ROCKY ANTHOLOGIE
Rocky / Rocky II / Rocky III / Rocky IV / Rocky V / Rocky Balboa - Etats-Unis - 1976 / 1979 / 1982 / 1985 / 1990 / 2006
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Drame
Musique : Bill Conti
Image : 1.85 16/9
Son : DTS-HD Master Audio anglais, DTS Français
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 6 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 4 novembre 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
La lente ascension, la lutte pour rester au sommet, la descente aux enfers et le retour inattendu d'un boxeur, étalés sur trente années de sa vie.
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Amis de trente ans

Trente ans ont beau s'être écoulés entre le film original de John G. Avildsen et le sixième opus de la saga, réalisé par Sylvester Stallone himself, Rocky Balboa et son créateur, eux, sont restés fidèles à eux-memes. Cette anthologie le prouve, regroupant les six longs-métrages les plus importants de la carrière de Sly.

 

De coeur, d'âme, de passion et de dépassement de soi, voici de quoi traitait le film de John G. Avildsen il y a près de trente ans, thèmes repris avec sagesse, maturité et philanthropie absolue dans ce qui restera probablement comme le chef-d'oeuvre de Sylvester Stallone. Saga tournée en quasi temps réel, relatant autant l'évolution de l'entertainment à l'américaine que l'expérience propre de sa star (débuts confidentiels, ivresse soudaine de la gloire, passages à vide, remises en question, mégalomanie, désertion des fans et démystification brutale), les Rocky sont ainsi le reflet qualitatif et culturel de leur époque, et dépassent en cela le statut de blockbuster éphémère qui frappe la plupart des grosses machines sorties durant les dix dernières années.

 

Des hauts et des bas

 

Véritable monstre d'émotion, de finesse et d'humanité, le premier épisode peut ainsi sembler daté, ancré au plus profond des seventies, mais il n'en a pas perdu pour autant la moindre pertinence, ni la moindre proximité. Toujours vif et ardent, le drame écrit par Stallone est en lui-même intemporel, ponctué de surcroît par quelques grands moments de Cinéma (le premier rendez-vous avec Adrian, le fameux entraînement, le combat final) et porté par la musique sensationnelle de Bill Conti. Mieux, redécouvrir le métrage a posteriori, avec en tête les pérégrinations futures du personnage et de son entourage (dont Marie, protagoniste phare du sixième opus), en décuple l'impact. Tout aussi poignant, Rocky II gagne également à être revu, la mise en scène de Stallone et le très intelligent développement des enjeux dramatiques valant bien ceux de son illustre modèle. Halte donc aux moqueries déplacées : après revisionnage ce cette saga en six chapitres, dont les baisses de régime comptent autant que les cimes artistiques, vous ne rierez plus jamais en entendant Rocky hurler le nom de sa bien-aimée.

 

La plus belle victoire

 

Véritable aboutissement d'un pamphlet entamé trois décennies plus tôt (pour Vivre, selon Stallone, il faut savoir encaisser les coups, apprendre de ses erreurs, se relever et avancer envers et contre tout), le sixième et dernier opus de la saga renoue scene apres scene avec la pudeur du classique de John G. Avildsen. A des années lumière du spectacle superficiel et de l'arrogance politique d'un Rocky 4, le métrage va jusqu'à transcender l'approche intimiste de son modèle, grâce à une finesse d'exécution et une maturité qui n'appartiennent qu'aux plus grands. L'extraordinaire combat de boxe du dernier acte aura beau repousser les limites du genre, la force première de Rocky Balboa tient avant tout à la subtilité de sa mise en scene (les variations d'échelles au sein des champs / contre-champs valent bien celles d'un Michael Mann), la précision de ses dialogues et une infinité de détails subliminaux (le regard de Marie lorsque celle-ci rencontre pour la première fois Rocky Jr est un bel exemple) qui contribueront à metamorphoser une apparente exploitation de franchise en fresque universelle.

 

La fidélité

 

Se dévoilant autant à l'image que hors-champs (certains personnages, superbement esquissés, s'imposent en dépit d'un temps d'exposition très réduit à l'ecran, et le dialogue évoque régulièrment des instants phares des chapitres précédents), Rocky Balboa répond donc systématiquement, dans sa structure comme dans ses enjeux dramatiques, au script du premier épisode. Ce que l'on pourrait aisément méprendre pour une nostalgie bêtement réactionnaire sert à l'inverse une réflexion feutrée mais jusqu'au-boutiste sur le rôle et la place de l'être humain dans un monde de plus en plus hostile, sa responsabilité vis-à-vis de son propre avenir ou encore l'accès à l'immortalité d'un parent par la transmission à son enfant. Contrairement à ce que lui lance Paulie au cours du premier acte, Rocky n'est ainsi jamais prisonnier de son passé. "Nous sommes le monde dans lequel nous vivons", rétorque tres justement le personnage, dont le Vecu, justement, l'accompagne quotidiennement dans son existence. Le traitement du personnage d'Adrian, dont l'aura protectrice enveloppe la moindre séquence et confère à l'oeuvre une sensibilité sans artifices, à fleur de peau, est à ce titre assez representatif du projet de Stallone : plutôt que d'accepter son deuil, Rocky garde perpétuellement son épouse en mémoire, sa fidelité (à ses proches, donc à lui-meme) l'aidant à sortir grandi de toutes les épreuves. Ici repose l'essence même de la philosophie de l'auteur : l'important, dans la vie, n'est pas de triompher, mais de se donner le courage et les moyens de suivre son coeur.

