MIRACLE MILE
Etats-Unis - 1988
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Miracle Mile »
Réalisateur : Steve De Jarnatt
Musique : Tangerine Dream
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 88 minutes
Distributeur : Blaq Out
Date de sortie : 13 novembre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Miracle Mile »
portoflio
LE PITCH
Los Angeles, 4h05 du matin. Après un rendez-vous raté avec la femme de sa vie, Harry décroche le téléphone d’une cabine qui ne cesse de sonner. Une voix lui apprend que des missiles nucléaires vont s’abattre sur Los Angeles dans 1 heure et 10 minutes. Une folle course contre la montre va s’enclencher…
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The last love story

Projet de longue haleine injustement boudé en 1988 en dehors du soutient de quelques rares revues critiques (Starfix et Mad Movies pour la France), Appel d'urgence est rapidement devenu un film culte aussi loué que difficilement visible. Pure produit esthétique de son époque, mais au propos tristement toujours aussi actuel, Miracle Mile reprend son nom et s'offre une nouvelle vie.

Annoncé comme un grand film catastrophe sur fond de guerre nucléaire déclarée, Miracle Mile arrive malheureusement un poil trop tard, alors que les deux grandes puissances ennemies sont en train de faire machines arrière dans leur course à l'armement. Une détente semble à l'heure du jour, et le second long métrage de Steve De Jarnatt fait figure de production anachronique. Pas vraiment une volonté de son metteur en scène puisque le scénario dort dans les tiroirs de la Warner depuis presque 10 ans, refusant de donner la liberté requise à son créateur. Après un mignon et kitch Cherry 2000, De Jarnatt rachète son script et réussit finalement à monter l'entreprise auprès d'une société de production bien plus modeste (Hemdale Film Corporation) entrainant forcément un statu moins luxueux, mais aussi un casting sans stars pour plus de crédibilité, et une assurance d'aboutir à une œuvre personnelle. Car sous ces dehors de délire apocalyptique et paranoïaque, Miracle Mile est au préalable une comédie romantique, récit désuet et léger d'une rencontre amoureuse entre Harry (Anthony Edwards, le futur Dr Green d'Urgence) et Julie (Mare Winningham) qui se poursuit par un rendez-vous manqué que le jeune homme va tenter de rattraper. Couleurs pétantes, vêtement so 80's, ambiance chaleureuse, et pourtant déjà le dérèglement pointe son nez dans une image symptomatique de la mare d'asphalte de La Brea Tar Pits où trône une superbe canette de coca, ou un pigeon qui met le feu à son nids après avoir emporté un mégot avec lui... Une façon de souligner que l'humanité mérite ce qui lui pend au nez.

 

