LE MERCENAIRE DE MINUIT
Invitation to a Gunfighter - Etats-Unis - 1964
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Western
Réalisateur : Richard Wilson
Musique : David Raksin
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 23 janvier 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Mercenaire de minuit »
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LE PITCH
1865, Nouveau-Mexique. La guerre de sécession vient de se terminer. Matt Weaver revient dans sa ville natale pour s’apercevoir que la ferme familiale a été vendue durant son absence. Après s’être confronté aux autorités de la ville, celle ci engage un mercenaire pour se débarrasser de lui.
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no place for losers

Au milieu des années 60, l'âge d'or du western américain classique est passé. Il faut désormais compter avec des productions plus baroques, plus crépusculaires, plus européennes aussi, qui vont engager le genre dans des territoires encore inexplorés et brasser des thèmes qui lui étaient jusqu'alors étrangers. Sidonis Calysta, toujours avide de pépites oubliées, propose, dans une belle restauration, l'un de ses représentants les plus originaux.

Engagé dans l'armée confédérée, Matt Weaver (le George Segal de Le Toboggan de la Mort) revient au pays après avoir perdu la guerre. Il y découvre que la ferme familiale a été vendue par le banquier de la ville et est désormais habitée par son ex compagne en couple avec un ancien soldat de l'armée nordiste. Décidé à reprendre ce qui lui appartient, il finit rapidement en prison avant de s'en échapper et de se rendre coupable d'un meurtre. Dépassé par les évènements, le banquier (Pat Hingle, plus théâtral que jamais) décide de louer les services d'un mercenaire pour se débarrasser du rebelle. Mais à peine arrivé sur place, le pistolero prend peur face à un étrange individu tout de noir vêtu qui restait pour le moment dans l'ombre. Après avoir fait parler ses colts et démontrer ses qualités de tireur hors pair, l'étranger va proposer ses services à la ville, qui porte les stigmates du conflit récemment terminé au travers de la présence d'habitants mutilés et parfois alcooliques, et promettre de tuer le criminel.

 

le créole et les mexicains


Si dans sa phase d'exposition et l'ensemble de sa réalisation Le Mercenaire de Minuit (titre français sorti de nulle part car aucun minuit dans cette histoire) reste assez classique, le retournement de son scénario autour du thème du racisme et la présence de Yul Brynner en tueur sophistiqué (qui revêt une nouvelle fois le noir depuis Les Sept Mercenaires) en font un western totalement original. Car le personnage incarné par Segal est bien vite mis de côté, au profit de cet homme mystérieux, d'abord présenté comme un tueur sans pitié à la gâchette facile, avant d'apparaître avec une chemise à jabot en joueur de clavecin qui chantonne des comptines en Français. Un individu exotique qui, dès qu'il révèle ses origines créoles, est vite considéré par la population de la ville comme l'égal des Mexicains utilisés pratiquement comme esclaves (alors que le seul à bien les traiter est l'ancien confédéré traqué). Un rôle en or, pour un acteur de la trempe de Brynner, qui s'en donne à cœur joie et traverse le cadre en ondulant telle une panthère prête à bondir.
Tout le sel du film de Richard Wilson, déjà présent dans la collection western de Sidonis Calysta avec L'Homme au Fusil, se trouve donc là, et dans les scènes qui opposent le personnage à cette ville marquée par la guerre et aux mains d'un notable sans scrupule. Côté musique, le thème central de David Raksin, qui résonne dès la première image, s'installe quant à lui, durablement et finit de donner au film son relief si particulier.

Loin de figurer parmi les westerns inoubliables Le Mercenaire de Minuit mérite donc le détour, ne serait ce que pour découvrir un western un peu autre, parfois gauche, mais qui donne à un acteur irremplaçable une nouvelle et belle raison de s'exprimer.

Laurent Valentin






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Image :
Une fois de plus, le très beau travail de restauration de l'éditeur est flagrant. Les scènes en extérieur sont lumineuses avec, il est vrai, un léger grain mais qui s'allie aux teintes ocres du film et joue en sa faveur en lui donnant presque un relief poussiéreux. Quant aux scènes plus sombres, les noirs y sont profonds, comme ceux du costume noir de Brynner, qui contraste formidablement bien avec tout ce qui l'entoure.

 


Son :
Une simple piste stéréo pour les deux versions présentes sur le disque mais avec assez de panache pour donner du travail aux enceintes, notamment dans un climax plein de bruits et de fureur.

 


Interactivité :
Patrick Brion et François Guérif nous font une nouvelle fois partager leur cinéphilie dans deux entretiens où ils donnent leur avis sur le film et passent en revue ses principaux artisans, du réalisateur aux acteurs en passant par le directeur de la photo et le compositeur. Toujours passionnant. Vient ensuite un documentaire de presque une heure sur Yul Brynner. Bien qu'âgé de plus de vingt ans et probablement, au vu de la qualité de l'image, récupéré d'un vieux master VHS, le film conserve une bonne part d'intérêt en donnant la parole aux propres enfants de l'acteur, des producteurs et acteurs qui l'ont connu. On apprend ainsi ses origines tziganes, son arrivé en France, son départ pour les Etats-Unis où il devint d'abord réalisateur pour la télévision avant de devenir une star de Broadway grâce à la pièce The King and I (qui devint ensuite le film Anna et le Roi). Une bonne façon de lever le voile sur un des acteurs les plus mystérieux et iconiques d'Hollywood.

Liste des bonus : Présentation par François Guérif et Patrick Brion, documentaire « Yul Brynner, l'homme qui devint un roi », bande annonce, galerie photos.

 
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