LES RôDEURS DE LA PLAINE
Flaming Star - Etats-Unis - 1960
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Western
Réalisateur : Don Siegel
Musique : Cyril J. Mockridge
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 91 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 1 décembre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Rôdeurs de la plaine »
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LE PITCH
Au Texas, à peine la guerre de Sécession terminée, une nouvelle altercation voit le jour entre une tribu indienne et l’armée américaine. Le conflit s’envenime plaçant le jeune Pacer Burton dans une situation délicate : il est un enfant de l’union entre un fermier et une femme de la tribu des Kiowas et il doit choisir son camp…
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star brulée

Entachée par une carrière d'acteur ressemblant plus à un interminable clip et une succession de demoiselles en bikini, Elvis Presley avait pourtant d'authentiques ambitions d'acteur. Rare métrage totalement sérieux de sa filmo, Les Rôdeurs de la plaine est, malgré quelques faiblesses, un beau western, crépusculaire et engagé.

Logique donc que ce dernier n'ait pas été conçu comme un véhicule pour le King, mais bien au départ comme un script imaginé pour l'immense et intense Marlon Brondo, comme un nouveau plaidoyer pour la « cause » indienne. Mais les petites affaires des studios et un certain Colonel Parker sont passés par là, s'appropriant le projet pour en faire un nouveau divertissement à la gloire du beau (?) Presley. Sauf que c'est bel et bien le solide Don Siegel qui se charge de la mise en scène. Un artisan des studios (Invasion of the Body Snatchers) qui n'a pas encore la stature incontournable qu'il aura dans les années 70 avec Clint Eastwood (Les Proies, L'Inspecteur Harry), mais dont le caractère bien trempé impose le respect. C'est lui qui va empêcher l'œuvre d'enquiller les chansons malvenues dans un contexte assez dramatique, mais aussi refuser catégoriquement un happy end hors sujet. Une catastrophe évitée de peu qui est reconnue dès lors comme le meilleur film de la carrière de Presley et sans doute son rôle le plus intéressant. Cela ne l'empêche pas de rester constamment en retrait dans ses intentions (on hésite entre la retenue et l'impassibilité), de contraster avec son phrasé typique, mais force est de constater qu'en jeune métis tiraillé par ses origines, il fait le job.

 

Western Union


Et on sent ainsi constamment son implication sincère dans un western qui succède de quelques mois à peine Le Vent de la plaine de John Huston et embrasse un propos équivalent sur la place des métis indiens dans l'histoire du pays. Ici une famille entière, car recomposée et multi-ethnique se retrouve symboliquement et géographiquement entre le camps des blancs (soit-disant civilisés) et la tribu indienne des Kiowa légitimement sur le chemin de la guerre. Un déchirement inévitable et un enchainement d'épisodes catastrophiques qui ne font que renforcer une tragédie en construction, où le racisme réciproque est illustré avec souvent beaucoup plus de finesse (les allusions au repas en ouverture) que de lourdeur (l'assaut sordide des prospecteurs). On reconnait immédiatement le talent de Siegel pour composer admirablement ses tableaux avec un cinémascope usant de son étendue pour souligner les enjeux humains, mais aussi pour parsemer le drame d'une violence sèche, brutale et expéditive, apportant un réalisme bienvenue à un Flaming Star s'empêtrant parfois dans un discours pilonné (le monologue final de Presley), mais constamment rattrapé par un Siegel étonnement lyrique avec, entre autre, une lente agonie de la magnifique Dolores del Rio (L'Oiseau de paradis) comme une illustration frontale de la cause indienne. Et fait surprenant, même la chanson titre, futur single de Presley, se révèle bien plus fataliste qu'à l'accoutumée.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Déjà proposé en France par la Fox dans un DVD peu mémorable cumulant un format étiré et un master éreinté, Les Rôdeurs de la plaine nous revient dans une forme olympique grâce au présent Bluray. Tout belle toute neuve, la copie a été sérieusement restaurée, nettoyée et retrouve ainsi une seconde jeunesse dont on n'apercevra l'opération de lifting que dans deux très courts gros plans et une ou deux transitions. Le grain d'origine est constamment perceptible et s'intègre à merveille dans un scope étendu et profond, précis et marqué, où la palette colorimétrique semble un poil trop douce. Mais il semblerait que cela soit un choix esthétique d'origine.

 


Son :
Etrange opportunité que de visionner le métrage dans des mixages DTS HD Master Audio 5.1. Ce dernier reste cependant des plus discrets, mettant largement l'accent sur les avants et les dialogues, ne sollicitant les arrières qu'à de très rares occasions (devenant un peu trop marquées du coup) et pour offrir un peu plus de coffre à la bande originale. Pas trop mal, le rendu pour la VO est largement supérieur à celui de la VF assez plat et mal équilibré qui soufre en plus d'un doublage pas des plus adéquate et d'une chanson entonnée en français par un interprète qui n'a pas la carrure.

 


Interactivité :
Patrick Brion et François Guerif sont toujours dispo pour Sidonis et se chargent une nouvelle fois de présentation cinéphiles et passionnés, pour un film que les deux soutiennent et tentent de réhabiliter avec de bons arguments. Petits détours dans les coulisses de sa fabrication, évocation de l'année 1960 dans l'histoire du western, impact de Don Siegel... Comme toujours les hôtes sont de qualités.

Liste des bonus : Présentation du film par Patrick Brion (12'), présentation du film par François Guerif (10').

 
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