urgences


Cultivant les changements de tons, de genres, et d'optiques, Miracle Mile bascule forcément lors d'un simple coup de fil accidentel, annonçant au héros que des missiles nucléaires s'apprêtent à frapper le sol américain. Des ogives américaines, russes ou autres ? De Jarnatt ne tranchera jamais, laissant planer même un léger doute sur la véracité des faits, préférant scruter avec une pointe de sadisme la frénésie qui va peu à peu s'emparer de la population tandis que l'information se répand. Alors que Harry se voit presque comme l'antihéros du After Hours de Martin Scorcese, perdu dans un Los Angeles vide et froid (les rues montrées sont excessivement rares au cinéma d'ailleurs), espérant retrouver sa belle et s'envoler avec elle vers un horizon bien optimiste, le reste n'est que chaos et dégradation. Les visions de rues plongées dans une décadence hallucinée, entre pillages, violences gratuites et sauvage, folie totale et fornication contre les murs, restent aujourd'hui aussi impressionnantes que réalistes et crédibles. Peu importe finalement que le metteur en scène s'embourbe parfois dans la géographie de sa ville, dans sa gestion de l'espace, l'enfer naissant est particulièrement saisissant. Dépressif, désespéré, bel et bien noir à souhait, Miracle Mile serait sans doute presque insupportable si dans sa réflexion sur la trace qu'on laisse au monde (« c'est le tour des insectes maintenant ») il ne laissait pas affleurer tout autant une certaine beauté de l'humanité : quelques élans fraternels, une prépondérance du sentiment amoureux, le sens du sacrifice, et une vision de la société sans question de race ou de sexualité, où personne n'est défini par son apparence. Ce sont ces instants de lumière qui achèvent de faire de Miracle Mile un authentique petit diamant.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Réapparu un peu partout dans le monde, tout d'abord dans les salles puis en DVD et Bluray, Miracle Mile connait donc une petite résurrection bienvenue. Une nouvelle diffusion qui s'accompagne forcément d'un travail remarquable effectué sur la copie, ici un nouveau tirage, avec une restauration sérieuse et appliqué, ainsi qu'un réétalonnage. La première étape ne permet pas d'échapper à quelques petites taches blanches encore présente et quelques passages marqués par un grain un brin « éclaté » (le directeur photo a utilisé différentes pellicules à l'époque), mais l'ensemble retrouve sa vivacité dans les effets de profondeur et le piqué, marqué par les argentiques. Les teintes de leur coté, sont à la fois directes, sans détour, mais non dénuées des petits excès des 80's avec des rouges pleins et des bleus électriques.

 


Son :
Projeté en 1988 avec un rutilant « Ultra Stereo » soit un dérivé du plus connu Dolby Surround, Miracle Mile impressionnait déjà par son utilisation marquée de la dynamique frontale, baignant ses ambiances dans les nappes synthétiques de Tangerine Dream. Désormais proposé dans un DTS HD Master Audio 2.0, la bande sonore est bien entendu plus agréable encore, avec une pureté inédite et une identité toujours aussi marquée.

 


Interactivité :
La collection Blaq Market est décidément pleine de surprises, proposant à nouveau un film rare dans des conditions optimales, habillé d'un joli digipack (même si le dessin peut paraitre étrange) et blindé de bonus. On pourra grogner sur la disparition des commentaires audio de la mouture US, mais ce serait trop vite oublier le menu copieux qui suit, récolté sur différentes galettes ou proposé ici en exclusivité. A l'image d'ailleurs des deux courts métrages du réalisateur, soit Eat The Sun (délire SF anti-sectaire et anti-télé) et Tarzana (hommage nostalgique au film noir), proposé en copie restaurée mais malheureusement sans sous-titres (la chose est expliqué sur le disque). Deux petits trésors auxquels viennent s'ajouter un déluge d'images d'archives soit des prises de vue alternatives, des segments coupés ou des essais ratés, ainsi qu'une image finale alternative, venant un peu tempérer la noirceur initiale.
Le reste est une belle succession d'interviews rétrospectives avec un détour sur la fabrication de la bande originale par les ex-membres de Tangerine Dream, des retrouvailles entre les deux rôles principaux qui se souviennent du tournage mais aussi de leurs débuts, sans oublier une après-midi nostalgique organisée entre les seconds rôles dans le fameux Diner et bien entendu une rencontre inédite avec Steve De Jarnatt. Ce dernier ne démord d'ailleurs pas de ses inquiétudes quand à la menace nucléaire, loin de là...
A noter en cerise sur le gâteau, la présence en piste séparée de l'intégralité de la soundtrack !

Liste des bonus : Entretien inédit avec le réalisateur Steve De Jarnatt, Piste musicale isolée de la BO de Tangerine Dream, Retrouvailles avec le casting du film, Entretien avec Anthony Edwards et Mare Winningham, Entretien avec Paul Haslinger de Tangerine Dream, Scènes coupées et prises ratées, Tournage de la scène du Diner avec storyboard, Diamond Ending : fin alternative, Tarzana (1978, 32'), Eat the Sun (1975, 26') .

 
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