READY PLAYER ONE : ULTIMATE EDITION
Etats-Unis - 2018
Image plateforme « Blu-Ray »Image plateforme « Bluray 4K »
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Réalisateur : Steven Spielberg
Musique : Alan Silvestri
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français Dolby Atmos True HD et DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français, anglais, espagnol, néerlandais…
Durée : 140 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 8 août 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
2045, le monde est au bord du chaos. Son salut se trouve dans l’OASIS, un univers virtuel créé par le brillant James Halliday. Avant de disparaitre, celui-ci décide de léguer sa fortune à qui découvrira l’œuf de Pâques dissimulé dans le jeu. La chasse au trésor attirera la moitié de la planète.
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I want to be a geek !

C'est un euphémisme de parler d'un film de Steven Spielberg comme d'un événement cinématographique. Expression souvent galvaudée, celle-ci prend toute sa démesure quand le génie revient sur le devant de la scène avec un film qui brasse les genres sur laquelle sa renommée s'est bâtit dans les années 80. Film nostalgique sur la culture Geek, le metteur en scène s'en accapare pour en livrer un film somme et générationnel.

Après la déconvenue aussi bien artistique que critique de son Bon Gros géant, qui n'a de magique que le fait de voir Spielberg quitter le giron Disney à qui il devait encore un film ; le voir revenir sur un projet aussi casse gueule avait de quoi inquiéter. Avait-il encore son mojo légendaire après la fausse route de son film précédent ? Ses dernières œuvres le voyaient plus ancré dans des projets personnels (Lincoln, Le Pont des espions) que sur des métrages axés grand public. Initialement prévue pour David Fincher avant de passer entre les mains de Robert Zemeckis, Spielberg n'était pas chaud pour s'atteler à cette adaptation dont il n'était pas l'initiateur. Le sujet s'inspirant largement de l'imaginaire de ses œuvres précédentes. Le risque de l'auto référencement pourrait s'avérer fortement handicapant pour le cinéaste.
Ernest Cline, l'auteur du roman ne cache pas ses influences. Quasi inconnu du grand public, son seul titre de gloire notoire était d'avoir écrit une comédie sur une bande de geeks qui tentait de s'introduire chez George Lucas afin de lui dérober le script de l'épisode I de Star Wars. Intitulé Fanboys, le titre nous montre bien à qui nous avons affaire. Player One son premier roman pousse le concept de la geekattitude à son paroxysme brassant à tour de bras toute la culture « adulescente » que ce soit en termes de cinéma, jeux vidéo version retrogaming et musique new wave dans un monde futuriste. Ou comment les enfants des années 80 ont créé un univers où ceux des générations futures vont se réfugier pour oublier le monde que leur père leurs ont laissé.

 

Insert coin


Démarquage intelligent du roman, Ready player One peut passer pour une version 2.0 du livre. Radicalement différentes dans les épreuves à affronter, celles-ci en deviennent plus accessibles pour les spectateurs en négligeant le coté autiste de Cline, obnubilé par les consoles période Atari 2600. Spielberg et ses scénaristes équilibrent habilement les références cinéma et jeux vidéo pour notre plus grand plaisir. Brossé dans le sens du poil, le spectateur s'amuse à repérer son personnage de jeux vidéos ou de films préférés qui se cache à l'écran à la manière d'un « Ou est Charlie ? » (les personnages de l'écurie Warner, maison productrice du film sont particulièrement présents à l'inverse de ceux de Star Wars que Disney a refusé de céder pour les besoins du film). Chaque plan regorge de clins d'œil nécessitant plusieurs visions pour tous les repérer (un wicki lui est même totalement dédié). Mais le plaisir ne s'arrête pas là puisque le metteur en scène pousse une fois de plus les limites de la cinéphilie et de la mise en scène, se réappropriant au détour d'une séquence le Shining de son ami feu-Kubrick en plongeant ses personnages au sein du mythique hôtel Overlook et de sa chambre 237. Visuellement bluffant, la 3D prend ici toute son importance.

