SUKIYAKI WESTERN DJANGO
Japon - 2007
Image plateforme « DVD »
Image de « Sukiyaki Western Django »
Genre : Western
Réalisateur : Takashi Miike
Musique : Kôji Endô
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français Dolby Digital 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français
Date de sortie : 26 novembre 2008
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Sukiyaki Western Django »
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LE PITCH
Deux clans s’affrontent, les Genjis, le clan blanc dirigé par Yoshitsune et les Heike, le clan rouge de Kiyomori, pour la possession d’un trésor caché dans un village de montagne isolé. Un jour, un tueur solitaire et habile débarque dans la ville…
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Kill Them All!

Héros mythique du western italien créé par un Sergio Corbucci au plus haut de sa forme, Django fait un détour par le japon. Un détour coloré et totalement flingué par la patte incomparable de Takashi Miike, qui nous l'assaisonne à la sauce Sukiyaki. C'est clair, ça change des spaghettis.

Cinéaste extrêmement (trop ?) productif, Takashi Miike a immédiatement marqué sa différence dans le paysage cinématographique moderne en s'inscrivant dans une démarche de mercenaire. Non pas à la mesure de yes-men stériles à la mode hollywoodienne, mais bien en acceptant n'importe quelle commande pour mieux la transformer de l'intérieur, transgresser le genre et le transformer à son image. Une forme d'urgence et d'aveuglement qui entraîne un rythme de production pouvant avoisiner jusqu'à dix films en une même année. Au milieu de ses, déjà, 78 réalisations, on trouve donc à boire et à manger, pas toujours du plus facile à digérer, même si en général le bonhomme a le talent de sauver son pitch, son ouverture et son grand final. En définitive, malgré toute la sympathie que l'on peut avoir pour ce type de frénésie de la création, seules quelques unes de ses productions aboutissent véritablement à un produit fini, maîtrisé de bout en bout et constituant sa propre logique dans sa folie. A ce titre Sukiyaki Western Django, aux côtés de Ichi the Killer, Visitor Q ou Audition, est l'une de ses plus belles réussites.

Le Cerceuil dans le dos

Relecture postmoderne du western spaghetti, la péloche effectue en même temps le grand écart entre le shambara nippon et les trench-coats de Leone en se basant sur un énième remake de Yojimbo / Pour une poignée de dollars. Cette double appartenance apparaît d'ailleurs frontalement : samurais renégats d'un côté, colts et ruée vers l'or de l'autre. Metteur en scène de talent pour peu qu'il s'applique à son art, Miike laisse éclater sa grande maîtrise du Cinémascope, opposant à loisir les grands espaces et les prisons intérieures, les couleurs antinomiques des deux clans, ou encore l'excessivité du mouvement et l'immobilisme du héros. Une déclaration d'amour à deux genres populaires qui passe évidemment par l'angle punk du cinéaste qui, à des personnages d'une bêtise crasse chez les ritals, préfère la folie pure et simple, s'offrant même un sheriff possédé par une double personnalité à la manière de Gollum. Entre tragédie excessive, comédie foldingue et gunfights hallucinés, Sukiyaki Western Django joue les équilibristes et hypnotise autant qu'il amuse. Sommet attendu du film, Quentin Tarantino se fend même d'une participation surprenante et cabotine dans un décor de carton pâte, histoire d'affirmer les connexions évidentes entres les deux filmographies.
Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Lorsque Takashi Miike joue avec les couleurs, ça explose bien sûr dans tous les sens. Des teintes qui s'entrechoquent, vives, marquées et contrastées, qui laissent d'ailleurs évaluer le travail solide de l'encodage au résultat des plus satisfaisants. Une image toujours parfaitement définie et une compression solide donnent visuellement à Sukiyaki Western Django l'ampleur dont il avait besoin.

 

Son :
Sans doute trop habitué à travailler directement pour le marché de la vidéo, Miike ne propose pas souvent de pistes sonores aussi allumées que ses films. Encore une fois la présente réalisation reste largement en retrait de ses possibilités malgré du Dolby Digital 5.1 français et anglais (et quel anglais !). Une spatialisation surtout concentrée sur les enceintes avants et qui ne laisse que quelques petits effets discrets siffler aux oreilles. On aurait aimé que la différence avec les deux pistes stéréo soit plus marquée.

 

Interactivité :
Gros détour du côté du tournage avec un making of de près d'une heure qui se concentre essentiellement autour d'une multitude de petites interviews du casting et du réalisateur. Des propos un peu trop sages et dispensables qui alourdissent l'aspect « indiscret » de la réalisation de ce doc, lequel réussit tout de même à grappiller quelques petits instants amusants. Une petite déception qui se poursuit malheureusement avec « l'interview » de Quentin Tarantino qui se résume en fait à trois interventions du bonhomme pendant une conférence de presse où le seul petit moment excitant est son évocation d'un Macaroni Samourai Eastern Zatoichi. C'est court. Du coup, l'habituelle featurette sur les effets numériques n'en paraît que plus pertinente avec une réelle précision dans les explications.


Liste des bonus : Making of (51'), Interview de Tarantino (3'), Effets spéciaux (11'), bandes annonces

 
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