ALIEN : COVENANT
Etats-Unis / Royaume-Uni - 2017
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Alien : Covenant »
Réalisateur : Ridley Scott
Musique : Jed Kurzel
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 anglais, DTS 5.1 français, allemand, espagnol…
Sous-titre : Français, anglais, espagnol, allemand…
Durée : 122 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 13 septembre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Alien : Covenant »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper.
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le mythe enchainé

Cinq ans après un Prometheus hésitant entre l'extension thématique, le reboot et la prequelle cafardeuse, Ridley Scott change son fusil d'épaule et livre un estomaquant Alien: Covenant. Un voyage aux origines de la créature de Giger, tournant à la fascination nombriliste morbide.

Outre le scénario absolument calamiteux de Damon Lindelof (Star Trek Into Darkness, Lost), le point de rupture du précédent Prometheus odyssée anti-biblique et métaphysique, était son rattachement in-extrémis et artificielle avec l'immense licence de la Twenty Century Fox. Ou comment écraser du talon un cycle de quatre longs métrages, inégaux certes, mais à l'identité iconique indéniable. Presque quarante ans après le sublime Alien Le 8ème passager le regard de Ridley Scott s'est terni, appréciant l'humanité, ses croyances et son évolution avec une cruauté misanthropique qui n'a d'égale que son mépris évident d'Aliens, Alien 3 et Alien : La résurrection. Tel George Lucas, Scott se croit le seul et unique géniteur du cosmos Alien et n'hésite pas à casser ses jouets... Et ce même si la Fox semble avoir poussé la production à se rapprocher nettement de l'univers horrifique du premier film. Des longues traversées contemplatives et des visions imposantes des origines de la vie (les meilleures séquences de Prometheus), il ne reste ici quasiment rien, si ce n'est l'identité de David, androïde transformé en mauvaise imitation du Colonel Kurtz d'Apocalypse Now, en Docteur Frankenstein de la génétique, jouant avec la nature même du Xenomorphe. Face à lui Walter, nouveau modèle de Weyland, moins indépendant mais plus sensible, incarné par un Michael Fassbender, forcément impressionnant dans son double rôle. Scott est manifestement passionné par cette double identité, ce reflet biaisé, et les questions même de l'identité, de l'origine et de la création qui en découle, quitte à ne pas se rendre compte que son projet personnel éreinte finalement l'autre ambition d'Alien Covenant : revenir à la série B d'horreur.

 

fin de race


Dommage donc pour le reste du casting, humain, qui n'a pas la moitié de la présence de l'équipage du Nostromo, transformé dès les premières minutes en sacs de viandes prêts à venir nourrir cette (re)naissance maladroite. Récit des origines dont, en dehors des auteurs de cette production, tout le monde se moquait éperdument il faut bien l'avouer. Et les explications sont loin de convaincre. La faute à une équipe de scénaristes qui ne sait que faire de la mythologie mise en place dans Prometheus (quid des ingénieurs ?) et qui manifestement manie laborieusement les atouts du film d'épouvante, ou à un cinéaste tiraillé entre ses élans d'auteurs (car Covenant est un film de Ridley Scott a n'en pas douter) et les attentes commerciale ? Malgré une photographie à tomber de Dariusz Wolski (les Pirates des Caraïbes), une bande originale élégante de Jed Kurzel (Mister Babadook), des décors entièrement dévoués à la beauté mortifère de l'artiste H.R. Giger, Alien: Covenant se fait surtout remarquer par ses incohérences, ses effets de collages et ses symbioses mutantes. Pourtant, au milieu de ces désagrégations, la maitrise formelle de Ridley Scott est souvent imparable, rappelant par ses débordements gores et les apparitions éblouissantes de la créature (plus belle que jamais) à quel point Alien est un chef d'œuvre et que Scott en était l'auteur.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Choix visuels mis à part, et ce glissement assez curieux de textures cinéma à un rendu télé, le Bluray d'Alien: Covenant est bien entendu d'une solide à toute épreuve. Filmé en 2K avec les meilleures caméras du moment (Arri Alexa entres autres) l'image offre forcément une patine ultra léchée, à la netteté immuable et à la profondeur parfois sidérante, vertigineuse. L'omniprésence de lumière froide et de noirs aux reflets liquides n'entrave en rien la constitution des contrastes ou l'équilibre d'une palette fine et discrète, intégrant habilement des images de synthèse le plus souvent invisibles.

 


Son :
Si la bande originale de Jed Kurzel sait avec beaucoup de justesse se réapproprier les thèmes obsédant de Jerry Goldsmith, le montage sonore sait tout autant renouer avec sensations que l'on pensait perdues.... Une finesse et une subtilité dans le design qui, avec son DTS HD Master Audio 7.1 anglais limpide, habite littéralement l'espace. Les séquences flippantes balancent des jump-scare efficaces, ou distillent une nappe flippante à bon escient, mais ce sont plus particulièrement les séquences dans le Covenant qui impressionnent le plus, entre légères vibrations, bruitages un poil rétro (merci Alien premier du nom) résonnant dans le lointain, cliquetis des claviers et crissements des sièges... Parfait et délicieusement immersif. Le doublage français lui, plat et désincarné, se contente d'un DTS 5.1 qui fait le job.

 


Interactivité :
Avec sa jaquette presque passe-partout tentant de rappeler au public boudeur que dans cette suite de Prometheus, la star est bel et bien l'alien, l'édition ne met pas forcément en avant son contenu supplémentaire approfondi. Car pour les fans de la saga, la galette se révèle des plus généreuse regroupant dans les sous-menus "USCSS Covenant" et "Secteur 84 - Planète 4", un mélange de vidéos promotionnelles (la fausse pub pour l'androïde Walter, The Last Supper), des segments autrefois présents dans le montage test (The Crossing qui cultive le lien entre Prometheus et Covenant) ou un montage intimiste sur la psyché de David, explicitant plus profondément ses motivations. De quoi clairement étoffer cette branche de l'univers Alien et emplir quelques trous narratifs évidents.

Même sensation du coté des scènes coupées, qui certes sont uniquement des dialogues supplémentaires, mais donnent un peu plus de présence à certains personnages laissés de coté dans le montage final. Malheureusement on aura du mal à trouver de véritables explications ou motivations autour de tout ce matériel de la part de Ridley Scott qui nous livre ici un commentaire audio peu présent, ressassant à peu de chose près toujours les mêmes choses... Quand il parle. Il semble bien plus convaincant lorsqu'il est accompagné de toute l'équipe du film, des acteurs au producteurs en passant par les designers ou scénariste, via un making of qui bizarrement porte le nom assez gênant de "Master Class : Ridley Scott" (???). Au-delà de cette terminologie, ce dernier se révèle heureusement assez complet sur les coulisses, généreux en images de tournage et en croquis, même si on pourra regretter là encore quelques sujets laissés sous silence... Le passage d'un Prometheus 2 à un Alien: Covenant, les nombreux changements après les projections tests, l'ombre d'un Alien 5...

Liste des bonus : Commentaires audio de Ridley Scott, Scènes coupées et rallongées (17'), USCSS Covenant (16'), Secteur 84 - Planète 4 (9'), Master Class : Ridley Scott (55'), Galerie de production, Bandes annonces.

 
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