 

Play Again


Bien sûr, son côté référentiel est son principal atout mais aussi sa principale limite. Le film risque de perdre de sa prestance au fil des visions une fois les nombreuses icones identifiées. Contrairement à Minority Report, autre film d'anticipation de tonton Spielberg qui se bonifie comme du bon vin, le passage du temps sera son juge. Dans ce film hommage, le metteur en scène a préféré s'oublier par crainte de s'auto congratuler. Rares sont les metteurs en scène aussi humbles. Par contre, s'il sait se mettre en retrait, il n'oublie pas les copains qu'il a produit jadis via sa société Amblin, Richard Donner et son cultissime Goonies, Joe Dante et ses Gremlins et bien entendu Robert Zemeckis avec la Delorean et le « Zemeckis-cube » qui a le pouvoir de contorsionner le temps.
Occupé par le score de Pentagon Papers que Spielberg tourna avec maestria pendant la postproduction de Ready Player One, John Williams passe la main à Alan Silvestri. Le compositeur de Retour vers le futur s'aura s'adapter parfaitement à l'atmosphère du film en livrant un score enlevé en parfaite alchimie avec les hits de Van Allen, Blondie et autre Depeche Mode qui parsèment le film. De leurs côtés, les acteurs sont au diapason et arrivent à donner corps à leur avatar où leurs alchimies au sein de l'univers virtuel fait son petit effet (ah la scène de danse en apesanteur sur fond de Bee Gees)... Petit bémol tout de même pour Mark Rylance (dans le rôle du créateur de l'OASIS), nouvelle muse de Spielberg depuis Le Pont des espions qui n'arrive pas à donner ce petit grain de folie que son personnage aurait mérité avoir.

Mené à 100 à l'heure par un Steven Spielberg septuagénaire qui a bercé la jeunesse de nombreuses générations, Ready player one est ce plaisir coupable qui nous donne envie de retrouver l' « œuf de Pâques » qui sommeille en chacun de nous.

Cédric Lemaire


















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Image :
Enième preuve que sans le talent la technique n'est rien, voici l'édition Ultimate de Ready Player One qui démontre en trois temps tout la maitrise de la technique moderne par le très grand Steven Spielberg. Oui, sa connaissance se ressent jusque sur les disques Home Cinéma. De toute façon, le «simple» bluray est d'emblée une démonstration de force avec son image puissante, variée et profonde, mais gageons que ceux qui se sont procuré le pack Steelbook en question ont opté pour l'un des deux autres choix.
On enchaine donc avec le UHD issu de la même source 2K, optimisé pour le support 4K donc, mais qui pourtant recèle de nouveaux trésors comme ces teintes plus naturellement dégradées et variées, et une définition du tableau d'ensemble presque suffocant. Les meilleurs gains ici restant les séquences « réelles » qui offrent à la photographie faussement ternes des subtilités à peine percevable sur le bluray de base, avec un grain de pellicule admirablement rendu.
Reste encore à déflorer le Bluray 3D, là aussi produit en post production, comme la plupart des blockbusters actuels. Un gadget ? Pas du tout puisque depuis toujours la mise en scène de Spielberg intègre organiquement la profondeur dans son dispositif et toutes les séquences dans l'Oasis sont là pour le démontrer, envoyant valser sous la multitude d'effets, de niveaux et de jaillissements, toutes les grosses productions actuelles. Le boss est dans la place.

 


Son :

Nouveau standard sonore, c'est encore une fois le Dolby Atmos qui s'offre la plus belle place avec un spectacle explosif et intense qui s'engouffre généreusement dans la frénésie des séquences virtuelles. Les références et clins d'œil sont aussi présents que visuellement. Le dispositif est des plus dynamiques, fluides et racés, sans jamais perdre de vue une finesse générale où vient s'inscrire élégamment le travail musical d'Alan Silvestri. L'ensemble est bien entendu parfaitement équilibré et harmonieux.

 


Interactivité :
Il amusant de comparer le making of proposé sur le Bluray de Pentagon Papers et celui de Ready Player One. Sujets mis à part, l'un est un exercice presque safe pour le metteur en scène qui s'entoure d'un casting de collaborateur fréquent. L'autre est un énorme pari technique et narratif portée par de jeunes acteurs. Le documentaire de l'un est franchement timide et sans grand relief. Celui du second est une plongée complète dans les recherches visuelles d'un Spielberg qui retrouvent ses expérimentations du premier Tintin. Sa découverte du roman (on passera sur les interventions de l'auteur-fan tête à claque), son choix très réfléchi des interprètes principaux, le passage du tournage en motion capture (numérique) à la respiration collégiale lors des séquences réelles sur pellicule... Tous les points sont abordés avec une pertinence et une précision qui associé à des thèmes sur les designs, décors, costumes, le mixage sonore et la bande originale, poussent l'ensemble à la lisière des 2h rondement menées.

Liste des bonus : Bluray 4K, Bluray 3D, Bluray, Les années 80 : l'inspiration (6'), Déchiffrer le code (57'), Les effets spéciaux d'un nouveau monde (25'), Niveau supérieur : le son du futur (8'), Meilleur score : fin de partie (10'), L'Excellente aventure d'Ernest et Tye (12').

 
 

Texte supplementaire de l'article

 
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