure depuis des lustres.

 

leur combat


Pourtant, il est tout aussi manifeste qu'après une saison 10 sans doute trop sage, Chris Carter et son équipe ont retrouvé de leur mordant. Excepté ces deux épisodes relativement faible donc, le reste de la saison (soit 8 épisodes), oscille entre le bon et le, il faut le dire, fabuleux. Soit un retour en bon et due forme aux fameux loners qui savent sous couvert de mini-films de SF ou d'anticipation, décrypter le monde qui nous entoure avec un mélange de sérieux et d'humour qui tient, comme à l'époque, du miracle. Des retrouvailles indirectes avec les geeks de la bande des Lonegunmens qui pousse vers une illustration de l'utilisation du virtuel pour creuser encore la « fracture sociale » ; une partie de pendu sadique qui laisse des corps derrière elle ; un étrange boogyman qui enlève les enfants et fait rejaillir les souvenirs atroces des chasses aux sorcières et des foules meurtrières ; un ancien compagnon d'arme de Walter Skinner qui se la joue First Blood dans la forêt, une secte cannibale et adepte de la chirurgie barbare en quête de la jeunesse éternelle...
Il est finalement ici souvent question de vieux fantômes et d'eternels retour des démons d'une culture qui a décidément bien du mal les exorciser. Toujours aussi bien filmés, écrits avec justesses, ces épisodes ont qui plus est la qualité de constamment nourrir la trame principale. Soit, non pas la fin du monde annoncée, mais bien les liens qui existent entre Mulder et Sculler plus de vingt ans après. David Duchovny et Gillian Anderson, qui n'ont jamais été aussi à l'aise dans leurs personnages, donnent littéralement corps à des agents épuisés physiquement (Mulder doit porter des lunettes), parfois moralement, et qui sont conscient d'arriver à un tournant de leur vie. Une fin carrière que la saison traite avec un mélange de tendresse et d'ironie bien rodée, et qui permet même au couple d'aboutir enfin à une relation qui se débarrasse des simagrées d'autrefois. Une vraie avancée pour les personnages, qui à revoir les anciennes saisons, sont tout de même resté bien longtemps dans un statu quo peu excitant.

 

the truth is nowhere


D'excellente facture dans sa grande majorité, la saison 11 de The X-Files mérite largement de rester dans les mémoires aussi parcequ'elle contient deux des meilleurs épisodes du show, toutes périodes confondues. A commencer par les retrouvailles avec l'indécrottable Darin Morgan, à l'écriture et à la réalisation, qui se livre dans The Lost Art of Forehead Sweet (les titres français sont toujours aussi pourris, on oublie) à un travail d'équilibriste jubilatoire entre la description désespérée d'un monde contemporain où la notion de « vérité » est pulvérisée dans un désintérêt général, et une mise en abime hilarante de l'histoire de la série. Un certains Reggie se dit avoir toujours été aux cotés de Mulder et Scully (avec extraits d'épisodes et générique refaits à la clef) et tout l'esprit de la série s'effondre dans la farce atomique entre hommage à La Quatrième dimension et copinage déviant avec le Mars Attacks de Tim Burton.
Tout aussi immanquable, Rm9sbG93ZXJz, réalisé par Glen Morgan (frère du précédent et auteur du film Willard), penche plus vers le cauchemar éveillé. Celui d'une nuit où la réalité ultra connectée bascule dans un restaurant de sushi trop high-tech pour être honnête. Economie extrême des dialogues, réalisation froide et parano à souhait, transformation de la moindre trace de technologie en machine à tuer, drones en mode Gremlins... Le segment donne à voir une autre version de la preuve par l'absurde façon The X-Files et c'est assez magistral. Certains se sont vite empressés que qualifier l'épisode d'ersatz de Black Mirror. C'est oublier que là aussi le script s'intègre à la perfection dans l'évolution des personnages et les thématiques profondes de la saison.... Et tout simplement que Black Mirror, comme beaucoup d'autres, doivent tout à l'origine à la création de Chris Carter. Et clairement, après de telles prouesses, on ne peut décemment pas en rester là !

Nathanaël Bouton-Drouard












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Image :
Esthétiquement, la saison prend un peu de distance avec son rendu persistant des années 90. La photographie est ici aussi limpide, pointue et lumineuse que les meilleures séries du moment.... Voir plus élégante encore grâce à un travail admirable sur les noirs et les séquences nocturnes en général. Sur bluray les épisodes sont clairement à leur aise avec des transferts numériques imparables, au piqué massif et à la profondeur idéale.

 


Son :
Retour plus qu'efficace pour des pistes DTS HD Master Audio 5.1 dignes le plus souvent d'authentiques thrillers cinématographiques. Le travail sur les ambiances est subtiles, étouffants, dynamique et enveloppant, sans jamais bien entendu dénaturer l'équilibre des dialogues, voir attendrir les quelques scènes plus musclées (dans le dernier épisode essentiellement).

 


Interactivité :
La production livre de nouveau un programme complet pour accompagner la fournée d'épisodes. Deux commentaires audio permettent à certains membres de l'équipe d'explorer précisément les méthodes de l'équipe de Chris Carter, tandis le making of de presque une heure sur l'intégralité de la saison se révèle particulièrement riche en participations, évoquant le système des « fiches » pour la construction des épisodes, les souvenirs de tournage, le retour sur certaines locations bien connues... Le franc parlé et la bonne humeur générale change clairement par rapport aux bonus habituels des séries TV, tout comme le ton presque licencieux de l'interview croisée entre Duchovny et Gillian enregistrée en aparté.
Tout cela se visionne avec plaisir, à l'instar du bêtisier ou du segment pertinent sur « l'effet Scully » soit l'impact du personnage sur un nombre important de femme qui se sont lancées dans des carrières scientifiques et intellectuelles. Petit cadeaux pour les nostalgiques,
Implanted Memories, est un retour sur les 25 années de la série avec les morceaux choisis de chacun et l'évocation de l'époque où la série faisait vraiment évènement.
On notera aussi la petite featurette Green Production qui fait suite à un équivalent dans le coffret précédent, démontrant que Carter accompagne le propos par des actes, en poussant la production vers l'utilisation de matériaux écologiques, et ici en donnant les denrées de cantine non utilisées à une organisation qui les redistribue dans des fondations sociales.

Liste des bonus : Commentaires audio sur les episodes 6 (Kitten) et 10 (My Struggle 4), Green Production (5'), Conversation dans les studios Fox (14'), The Scully Effect (16'), Solve for X : constructing Season 11 (50'), Implanted Memories : 25 years of the X-Files (43'), Bêtisier (5')

 
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