PLUS DURE SERA LA CHUTE
The Harder They Fall - Etats-Unis - 1956
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Genre : Policier
Réalisateur : Mark Robson
Musique : Hugo Friedhofer
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 109 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 8 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Journaliste sportif en fin de carrière, Eddie Willis est contacté pour contribuer à la promotion d’un jeune boxeur, Toro Moreno. Il découvrira vite que le futur champion n’en est pas un et que les combats sont truqués à son insu.
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Dernier film interprété par l'immense Humphrey Bogart, Plus dure sera la chute lui offre une sortie en beauté. Bien que rongé par la maladie (cancer de l'œsophage) qu'il ignora volontairement pendant des années, il assure le travail une fois de plus. Stoïque et torturé intérieurement, il habite le film du début à la fin. Ce n'est pourtant pas le seul intérêt de ce long-métrage.

Pour qu'un acteur puisse exister à l'écran, il ne peut y vivre seul. Une alchimie doit y avoir lieu. En cela, le film de Mark Robson cumule les talents : mise en scène, scenario et interprétations, nous sommes face un film noir comme seul le Hollywood de l'âge d'or pouvait nous offrir. Très documenté, le scénario de Philip Yordan (Johnny Guitare, Le Cid) nous plonge dans l'univers implacable de la boxe et de ses petites combines. Ecrit en pleine période de Maccarthisme, le scénario fût enfanté dans la douleur. S'appropriant le travail d'écrivains black-listés, Yordan ne revendiqua jamais la véritable paternité de l'histoire. Au vu de son pédigrée, personne ne lui demanda non plus des explications. Solide artisan quelque peu oublié, Columbia embaucha le réalisateur Mark Robson qui avait déjà filmé les coulisses de la boxe en compagnie de Kirk Douglas sur Le Champion. Il y a prouvé sa maitrise à diriger des stars sans que celles-ci n'empiètent sur le film.

 

grandeur et décadence


En lice pour la Palme d'or en 1956, Plus dure sera la chute en sera l'un des favoris avant de se faire détrôner par Le Monde du silence de Cousteau. Plus qu'un film sur la boxe, il est visible également avec une bonne approche de la critique sociale sur l'Amérique des années 50. Robson ne s'en cache pas et ouvre son film avec l'arrivée d'immigrants sur Ellis Island. La découverte de New-York et de ce pays où n'importe qui peut devenir quelqu'un sera le thème de ce film alors qu'en toile de fond défile le générique et le nom de ces stars qui elles sont connues de tous. L'inconnu du jour sera Toni Moreno. Un boxeur immigrant d'Argentine. Il tombera sous la coupe de Nick Benko (Rod Steiger). Bien que sans réel talent, Moreno se fera manipulé à base de combats truqués et de magouilles jusqu'au sommet des championnats du monde. Bien sûr, tout le monde s'engraissera au passage, excepté le principal intéressé. L'histoire aborde des sujets bien souvent tabous, qui sont toujours d'actualité des décennies plus tard.

Sous couvert d'une gloire éphémère, les sportifs doivent encaisser toujours plus de coups. Les traumatismes physiques et psychiques amènent les joueurs jusqu'au point de non retour. Seuls les sponsors et manager profitent des combats. L'argent est irremplaçable tandis que les joueurs jouent à la chaise musicale. En cela, Robson aborde intelligemment la question lorsque par le biais d'une interview d'un clochard on apprend que celui-ci est un ex-champion de boxe. C'est par cette scène qu'Humphrey Bogart va changer son fusil d'épaule et commencer à se rebeller contre ce milieu qui l'arrangeait bien. Son opposition avec Rod Steiger et son jeu exubérant s'opposent avec efficacité avec le sien beaucoup plus en retenu. Sans doute un reflet de leur animosité réelle, Bogart ne l'ayant jamais apprécié.

La modernité du film traverse les âges tant l'art du montage n'est pas sans rappeler certaines séquences scorcesiennes. Idem pour des thématiques que l'on retrouve aisément dans nombre de films "sportifs" et gageons que Stallone a sûrement revu le film lors de l'écriture de son Rocky. Dans un monde où l'argent est roi, l'individu est souvent relégué au second plan. Seul l'humanisme et la compassion tels que pourra l'illustrer Bogart dans le dernier tiers du film montrera un peu de tendresse dans un monde de brutes.

Cédric Lemaire






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Image :
Encore du beau travail de la part de Sidonis. Un noir et blanc sublime, aux reflets argentiques marqués, qui rend justice à la magnifique photo du film et surtout s'efforce de préserver malgré une retauration évidente, le grain de pellicule d'origine. Bien contrastée la copie tient la dragée haute au temps qui passe.

 


Son :
Les pistes sonores d'origines ne déméritent pas non plus. Là aussi une restauration a été effectuée et le programme délivré en DTS HD Master Audio 2.0 mono. A choisir, la V.O. est plus équilibré sur les sons ambiants. Le duel Bogart/Steiger n'en est que plus recommandable.

 


Interactivité :
C'est encore une fois un plaisir de retrouver Bertrand Tavernier intervenir dans les bonus. Il s'attarde ici sur le scénariste du film. Son implication pour faire travailler des auteurs lors du maccarthisme et la façon dont il s'approprié leurs histoires. François Guerif, spécialiste du polar et créateur de la collection Rivages/Noir revient sur l'influence du film noir à Hollywood.

Liste des bonus : Présentations par Bertrand Tavernier (28') et par François Guerif (8'), Galerie photos (2')

 
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