IRMA LA DOUCE
Etats-Unis - 1963
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Irma la Douce »
Genre : Comédie
Réalisateur : Billy Wilder
Musique : André Previn
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 143 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 24 avril 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Irma la Douce »
portoflio
LE PITCH
A Paris, dans le quartier des Halles, les prostituées et leurs souteneurs vivent en bonne intelligence avec les gens de la police. C’est alors que débarque Nestor Patou, flic droit, honnête et naïf. Il ne tarde pas à tomber amoureux d’Irma la Douce, la plus populaire des prostituées de la rue.
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entre des mains expertes

Après l'échec de la charge anti-américaine Un, deux, trois, Billy Wilder renoue avec le duo mémorable de La Garçonnière pour une nouvelle comédie sentimentale défiant les bonnes mœurs. Des retrouvailles en plein cœur d'un Paris enchanteur.

Il serait d'ailleurs aisé de voir là un filet de sécurité pour le maitre de la comédie américaine, tentant de se refaire sans heurt en rejouant l'affiche glorieuse du sublime La Garçonnière. Jack Lemmon dans la défroque d'un petit gars attachant et naïf ; Shirley MacLaine (si belle) en créature moderne, espiègle mais un peu perdue ; vision «incorrect» de la romance et sous-entendus, de plus en plus entendus, sur leurs explorations sexuelles... Les parallèles sont évidents tout comme quelques atours de Certains l'aiment chaud (où comment réveiller une libido soit disant disparue)... Mais Wilder prend violement les spectateurs de 1963 à revers. En adaptant Irma la Douce tout d'abord, comédie musicale français à succès ayant occupé l'affiche de bons mois à Paris, Londres ou Broadway, mais dont il évacue tous les numéros musicaux ! Quitte même à ne reprendre que vaguement une chanson réputée, Dis-donc, laissant au compositeur André Previn (La Grande combine) le soin de tout réinventer. Une liberté qui n'est absolument pas aux goûts de ses contemporains, tout comme pour beaucoup, le mélange incessant entre les différentes natures de l'œuvre.

 

la main au panier


Une forte théâtralité totalement assumée, s'effeuillant joyeusement comme du Vaudeville généreux et décontracté, une comédie amoureuse tendre amer entre pseudo-réalisme social et naïveté hollywoodienne, que le metteur en scène finit de toute façon par transformer en fable, en conte de fée, avec bon génie déguisé en barman bavard et un happy-end branquignol. Un peu comme une danse insaisissable qui certes à tendance à perdre de son efficacité dans la longueur et à s'étendre un peu facilement sur un quiproquo (Nestor Patou se faisant passer pour un Lord anglais afin d'avoir sa belle en exclusivité) qui en devient poussif, mais comme toujours avec Wilder, Irma la Douce a cet aspect irrésistible et délicieux que seuls assurent des dialogues riches et tranchés, et bien entendu un duo principal à l'alchimie dynamique et naturelle. Lemmon est parfais en double (triple) rôle, jubilant avec un faux accent anglais, trébuchant avec élégance ou rappelant Buster Keaton par sa maitrise du gag tragicomique, tandis que MacLaine, seule actrice capable de faire tomber les hommes en collant vert, rivalise de badinerie avec son petit air mutin légendaire. Et puis comment ne pas craquer sous l'évocation fantasmée de ce quartier populaire de Paris ? Une merveille entièrement reconstituée en studio par l'équipe de La Garçonnière soit le génial Alexandre Trauner (L'Homme qui voulu être roi) aux décors, et le pointu Joseph LaShelle (Laura) à la lumière. Un technicolor qui en met plein les mirettes, pour un quartier des Halles encore populaire et un bitume où s'ébattent superbes prostitués et mac « pas si méchant que cela », parlant de « poules », « flic » et buvant une « suze » le tout dans la version anglaise please ! Jean-Pierre Jeunet avait-il revu le film avant de tourner son Amélie Poulain ?

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Chose étonnante, il semblerait que la France soit le premier pays à profiter de Irma La Douce en copie HD. Aux USA l'objet est annoncé par Kino Lorber, mais par chez nous c'est Rimini Edition qui délivre une copie restaurée assez harmonieuse. Jamais parfaite cependant on aperçoit régulièrement quelques restes de griffures ou de taches et surtout une poignée de minutes en ouverture assez instable, mais cependant très convaincante. Tout simplement parce qu'une fois passé ces petits défauts le piqué est présent, la profondeur souligne admirablement la direction artistiques, et les couleurs sont aussi chaleureuses que pétantes. Ca manque parfois d'un peu de grain (le DNR serait-passé par là ?), mais comme le Bluray donne à voir les taches de rousseur de Shirley, on pardonne tout.

 


Son :
Logique, seuls les mono d'origines sont présents ici, avec bien entendu une nette préférence pour la version originale, plus juste et dynamique. Dans les deux cas en tout cas, le rafraichissement a été effectué, avec une clarté très agréable et un équilibre plus marqué qu'autrefois. Le tout délivré dans de tout nouveaux DTS HD Master Audio 2.0 de circonstance.

 


Interactivité :
Après La Garçonnière, Rimini Edition livre une nouvelle édition collector pour un film de Wilder. Un peu en avance sur ses collègues européens, l'éditeur français en est par contre quitte pour produire intégralement ses suppléments, conceptualisés directement dans la foulée (on s'en doute) du bluray précédent. Soit une nouvelle conversation passionnée et instructive entre deux journalistes spécialisés, et une rencontre avec l'ayant droit d'Alexandre Trauner qui révèle quelques superbes photographies prises en pré-production dans le véritable quartier des Halles. Enfin, pour resituer le projet original d'Irma la Douce, Laurent Valière retrace lui la naissance et les évolutions de la comédie musicale bien franchouillarde. A noter que tout cela, ou presque, est parfaitement résumé dans le livret d'une vingtaine de pages rédigées par Marc Toullec.

Liste des bonus : Livret, Conversation entre les journalistes Olivier Macheret (Le Monde) et Frédéric Mercier (Transfuge), Interview de Laurent Valière (France Culture) à propos de la comédie musicale originale, Les décors d'Irma la Douce conçus par Alexandre Trauner.

 
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