BLADE RUNNER 2049
Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada - 2017
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Blade Runner 2049 »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Denis Villeneuve
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, français, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, espagnol…
Durée : 163 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 14 février 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Blade Runner 2049 »
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LE PITCH
En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seu...
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To Live and die in L.A.

Œuvre majeur du cyberpunk et du cinéma néo-noir, Blade Runner de Ridley Scott marqua à travers les quatre dernières décennies bon nombre de cinéphiles de façon assez irrévocable. Génie visuel de Scott, musique envoutante inoubliable de Vangelis, improvisation légendaire de Rutger Hauer, l'adaptation de la nouvelle de Philip K. Dick possède de nombreuses qualités indéniables, la plaçant souvent en très bonne position dans les tops 10 des cinéphiles de tout horizon. Dès lors, dire qu'une suite était aussi attendue que crainte n'est pas un euphémisme.

Tel un replicant Nexus 6, à l'approche de la fin d'une glorieuse carrière, Ridley Scott décide de se réapproprier les univers qu'il a développés par le passé, afin de laisser une trace, pourtant déjà indélébile, dans l'Histoire du cinéma. Volonté personnelle qui correspond étroitement avec celle des studios pour ressortir sur les écrans des suites ou remaniements de succès populaires établis. Après un retour plus que mitigé avec Prometheus, qui cliva aussi bien les spectateurs peu difficiles que les fans les plus hardcores des célèbres xénomorphes, Scott décide de passer le flambeau, trop occupé par Alien Covenant. C'est finalement le québécois Denis Villeneuve, réalisateur d'Incendie(s), A-lister indéniable adoré et adulé qui hérite des honneurs et des responsabilités. Une décision et une filiation assez logique en somme.

Si le premier film était une oeuvre d'anticipation, cette suite, bien que baptisée 2049, résonne terriblement avec l'actualité. Les ruelles sombres du Los Angeles de 2019, constamment arrosées par la pluie ont laissé place à une zone urbaine écrasée, confinée entre un océan tumultueux et un désert irradié. Au futur immédiat vertical toujours omniprésent s'ajoute une horizontalité s'ouvrant vers l'inconnu, le danger, clivant encore plus une civilisation (les pauvres du désert menaçant soit disant les riches des villes, ça ne vous dit rien?) qui s'est fait une raison sur le sort accordé à la Terre, attendant leur tour pour rejoindre les colonies spatiales. C'est une Terre dévastée pour l'humanité que représente Villeneuve. Chaque plan est encombré par une épaisse pollution omniprésente, qui oblige K (Ryan Gosling), replicant Blade Runner pourchassant ses semblables, à constamment avancer dans un brouillard au sens propre comme au figuré. A ce brouillard dense et crasseux, le réalisateur, tout comme dans Sicario, instaure des frontières symboliques. Ces humains libres de leurs mouvements vivant dans un nuage gris sont ils plus libres que cette I.A. vivant dans une clée USB ? Ou que cette jeune fille au système immunitaire affaiblie condamnée à vivre dans une bulle (comme Travolta) et qui ironiquement, permet aux autres de s'évader par ses créations ? Villeneuve ne délivre pas pour autant une vision pessimiste. Son futur laisse place à l'espoir et un retour aux sources des plus littérales, tel que le québécois le décrit dans cette première scène rurale plaçant la symbolique de l'Arbre de vie au centre du récit.

 

love & death


Sous couvert d'une chasse à l'homme mortelle et impitoyable, Blade Runner posait déjà d'innombrables questions sur ce qui faisait notre humanité, sur le pouvoir de création et le droit de tuer mais aussi celui d'aimer. De l'amour entre un robot et un humain (le dernier montage sorti par Scott en Bluray ne laissait que très peu de doutes sur l'humanité de Deckard) nous sommes passés à celui d'un robot pour une entité virtuelle, Joi, qui n'est pas sans rappeler Her, l'excellent film de Spike Jonze jusque dans certains détails évidents (la scène de sexe avec la prostituée). Une nouvelle façon d'affirmer que l'amour dépasse les barrières codifiées et explose les frontières du genre. Là aussi, le film de Villeneuve résonne avec l'actualité et ouvre un espoir et des possibilités innombrables sur les relations « humaines ».

Les liens entre les films de Scott et Villeneuve sont évidents et principalement thématiques. Pour autant, Villeneuve ne tombe à aucun moment dans le piège de la répétition facile, du remake dissimulé comme bon nombre de productions au même profile sorties ces derniers temps. Blade Runner 2049 n'est pas Blade Runner et c'est une véritable satisfaction. Voir que malgré le poids du chef d'œuvre précédent qui pesait sur les épaules de Villeneuve, malgré l'épée de Damocles qui n'attendait qu'une référence mal placée procurant un fan service séduisant et facile pour tomber, le réalisateur ne s'est jamais dirigé vers la facilité et a réussit le pari de l'affranchissement tout en respectant la filiation. Un résultat en accord avec les thèmes de son film finalement !

