KNIGHTRIDERS
Etats-Unis - 1981
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Knightriders »
Réalisateur : George A. Romero
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 147 minutes
Distributeur : Blaq Out
Date de sortie : 1 décembre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Knightriders »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Pour gagner leur vie, une troupe de troubadours anarchistes organise des joutes médiévales, remplaçant les chevaux par des motos. Billy, le chef de ces chevaliers sur deux roues, se voit en roi Arthur des temps modernes. Mais Morgan, l’un d’entre eux, remet en question sa manière de gérer la troupe.
Partagez sur :
Camelot is a state of mind

La Nuit des morts-vivants, Zombie, Creepshow, Land of the Dead... et si finalement au milieu de cette armada de cadavres ambulants venant décrier et dévorer le monde contemporain, le plus beau film de George A. Romero était Knightriders ?

Un métrage qui aura mis du temps avant de faire sa place dans le cœur des cinéphiles et tout simplement à exister dans la filmographie du créateur du film de zombie moderne. Un genre, l'horreur, et un monstre, le mort qui marche, qui s'il le pratique avec un talent et une intelligence rare, à toujours été vécu comme une obligation, un boulet, dans la carrière du cinéaste. D'où la nécessité pour ce dernier de rappeler à presque chaque interview que son film préféré, à ex-æquo avec le ténébreux Martin, reste Knightriders. Un souvenir particulier dans sa carrière de metteur en scène puisque profitant du succès colossal de son Dawn of the Dead, remonté en Zombie par Dario Argento pour l'Europe, il décroche un contrat de rêve avec la The United Film Distribution de Salah M. Hassanein qu'il lui offre l'opportunité de tourner trois films sans restrictions artistiques avec comme seul condition que l'un deux soit le troisième opus des morts-vivants. Naitrons donc le nostalgique Creepshow, l'antimilitariste Le Jour des morts-vivants et ce Knightriders qui permet à Romero de retrouver tous ses collaborateurs préférés, devant et derrière la caméra, et même de faire apparaitre le temps d'un cameo savoureux un certain Stephen King et son épouse en beaufs de service. Si le tournage ne sera pas de tout repos en particulier à cause d'intempéries dévastatrices et de quelques bouseux racistes qui aimeraient en découdre avec l'imposant Ken Foree, il y règne d'une certaine façon un esprit de communauté assez unique où chacun met main la main à la patte, collabore, joue ici ou là un second rôle, afin de donner corps à la vision unique du seigneur Romero.

 

gloire et honneur


Des coulisses qui se fondent littéralement dans le résultat à l'écran tant le parallèle entre le frondeur et un poil illuminé Billy (éblouissant Ed Harris comme toujours) et le réalisateur est une évidence, tout autant que les idées véhiculées par cette troupe de chevalier à moto, mettant en scène constamment leurs prouesses, rappellent tout autant la vision froide et désabusée de la fin du rêve des 60's, du flower power, que cette farouche sensation qu'une évolution profonde, optimiste est possible. C'est l'opposition qui finalement sous-tend presque tout le cinéma de Romero, critique acide de ses contemporains mais constamment contrebalancée par sa fibre humaniste. Elle touche ici bien souvent à la grâce pure dans cette évocation simple, cette chronique de gens du spectacle itinérairant croyant sans doute un peu trop, esprits anachroniques, à la noblesse de la cour du Roi Arthur. Un sens de la chevalerie qui sera mis à mal un temps par les colères de leur « Roi » où la sensation que l'herbe serait plus verte dans le monde lucratif du spectacle, mais qui systématiquement gagnera au final, avec le retour des enfants prodiges (à noter un Tom Savini acteur bluffant de finesses) ou une transmission finale à la symbolique puissante, d'autant plus belle qu'elle préserve une certaine part de naïveté. Metteur en scène classique dans la forme, mais doué et précis, Romero est excellent dans les scènes de foules, sait recentrer constamment les enjeux sur ses personnages tout en livrant quelques spectacles motorisés impressionnants dans leurs cascades, mais ne se montre jamais ici aussi inspirée que lorsqu'il laisse la magie de Merlin s'emparer du film : des visions premier degré, évaporée, comme des scènes volées dans le jardin d'Eden ou dans le Excalibur de John Boorman (sortit exactement le même jour !), qui ne font que peu de mystère quand à la tendresse que porte Romero à ce doux rêve.

Nathanaël Bouton-Drouard








Partagez sur :
 

Image :
On retrouve ici le master HD déjà vu chez les confrères d'Arrow Video et Shout ! Factory, soit une superbe copie restaurée où n'apparaissent plus que quelques rares points blancs et des petits restes d'anciennes griffures. Si les premières images et le générique d'ouverture affiche une image flou et neigeuse, très vite on passe aux choses sérieuses avec des couleurs bien marquées, quelques noirs grisonnants, mais surtout un piqué assez admirable pour un tel film. Le grain d'origine est toujours présent, discret, mais vient donner une belle texture à l'ensemble.

 


Son :
Seul la version originale est disponible ici, mais dans un DTS HD Master Audio mono des plus propre et clair. Le son est stable, sans défaillance ou perdition.

 


Interactivité :
Longtemps boudé par les distributeurs, le Knightriders de Romero prend définitivement sa revanche affichant à chaque fois des éditions particulièrement chargées en suppléments. Si ici Blaq Out n'a repris de ses confrères que l'interview avec le réalisateur de Shout !, elle n'en reste pas moins particulièrement précise en anecdote (les intempéries, le travail avec Ed Harris, un projet conçu en toute liberté) et révèle comme toujours un homme modeste, réaliste et sans langue de bois.
Une personnalité plus présente encore dans les deux segments suivants, soient de nouvelles interviews signées Julien Sévéon (auteur de George A. Romero : Révolutions, zombies et chevalerie). Enregistrée lors du NIFFF en 2008, elles se montrent moins pros dans leur cadre, et donc particulièrement détendu et libre. Tour d'horizon de sa carrière, de l'industrie, de la culture américaine, du cinéma d'horreur, des zombies et son pote Stephen King, tout y passe avec une franchise évidente, tout autant que de regrets lorsqu'il s'attarde sur un défilé de projets avortés. Le journaliste français revient dans la foulée pour une présentation du film qui forcément ne dit pas grand-chose de neuf après les trois items précédent mais reste bien informée. 
Dernier segment de la galette, l'analyse King Arthur in America permet à William Blanc et par Julie Pilorget d'éclairer une partie du message du film, et surtout les proximités entre la mythologie arthurienne et les fantasmes contestataire tout autant que l'utopie américaine. Très intéressant en effet.

Liste des bonus : Entretiens avec George A. Romero : Rétrospective (27') / Romero et King (15') / À propos de Knightriders (17'), • King Arthur in America, entretien avec William Blanc, historien, par Julie Pilorget, historienne médiéviste (18'), Camelot is a State of Mind, entretien avec Julien Sévéon (20'), Bandes-annonces

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2019