LES COLLINES DE LA TERREUR
Chato’s Land - Etats-Unis - 1972
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Western
Réalisateur : Michael Winner
Musique : Jerry Fielding
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 99 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 23 janvier 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Nouveau Mexique, 1873. Pardon Chato tue le shérif qui l’avait rudoyé. Quincey Whitmore qui a pourchassé Cochise quelques années plus tôt, se lance sur la piste de Chato à la tête d’une milice de treize hommes. Chato entraîne la patrouille dans le désert et ayant l’impression qu’il a semé ses adversaires, il part capturer des chevaux. Mais les poursuivants trouvent le repaire de Chato, et violent sa femme. De gibier, Chato devient alors le chasseur…
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leurs terres

Deux ans avant le célèbre Un Justicier dans la ville, le réalisateur Michael Winner rencontre pour la première fois le charismatique Charles Bronson dans un western funeste et violent. Déjà dans Les Collines de la terreur, la vengeance est implacable et silencieuse.

Michael Winner / Charles Bronson est aujourd'hui un duo que l'on imagine indissociable,  comme une évidence tant la violence sèche du réalisateur, sa vision jusqu'auboutiste de la loi du talion et sa misanthropie trouve un écho direct dans le visage buriné et le mutisme de l'acteur. Le Flingueur, Le Cercle noir, la série des Death Wich (alias Un Justicier dans la ville et les calamités qui suivent) soit pour la plupart de futurs cartons du polar âpre ou de l'action burnée, dont on trouve d'emblé toutes les qualités (sans les défauts ou presque) dans l'inaugural Les Collines de la terreur. Après un premier western déjà assez réussi, L'Homme de la loi, Winner dévie ici sensiblement de la cour habituelle du genre et entraine rapidement une chasse à l'homme sauvage à travers le paysage américain vers un authentique voyage au bout de l'enfer pour la milice locale.

 

un chasseur sachant chasser...


Une troupe de corniauds constituée de petits truands, d'hommes de main décérébrés, de nouveaux arrivants qui tentent de s'intégrer, et surtout d'une belle bande de racistes odieux et crétins, méchants et cruels, dont l'idée de justice passe loin derrière l'opportunité de mettre à mort l'un de ces sales sauvages. Pour les diriger, le vétéran sudiste incarné par l'impressionnant Jack Palance fait ce qu'il peut pour maintenir la meute. Mais comme le titre américain l'indique, Chato's Land, ces cowboys ne sont pas chez eux, mais sur les terres indiennes, et l'aridité du paysage et de son occupants va rapidement se retourner contre eux. Un survival inversé, un quasi-slasher où finalement le croquemitaine, l'indien incriminé est le seul personnage dans son droit, le seul qui a sa place au sein de ce paysage. Certains y verront une évocation du marasme du Vietnam, d'autres bien entendu une réflexion coup de poing sur la cause indienne, mais dans tous les cas, ce western aux bons airs de série B impose avec une force colossale le charisme sidérant de Charles Bronson, presque totalement mutique, le regard froid, la musculature sèche et tendue, incarnation ultime d'un prédateur qui retourne peu à peu à l'état sauvage. Une gueule idéale pour un métrage à l'ambiance écrasante, souvent malsaine, déshumanisant progressivement une horde déjà peu reluisante dont la morale chrétienne s'effondre entre exécutions sommaires et viol collectif. Ici la mort est omniprésente, tel un vautour posé sur leurs épaules, et achève son festin hors champs après un plan final assez magistral. Pas sûr que les collaborations futures du duo n'aient retrouvé le même tranchant, le même équilibre sur le fil du rasoir.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Production MGM mais distribuée par d'autres éditeurs en Bluray, Les Collines de la terreur n'a pas eu les honneurs d'une restauration à la source. Manifestement retravaillé à partir de la copie déjà fatigué croisé autrefois en DVD, le film gagne effectivement dans l'opération un piqué bien plus creusé, quelques jolis effets de profondeur et des gros plans (souvent zoomés) très précis et retrouvant un tant la superbe d'origine. Malheureusement on est loin du compte avec tout de même des défauts de pellicules (taches blanches, légères rayures) encore très présentes, certains passages retravaillés au réducteur de bruit manquent forcément d'impact, et surtout la photographie générale manque d'intensité, laissant trainer des teintes terreuses et grisâtres qui ne rendent pas vraiment honneur au film. Mais auront-nous mieux un jour ?

 


Son :
Retour en forme pour les mono d'origine, français et anglais, avec un DTS HD Master Audio qui assure une précision et une fermeté nouvelles, apportant un bon équilibrage entre la musique et les personnages.

 


Interactivité :
Petites présentations désormais coutumières pour François Guerif et Patrick Brion qui évoquent chacun à leur manière leur découverte du film, sa tonalité, ses thèmes et bien entendu la rencontre évidente entre le réalisateur et l'acteur. Etrange par contre que les deux critiques se montrent étrangement frileux envers ce western, alors qu'on les a connu plus chaleureux sur des opus bien anecdotiques. Les goûts et les couleurs...

Liste des bonus : Présentation par Françis Guerif (10'), Présentation par Patrick Brion (7')

 
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