 

premiers incendies


Inégal dans son ensemble (on passe parfois de véritables moments de grâce à des maladresses facilement pardonnées), souffrant de quelques longueurs dans son dernier tiers, Blade Runner 2049 n'est pas le film parfait. La Force du premier film venait en partie de la puissance de la musique composée par Vangelis. Ici il n'en est rien. Trop cher (un comble quand on sait que le film a couté 180M $) Vangelis n'est pas retenu. C'est finalement Johan Johannsson, collaborateur fidèle de Villeneuve qui sera retenu...avant de claquer la porte il y a quelques mois. Vangelis refusant de revenir, c'est finalement Hans Zimmer qui viendra boucher les trous pour livrer une de ces partitions les plus insipides depuis très longtemps. Complètement effacée et sans personnalité, la musique du compositeur stakhanoviste est écrasée par la reprise du thème principale de Vangelis le temps de quelques notes dans une dernière scène frôlant l'instant de grâce, témoignant que la différence entre un grand film et un chef-d'œuvre ne tient pas à grand chose.

Blade Runner 2049 n'est pas le film parfait, certes, mais tient la comparaison avec son aîné sans avoir à baisser la tête. Que ce soit la photo magnifique de Roger Deakins, le travail dantesque sur la direction artistique et les décors ou encore les prestations enflammées de l'ensemble du cast (Ford n'a pas été aussi bon depuis Apparences de Zemeckis....il y a 17 ans, Gosling signe peut être sa plus belle performance, Ana de Armas est....envoutante) presque tout le monde a sorti son meilleur jeu. Villeneuve accouche donc d'une œuvre majeure, faisant la somme de son cinéma (le dernier plan relie magnifiquement Incendie(s) et Premier Contact) et montrant la direction à suivre. Quelle chance de savoir qu'il désire s'attaquer à Dune pour son prochain projet !

François Rey
















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Image :
Capturé en digital par une Arri Alexa 4K, Blade Runer 2049 s'élève assez naturellement vers les sommets du support Bluray, et ce malgré un durée plus que conséquente et des bonus bien présents. La compression n'en reste pas moins maitrisée et solide, stable, permettant au travail du maitre de la photo Roger Deakins (Barton Fink, Kundun, Sicario) d'imposer sa beauté et son élégance à chaque plan. Les lignes lumineuses, les matières dé-saturées, les contrastes excessivement et géométriquement marqués, les particules et le fog flottant presque continuellement... Et bien entendu ces échappées renversantes de teintes vives dignes des néons du premier métrage. Magnifique.

 


Son :
Subtiles, harmonieux et particulièrement puissants, les mixages DTS HD Master Audio 5.1 se révèlent bien souvent époustouflants dans la finesse de leurs restitutions. Jouant des ambiances futuristes, mais pas excessives, ou viennent se marier tous les effets fourmillants de l'extérieur et une forme de pureté flottante propre au cinéma de Denis Villeneuve, la partition fait virevolter une douce abeille, résonner une simple note de piano, tout autant que marteler l'impact d'une tête qui traverse un mur ou l'écho lointain des compositions de Vangelis.
Etrange par contre que la branche française de Sony ait choisi un DTS HD plutôt que le Dolby Atmos plus performant encore, présent lui sur la galette US.

 


Interactivité :
Pas forcément aussi incroyable qu'on aurait pu l'espérer, la partie bonus du Bluray se montre cependant efficace dans ses économies. Ainsi le making of se développe par le biais d'un documentaire axé essentiellement sur les évolutions du design, la création des décors ou des costumes et le travail technique sur les lumières ou les SFX. Un bon moyen de retrouver brièvement le grand Syd Mead revenu créer le nouveau Las Vegas, mais aussi de traverser d'authentiques réflexions artistiques avec, en bonus, les apparitions bougonne de Ridley Scott. Un peu court tout de même, surtout qu'aux Etats-Unis le même disque propose un segment supplémentaire, consacré aux acteurs. Reste une poignée de featurettes internet qui racontent rapidement l'univers Blade Runner.
Tout comme d'ailleurs les très attendus courts métrages produits à des fins promotionnels bien entendu, mais permettant de conter quelques évènements se déroulant entre les deux films. Le premier, 2022: Black Out est un très grand moment d'animation confié à l'indispensable Shinichirô Watanabe (Cowboy Bebop) qui rappellera quelques instants des Animatrix. Les deux autres, réalisés par Luke Scott (fils de) sont bien plus courts et font vraiment office d'introduction au film de Villeneuve en illustrant la réunion de Niander Wallace (Jared Leto) avec la commission, où l'évènement qui a permi à la police de retrouver la trace de Sapper Morton (Dave Bautista).

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : « Concevoir le monde de Blade Runner » (22'), « Blade Runner 101 » : 6 documentaires inédits (32'), « De 2019 à 2049 », 3 courts métrages : « 2022 : Blackout » (16'), « 2036 : Nexus Dawn » (6'), « 2048 : Nowhere To Run » (6').

 
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