ENEMY
Enemy Mine - Etats-Unis / Allemagne - 1985
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Enemy »
Réalisateur : Wolfgang Petersen
Musique : Maurice Jarre
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français PCM stéréo
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : Movinside
Date de sortie : 13 novembre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Enemy »
portoflio
LE PITCH
Au XXIème siècle, au cours d’une guerre intersidérale entre les humains et un peuple d’extra-terrestres reptiliens, les Dracs, un pilote de chasse terrien, Willis Davidge, et un Drac, Jeriba « Jerry » Shigan, entre-détruisent leurs vaisseaux respectifs et atterrissent à la surface d’une planète hostile. Forcés à s’entre-aider pour survivre, ils deviennent amis et échangent mutuellement leurs cultures.
Partagez sur :
Mon meilleur ennemi

Distribué en toute indifférence au cours de l'année 1985, au cœur de l'Amérique de Reagan, Enemy Mine aura lentement réussi à gagner ses galons de petit classique de la Science-fiction. De la SF en tout cas à contre-courant autant dans son message que son esthétique, véritablement déclaration d'amour à la magie du cinéma et son pouvoir de compréhension. Optimiste ?

Si l'accueil cette année là est plutôt tiède ce n'est pas forcément un hasard puisque depuis de long mois le public et les journalistes suivent difficilement une aventure qui sent le sapin. Ainsi après un premier tournage de plusieurs semaines avec le british Richard Loncraine (Firewall) aux commandes, la Twenty Century Fox décide de stopper l'entreprise, de faire disparaitre les images tournées tout en gardant sous le coude, mais à grands frais, les acteurs principaux, avant de relancer la machine des mois plus tard avec cette fois-ci Wolfgang Petersen. Une opération mystère (les images n'ont toujours pas été montrées) qui crée une production de toute façon déjà en déficit, passée d'un budget de 17 million de dollar à 40 million ! Au réalisateur allemand, largement remarqué pour le conte L'Histoire sans fin et LE film de sous-marins Das Boot, de tenter de réduire la casse et de donner corps en peu de temps et à moindre frais au face-à-face inter-espèces tant attendu. Pas de surprise, Enemy passe son temps a rappeler que la version visible aujourd'hui a été bricolée de toute part, entre des maquettes qui ressemblent terriblement à des maquettes, des décors qui sentent le carton-pâte du vieil Hollywood et une bande originale souvent à coté de la plaque signée par le vétéran Maurice Jarre (Lawrence d'Arabie). Comme si finalement on forçait différentes pièces à s'imbriquer les unes dans les autres.

 

"Avoir un bon copain..."


Pourtant, à l'instar de l'anachronique et donc intemporel L'Histoire sans fin, une certaine magie opère ici, naissant immédiatement une fois que les deux protagonistes se font face. En l'occurrence le fabuleux Dennis Quaid (alors parfaitement bancable) en représentant de la race humaine et un admirable Louis Gossett Jr. (Aigle de fer) donnant corps à un Drac, un alien reptile, parfaitement crédible (le maquillage de Chris - La Mouche - Walas est parfait). Une confrontation qui n'est pas sans rappeler celle de Duel dans le pacifique de John Boorman, mais qui de part son cadre et les sentiments puissant qu'y insufflent Petersen, s'embarque volontiers vers la fable fantastique, le conte futuriste profondément humaniste et plein d'espoir. A une époque où l'étranger était le plus souvent anti-américain, et où le conflit se réglait à grands coups de lattes et d'explosions atomiques, Enemy Mine répond par deux personnages qui vont apprendre à aller au-delà des apparences (on est ici à la limite du « couple » homo inter-espèce tout de même) par nécessité de survie tout d'abord, puis par respect, amitié... et plus si affinité. On pourrait frôler le too much, si l'œuvre ne semblait pas constamment sincère, douce et touchante. Grace aux interprétations particulièrement sensibles et fines tout d'abord, mais aussi cette foi évidente dans cette faculté du genre, la SF, et du media, le cinéma, à abolir les frontières et à montrer une voie universelle, pacifique et lumineuse. Un peu de magie dans l'espace.

Nathanaël Bouton-Drouard








Partagez sur :
 

Image :
Pas franchement soutenu par son studio d'origine, la Fox, Enemy a surtout été cajolé par des éditeurs extérieurs et indépendants. On connait donc la rengaine : non le film n'a pas été restauré directement à la source par des moyens chimiques et couteux. La copie disposée ici n'est donc pas irréprochable, marquée par quelques segments un poil neigeux (tous les plans composites) ou trop égratigné par le fameux réducteur de bruit. Irrégulier donc, le master s'en sort tout de même assez bien avec ses teintes chaudes et ses contrastes bien marqués, ses noirs pleins et solides, et ravit même par quelques séquences, le plus souvent celles tournés en studios, avec une lumière frappant efficacement un piqué soulignant de nombreux détails des superbes maquillages. Inégal, mais agréable en tous cas.

 


Son :
Back to basics avecles bonnes stéréos d'origine légèrement rafraichies pour l'occasion et installées en mouture non compressées. C'est simple et efficace, légèrement dynamique avec un rendu plutôt clair. A noter le doublage, la traduction d'époque (colorée) et la voix habituelle de Dennis Quaid (le même acteur que Patrick Swayze) rappelant une fois encore, qu'à une époque pas si lointaine les versions françaises pouvaient être de qualité.

 


Interactivité :

Pas de bonus existant sur le film malheureusement, et ce malgré une production particulièrement houleuse et c'est bien dommage. En France, on rattrape le coup avec une présentation très soignée signé par le journaliste Julien Sévéon. Il revient justement sur les débuts très difficile du projet, le tournage stoppé, annulé puis repris à zéro et enfin la sortie peu fructueuse pour une production au coût finalement explosé. Bien informé, l'item se poursuit plus classiquement avec les petites évocations des filmographies des figures connues.

Liste des bonus : Présentation du film par Julien Sévéon (29'), Bande-annonce.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021