MESSAGE FROM THE KING
Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Belgique - 2016
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Message from the King »
Genre : Thriller
Réalisateur : Fabrice du Welz
Musique : Vincent Cahay
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 102 minutes
Distributeur : M6 Vidéo
Date de sortie : 4 octobre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Message from the King »
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LE PITCH
En provenance de Cape Town, Jacob King débarque à Los Angeles à la recherche de sa sœur disparue. Avec un billet retour pour l’Afrique du Sud sept jours plus tard, et 600 dollars en poche. Au bout de 24 heures, il découvre que sa sœur est morte dans des circonstances étranges…
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Le Sceau du roi

Nouvelle expérience hors des sentiers personnels habituels pour Fabrice Du Welz qui s'efforce de transformer une œuvre de commande à son image. Une bataille visible à l'écran pour un vigilant movie old school et percutant.

Rare sont tout de même les cinéastes à combattre à chacun de leur film les standards d'une industrie francophone gangrénée par le cadre télévisuel. Du Welz fait partie de ceux-ci, ravivant la force d'un cinéma souvent malsain, toujours dérangeant, mais non dénuée d'une poésie noir déroutante, grâce à des œuvres aussi marquantes que Calvaire, Vinyan ou Alléluia. Un talent évident de metteur en scène, de formaliste (sans l'aspect péjoratif) qui l'amène forcément à naviguer vers les rives de production plus « recommandables ». Le mariage n'est pas aisée tant la vision du cinéma de cet auteur qui ne cesse d'évoquer la « viscéralité » du medium, ne peut s'intégrer à un moule sans en briser les bords. Après la tentative catastrophique de polar français avec Colt 45, pourtant parsemé de séquences lumineuses, voici le voyage américain : Message from the King. Une série B à petit budget, tournée en un peu moins d'un mois mais tout de même habité par un casting plutôt classe, qui oblige le réalisateur à délaisser certains de ses collaborateurs et faire avec un script plus tout jeune et pas franchement subtile.

 

les rues de L.A.


Une sobre histoire de vengeance, qui prend le beau visage du sud africain Chadwick Boseman (la Panthère noire de Marvel Studio), et s'empresse d'embarquer dans une ligne droite toute aussi violente que les exactions d'un Charles Bronson, mais qui verse toute autant dans les allusions politisées des eurothrillers, sans vraiment aller plus loin que le « tous pourris » habituel. Logiquement face au héros, très westernien, le défilé de filles perdues (des prostituées donc) et de truands à la trogne patibulaire ne fait pas dans la dentelle, jusqu'à un Alfred Molina plus théâtral qu'inquiétant en producteur pervers. Pourtant, et ce malgré une postproduction assez laborieuse avec l'équipe américaine modifiant la BO mais aussi certains effets de montage, ce qui aurait pu devenir qu'un simple direct-to-video dévie vers une illustration scabreuse du genre. Une violence crue et réaliste, un Los Angeles pourrissant traversé uniquement par des âmes maudites, et une trajectoire destructrice immuable uniquement mue par un amour fraternel presque aveugle. L'auteur d'Alléluia est constamment présent, dans les creux, sur la corde raide, dans les cadres superbes, dans la mise en scène sèche et précise, mais aussi dans cette fascination pour ces « héros » borderline, et un paysage tout aussi décadent. Un film parfois boiteux certes, mais toujours efficace et intéressant, qui s'achève d'ailleurs sur un générique presque documentaire élevé par une musique de Vincent Cahay (une des rares rescapées) à tomber.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Si Du Welz avoue aujourd'hui (dans le commentaire audio) regretter quelque peu son choix technique, la capture du film sur pellicule 35 mm est pourtant à la vue de ce Bluray une véritable gageure. Un grain léger et vibrant, une profondeur idéale, des teintes délicieusement métalliques, de superbes reflets argentiques, la matière cinéma est bel et bien présente, constamment mise en valeur par la photographie électrique de Monkia Lenczewska (Park). Un transfert HD 1080p absolument royal.

 


Son :

Sans doute l'une des plus grosses déceptions du film, le mixage sonore n'a clairement pas la même emphase que les autres films du réalisateur. Le DTS HD Master Audio 5.1 tente pourtant de lui donner du coffre en jouant sur quelques ambiances, en affirmant les impacts et en plaçant harmonieusement les dialogues. Clair, net et propre... sans doute un peu trop du coup.

 


Interactivité :
« Il en faut peu pour être heureux » clamait ce décadent de Baloo et cela s'applique parfaitement aux suppléments proposées par le Bluray de M6 Video. Enfin à l'un des deux, car question making of ici il faut se contenter d'une featurette assez bateau qui n'apprendra pas grand-chose aux curieux. A coté de cela, il y a le commentaire audio du réalisateur et du producteur Manuel Chiche de The Jokers (The Neon Demon, Brimstone). Un exercice qui prend ici des airs d'une simple discussion, d'un débriefing décontracté. L'occasion pour chacun de revenir sur cette expérience américaine et les difficiles arrangements avec les représentants US, qui ont manifestement affadit le film. Des scènes qui manquent, un montage sonore plaqué, une musique désincarnée... Tout cela est largement raconté sans langue de bois, mais sans colère non plus, montrant au passage comment le visage d'une œuvre peu rapidement être modifié, standardisé. C'est passionnant de bout en bout et permet d'imaginer entre les lignes à quoi aurait dû ressembler Message from the King... Et là stupéfaction, du Welz nous apprend au détour d'une anecdote que la première monteuse du film a gardé une copie du director's cut ! Mais fais tourner Fabrice, fais tourner !

Liste des bonus : Commentaire audio de Fabrice du Welz et Manuel Chiche, Les coulisses du film (8'), Bande annonce.

 
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