INCIDENTS DE PARCOURS
Monkey Shines - Etats-Unis - 1988
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Incidents de parcours »
Genre : Thriller, Horreur
Réalisateur : George A. Romero
Musique : David Shire
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 113 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 7 août 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Incidents de parcours »
portoflio
LE PITCH
Brillant étudiant en droit, Allan Mann est victime d’un grave accident. Désormais tétraplégique, il ne pense qu’à une chose : mettre fin à ses jours. Tout change le jour où un ami scientifique lui offre l’assistance d’Ella, un petit singe si intelligent et bien dressé qu’il retrouve goût à la vie. Mais, bientôt, Ella se montre très possessive. Dangereusement possessive…
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Liaison fatale

Boudé à sa sortie (de toute façon pas franchement soutenue par les distributeurs) Incident de parcours a longtemps fait tache pour beaucoup dans la filmographie de George A. Romero que l'on continue tristement à réduire de sa série des « Living Dead ». Mais Ella ne serait-elle pas « le chainon manquant » ?

Une figure du morts-vivants dans laquelle il se sentait de toute façon enfermé, obligé dans les dernières années de sa carrière de remanier des projets personnels en retours de zombies pour réussir à les faire produire. Pas question de dénigrer ici des chefs d'œuvre comme La Nuit des morts-vivants, Zombie ou Le Jour des morts-vivants, mais Romero n'a jamais caché son plaisir et son affection profonde pour tous ses projets «annexes». Entre l'intime Martin, le libertaire Knightriders ou le maladroit Bruiser, Incidents de parcours (encore un titre français à la masse) a de toute façon une place à part, celle de l'une des rares incursions de l'indécrottable de Pittsburg dans le système des studios. Orion Pictures (Terminator, Robocop, Le Silence des agneaux...) en l'occurrence, alors un studio se vantant comme un terreau de création pour les auteurs atypiques, mais qui n'hésita pas, bien entendu, à livrer le film en pâture aux séances tests et à imposer une fin plus heureuse... Là où Romero optait pour un horizon plus sombre, ressemblant à s'y méprendre à un La Planète des singes Les Origines avant l'heure. De quoi créer une certaines suspicion chez les amateurs de cinéma d'horreur et de genre en général, qui s'étonne aussi de l'apparence très sage d'un thriller économe en effusions de sang.

 

petite mais costaude


Pourtant, loin de la simple commande, Monkey Shines expire à chaque plan (excepté les quelques dernières images bien entendu) la personnalité de son géniteur qui voit dans cette rencontre un peu trop symbiotique entre un jeune homme tétraplégique et une singe capucin, une nouvelle occasion de scruter la nature profonde de l'homme. D'un coté l'image du savant fou (figure moderne), s'enfonçant dans une cérébralité destructrice, de l'autre l'homme-corps (voir son physique sculptural des premiers plans) réduit à son animalité, à ses instincts. Civilisation contre pulsions primitives, sentiments amoureux contre désirs meurtriers ou possession maladive... Le film est véritablement une œuvre passionnante, d'autant que son réalisateur se bat constamment à l'écran pour en préserver l'ambivalence, préférant laisser planer le doute sur la relation douteuse entre l'homme et l'animal. Qui pousse l'autre à tuer ? Maitre ou esclave ? Véritable amour contre-nature ou instrumentalisation du règne animal ? Les questions sont posées frontalement, mais les réponses resteront intelligemment en suspens. Une authentique création de George A. Romero donc, où la surprise viendrait plutôt finalement de la mise en scène proprement dit. Moins économe et discret qu'à son accoutumée, Romero embrasse constamment un dispositif soigné et habile, opposant l'agilité de la femelle singe (la meilleure actrice du film ou presque) et l'immobilité de l'homme qu'elle est censée accompagner, rapprochant peu à peu les deux dynamiques jusqu'à une dernière bobine en forme de huis-clos au suspens imparable et jubilatoire. L'ombre d'Hitchcock n'est jamais très loin, jusque dans cette double identité du tueur, alternant le visage de l'innocence et celui de la colère pure, et cette recrudescence de personnages féminins castrateurs. De là à dire que c'est Psychose avec du poil autour...

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Hérité d'un transfert datant de 2014 (ce qui n'est tout de même pas si loin) le bluray d'ESC Distribution propose donc une copie assez propre installée dans un 1080p solide. L'image a été manifestement nettoyée et ne laisse plus filtrer que quelques très rares perditions, et ce sans jamais se perdre dans un lissage numérique. Le grain, la plupart du temps présent mais agréable, peut s'imposer un peu trop ouvertement dans les séquences sombres, tandis que les couleurs, largement plus soutenues que sur les tristes DVD, ont un peu tendance à rosir les visages des acteurs. Le piqué et la profondeur sont de la même façon fluctuant tout au long du métrage, faisant penser qu'il est possible, moyennant de gros investissements, d'améliorer encore le film en HD.

 


Son :
Rien à reprocher par contre aux mixages DTS HD Master Audio 2.0 qui tout en respectant la stéréo d'origine et ses petits effets latéraux bien sentis, y apporte un confort d'écoute plus fluide et ample.

 


Interactivité :
On reconnait la méthode récente des bonus de l'éditeur avec en premier lieu un livret de 24 pages et une présentation filmée (avec des bouts d'interview de Romero dedans) du journaliste Julien Sévéon. Il replace le film dans la carrière du cinéaste, évoque sa réception publique difficile, délivre quelques anecdotes de tournage et ouvre quelques pistes de lectures en lien avec le reste de la filmographie du bonhomme. Du classique, là où les américains peuvent visionner un making of brillant de près d'une heure, écouter le commentaire audio de Romero et achever le tout en découvrant la fameuse fin alternative... Voilà, voilà...

Liste des bonus : Un livret de 24 pages par Marc Toullec, Entretien avec Julien Sévéon (28'), Bande-annonce

 
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