 

Comme un livre ouvert

 

Poignant de bout en bout (une image aussi simple qu'une fiche statistique indiquant les victoires, mais surtout les defaites et le mémorable match nul de la carrière du boxeur à l'oree du match final a reussi à nous tirer des larmes !), Rocky Balboa se permet enfin d'opposer constamment au sein même du dialogue les notions de culture ("La Jamaique ? Ah oui, près de l'Europe") et d'intelligence (le plaidoyer devant la commission d'attribution des licences), d'interêt et de besoin, d'ambition et de passion. L'occasion pour Stallone de se livrer pour la toute première fois sans retenue aucune, assumant sa carriere, ses échecs et ses victoires avec le calme, la pertinence et l'humilité d'un vieux sage. Beau à pleurer et obsédant bien au-delà de son générique de fin, Rocky Balboa, après tout, est aussi son histoire.

Alexandre Poncet

 

 

 

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Image :

Si l'on excepte quelques fourmillements logiques (certaines prises de vue du public lors du combat final proviennent d'archives du Madison Square Garden), et une poignée de griffures, la copie de Rocky n'a sans doute jamais été aussi belle qu'en 1976. Contrastes forts, couleurs brutes restituées avec fidélité, gros plans détaillés... L'ensemble enterre aisément le travail effectué sur l'édition précédente, de même que les copies des épisodes suivants. Le travail effectué sur Rocky Balboa, le film le plus récent, reste tout particulièrement fidèle au grain et aux contrastes appuyés de l'expérience en salles, la colorimétrie respecte les teintes froides de Philadelphie et les gros plans sur les visages, souvent captés caméra à l'épaule, regorgent de détails. Du beau boulot, soutenu par une compression impeccable.

 

Son :

Si la version française apporte son lot de nostalgie, on ne saurait trop vous conseiller de redécouvrir le métrage en Anglais, l'accent italien et les tics de langage du héros ("you know") tenant une place prépondérante dans l'appréciation de l'intrigue. Sur l'ensemble, bien que la spatialisation ait bénéficié d'un soin maniaque, on regrettera quelques souffles parasites, notamment lors d'une longue scène de dialogue entre Rocky et son futur entraîneur Mickey. La musique de Bill Conti redore toutefois le tableau, ses explosions d'orchestre et de voix n'ayant jamais autant brillé qu'aujourd'hui.

 

Interactivité :

Réalisé par Michael Gillis, déjà responsable des Making of de Ludwig Von B, Misery, Karate Kid ou encore New York 1997 (édition spéciale zone 1), le making of de plus de 70 minutes présent sur le disque de bonus de cette anthologie Blu-Ray passe au crible (et en HD) l'ensemble de la genèse du premier opus, de l'écriture du script par un Stallone alors inconnu à la réalisation pointilleuse de John Avildsen, en passant par la préparation maniaque de chaque interprète. Les anecdotes et les souvenirs émus pleuvent, le tout illustré par des extraits pertinents ou des images de tournage issues des archives personnelles du metteur en scène. Déjà présentes sur les premières éditions, ces excellentes featurettes accueillaient pour l'édition spéciale DVD de Rocky quelques suppléments flambants neufs : une bobine consacrée au tournage révolutionnaire à la steadicam en compagnie de Garrett Brown, inventeur de cette technologie (les amateurs de technique seront aux anges), une autre dédiée aux maquillages impressionnants de Michael Westmore, une excellente interview de Bill Conti lui permettant d'analyser ses propres leitmotivs, une rétrospective bien vue sur le Production Design du film, des images de la séquence finale en super 8, deux hommages en bonne et due forme à Burgess Meredith (Mickey) et au chef-opérateur Jimmy Crabe, une interview d'époque de Sly sur un plateau télévisé à l'américaine... Hélas, le commentaire audio, disparu de la première édition Blu-Ray, n'a toujours pas refait surface.

 

Le nombre des suppléments accompagnant Rocky Balboa, impressionnant, est une chose, leur qualité éditoriale en est une autre. Le making of, divisé en deux sections, est déjà un bel exemple de précision et de sincérité. En un peu plus d'une demi-heure (18 minutes pour la genèse et le tournage, 15 pour la conception du combat final), cette succession d'interviews, d'anecdotes et d'instantanés des coulisses ridiculise la majorité des making of promo de plus de deux heures que l'on a pu subir ces dernières années en DVD. Sylvester Stallone, qui se fend en sus d'un commentaire audio passionné, analytique et diablement pertinent, est la clef de voûte de cette réussite, ses propos éclairant le moindre enjeu dramatique ou le moindre choix artistique du métrage. Le segment consacré au combat (qui était écrit au coup près dans le scénario original) souligne par ailleurs la force de caractère de l'auteur / réalisateur / interprète, qui a suivi un entraînement intensif de près de six mois pour paraître crédible à l'écran. La featurette couvre également la conception visuelle et sonore de la séquence (caméra HD, choix des contre-plongées, enregistrement des bruits de coups, etc.) ainsi que ses enjeux logistiques. Passionnant. Un bonheur n'arrivant jamais seul, le disque se clôt sur vingt minutes de scènes supplémentaires ou alternatives, dont certaines ont des chances de se voir réintégrées dans quelque temps au sein d'un éventuel director's cut (si l'on en croit un extrait du commentaire audio). Vu la beauté de ces quelques moments volés (dont un superbe échange entre Paulie et Rocky), ce ne serait que justice.

 
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