TUEUR à GAGES / LE DAHLIA BLEU
This Gun for Hire / The Blue Dahlia - Etats-Unis - 1942 / 1946
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Image de « Tueur à gages / Le Dahlia bleu »
Genre : Policier
Son : Anglais 2.0 mono, Français 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 174 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 6 mars 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Tueur à gages / Le Dahlia bleu »
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LE PITCH
Tueur à gages, Phillip Raven s’aperçoit que son dernier contrat est payé avec de faux billets. Décidé à se venger et poursuivi par la police il fera la rencontre d’une chanteuse de cabaret qui n’est autre que la fiancée de l’inspecteur qui le traque. De retour de l’armée Johnny Morrison rentre à la maison pour découvrir sa femme dans les bras du propriétaire du night club « Dalhia Bleu ». Retrouvé morte le lendemain, les soupçons se portent automatiquement sur le mari.
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films étalons

Un an seulement après la sortie du Faucon Maltais, le film noir avait déjà pris son envol avec son lot de films tournés à la chaîne. Explorant les contrées encore vierges du genre, Tueur à Gages et Le Dalhia Bleu vont essayer de s'imposer.

Codifié et ultra référencé, le film noir a fait date avec son nombre de chefs d'œuvres et de parodies. Il suffit d'entendre une voix off, voir un policier arborant un imper dans la pénombre pour comprendre qu'une pépée aussi énigmatique que fatale va se jouer du héros. Si ses films sont rentrés dans la prospérité, ce n'est pas tant par leurs qualités filmiques que par le background qu'il représente. L'éclosion d'acteurs sur le point d'être starifiée. Quelques peu oubliés aujourd'hui, Alan Ladd et Veronica Lake furent des icônes échappant de peu au statut de culte comme pouvaient l'être les mythiques Humphrey Bogart et Lauren Bacall pour lesquels ils sont un peu la version low coast. Nous sommes donc ici en territoire connu et ces films sont des fleurons du genre. Il pourrait même en être des prototypes.

 

parodique avec l'âge


Le scénariste de Tueur à Gage, W.R. Burnett, n'en est pas à son coup d'essai et avait déjà œuvré sur le script de Scarface qu'Howard Hawks avait porté à l'écran en 1932. Tiré d'une nouvelle de Graham Greene, le script mélange habillement le polar sur fond de complot mêlant d'obscurs industriels jouant du trafic d'armes en période de guerre. Constat malheureusement toujours d'actualité, ces profiteurs vont payer leur homme de main avec de faux billets entrainant malgré eux une vendetta de la part de celui-ci. Se contentant d'illustrer son film, l'impératif de Frank Tuttle est avant tout d'imposer son duo d'acteurs. Mission accomplie haut la main. Récupérés par la culture populaire, ils sont rentrés au panthéon de l'iconographie américaine en manque de stars dans la période troublée de la seconde guerre mondiale. Ce n'est pourtant pas par leur jeu qu'ils se sont illustrés. Ladd semble constamment ailleurs dans son interprétation froide et distanciée. Mais le public féminin l'a adoubé, craquant sur son côté ténébreux et torturé. Lake, femme fatale au regard pénétrant et au brushing impeccable pousse la chansonnette au point de mettre en émoi tout mâle trainant dans le secteur. Sa coupe de cheveux fit la joie des coiffeurs durant les années 50 (Kim Basinger s'en inspire ouvertement dans le L.A. Confidential d'après James Ellroy)

 

une éclosion dans la douleur


Quatre ans plus tard, le studio remet le couvert avec Le Dahlia Bleu sur un scenario de Raymond Chandler (Assurance sur la mort, Le Grand Sommeil) où un militaire sur le retour se retrouve accusé du meurtre de sa femme qui le trompait. Plus maitrisé que le précédent, le film se réalisa dans la tourmente. Marshall récrivant les dialogues au jour le jour sans tenir compte des recommandations de l'écrivain. Résultat : des moments de légèreté dans un monde de brutes que renia son auteur. Le scenario fut tout de même nommé aux oscars et son titre inspira à James Ellroy son scénario du Dalhia Noir que Brian DePalma adapta en 2006. Alors que reste-t-il de ces films aujourd'hui ? Si le genre en était à ses prémices à l'époque, ces films noirs apparaissent davantage comme une parodie aux yeux des spectateurs de ce jour. Jeux limités, montages approximatifs, doublages dignes d'un soap, il n'est pas simple de ne pas sourire devant le manque de sérieux de l'aventure. Pourtant ils se posent là plus comme des tranches d'histoire à contextualiser que comme les films mythiques tels que l'on voudrait nous les vendre.

Cédric Lemaire






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Image :
Sans contexte retravaillée, elle a tendance à manquer de piqué. Si la copie du Dahlia Bleu garde un piqué de très bonne tenue, la conservation de la copie de Tueur à gage n'a pas pu bénéficier des meilleures conditions possibles. Néanmoins l'éditeur a fait son possible pour nous fournir une image propre avec un minimum de souillures.

 


Son :
Il faut privilégier la version originale tant la piste française souffre d'un souffle constant rendant parfois les dialogues difficilement audibles. La mouture anglaise sans être pour autant remarquable profite mieux de la spatialité des canaux qui ne vient pas entraver la compréhension sonore de l'histoire.

 


Interactivité :
Habituelle présentation du film qui n'apporte pas grand-chose en terme de contenu. Les intervenants ont tendance à se répéter sans faire vraiment d'analyse filmique. Le duo Ladd/Lake est plus mis en avant que les films eux-mêmes. Intéressante rétrospective sur la carrière d'Alan Ladd qui connut son heure de gloire dans les années 50.

Liste des bonus : Présentation de Tueur à gages par François Guérif (19'), Documentaire sur Alan Ladd (56'), présentation du Dahlia Bleu par Bertrand Tavernier (27'), présentation du Dahlia Bleu par François Guérif (14'), présentation du Dahlia Bleu par Patrick Brion (8').

 
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