LE CYNIQUE, L’INFâME, LE VIOLENT
Il cinico, l’infame, il violento - Italie - 1977
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Genre : Action, Policier
Réalisateur : Umberto Lenzi
Musique : Franco Micalizzi
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 100 minutes
Distributeur : The Ecstasy of Films
Date de sortie : 7 avril 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Luigi Maietto, dit  » le Chinois « , vient de s’évader de prison. Son premier souhait est de faire mordre la poussière au responsable de sa condamnation à vie, l’ex-commissaire de police Leonardo Tanzi, en lui envoyant deux tueurs. En dépit de graves blessures, il se fait passer pour mort et se cache à Rome pour y donner la chasse à son persécuteur. Le Chinois, qui se croit débarrassé, a repris son activité au sein de la pègre organisée, en s’associant au « boss » i...
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Gunfights, bourre-pifs et grosses moustaches

Plus rien ne va dans les rues de Milan... et ce n'est pas mieux à Rome où cette crapule de Tomas Milian (Colorado) et l'extradé John Saxon (Les Griffes de la nuit, Opération Dragon) s'apprêtent à s'allier pour devenir les maitres du crime. Heureusement un héros des temps moderne veille : Maurizio Merli (Mannaja). Attention ça va castagner à tour de bras.

Retour à cette époque bénie (?) où les polars européens, particulièrement italiens, régnaient sur le box office à grand coup de héros virils, expéditifs et d'arrière-plan politique parano en forme de brulots, souvent peu subtiles. Des productions tournées à la pelle, avec des stars la plupart tout juste sorties du western spaghettis qui s'en donnent à cœur joie, dans un pays qui connaissaient ce que l'on appellerait plus tard les «années de plomb» : gouvernement réactionnaire, terrorisme d'extrême gauche, exactions d'extrême-droite, montée de la violence dans la rue, corruption galopantes... Une bombe à retardement.  Devant un pays au bord de la déroute, les spectateurs se jettent dans les salles pour savourer justement des films d'actions proposant une solution toute simple : butez-moi tout ça ! Réalisateur qui signera un peu plus tard parmi les essais les plus navrants de l'ère du gore rital (aaah L'Avion de l'apocalypse), Umberto Lenzi est sans aucun doute l'un des metteurs en scène les plus productifs du poliziesco, mais aussi l'un des plus réjouissants. Un véritable âge d'or pour lui, où son style un peu rustre, sec et brut de décoffrage s'inscrit parfaitement dans un environnement où les personnages se balancent des bons mots couillus dès qu'ils ouvrent la bouche... Autant tout du moins que les coups de lattes dans les parties et les bastos dans le genou. Suite plus ou moins avouée du précédent Brigade spéciale (Merli garde le même rôle détective Tanzi alors que Milian change de vilain pour devenir... le chinois !), Le Cynique, l'infâme, le violent est à ce titre une véritable exacerbation de tout ce que l'on peut attendre du genre.

 

faut pas les faire chier !


Entre les gonzesses qui se prennent des baffes ou se jettent au cou de leur sauveur, les truands sadiques, la police totalement dépassée et ce sacré moustachu au lever de jambe un peu rigide qu'est Maurizio Merli totalement déchainé, l'opus s'avère un véritable régal. Authentique star de ce cinéma là, presque totalement oublié aujourd'hui, Merli et ses bon petits élans de facho de service, se livre ici à un best of de ses meilleurs vannes, sourires en coin, et exécutions sommaires bien entendu. Ça se savate à tout va, ça dragouille la jolie Gabriella Lapori (avec des seins à l'air totalement gratuits) et se moque ouvertement du défilé de salles trognes qui passent. Charles Bronson du pauvre, Merli se fait tout fois souvent voler la vedette par un John Saxon impayable en mafieux totalement sadique et tortionnaire et bien entendu le toujours parfait Tomas Milian, gangster nihiliste dont on peine aujourd'hui encore à comprendre le surnom de chinois.

Anecdote connue, Merli et Milian dont la haine réciproque les avaient amené à en venir aux mains lors du tournage de Brigade Spéciale, refusèrent de se croiser sur le tournage de celui-ci, le réalisateur en étant quitte pour triturer son montage bien cut lors de l'affrontement final ! D'ailleurs, si Lenzi n'a jamais été un très grand réalisateur, il s'avère ici un artisan particulièrement efficace, maitrisant avec roublardise le rythme de ses meilleures scènes d'actions (baston, poursuites sur le toit d'un centre commercial, scène de casse inutile mais marrante....) et réussit à rebondir avec une certaine subtilité (what ?) sur l'aspect leonien de son titre. Dans Le Cynique, l'infâme, le violent on trouvera ainsi un bon soupçon de Pour une poignée de dollars grâce à un scénario plus développé et construit qu'à l'accoutumée, baignant finalement les anciennes légendes en poncho dans un décorum urbain tout aussi crépusculaire. Un transfert en grande partie permit par la bande originale musclée et tendue de Franco Micalizzi (On l'appelle Trinita) digne par instants des meilleures compositions de Lalo Schifrin ! Une œuvre bien bis, souvent bricolée, aux idées pas franchement progressistes, mais pourtant l'un des fleurons de l'Eurocrime.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Encore une fois, Ecstasy surprend avec sa toute nouvelle copie d'un film que les amateurs avaient surtout l'habitude de visionner sur une VHS poussiéreuse ou par le biais de quelques DVD oubliés. Proposé au format respecté 2.35, la copie a connu une restauration manifeste, ne laissant filtrer que quelques points blancs disparates, et marquant immédiatement la rétine par sa colorimétrie rehaussée, forte et stable. Les contrastes sont marqués, le piqué relativement solide et le spectateur peut se réjouir de découvrir une image typique du cinéma de l'époque, avec ses reflets légèrement gris et son grain marqué. Le master n'est cependant pas dénué de défauts puisque qu'on remarque quelques plans très abimés, qui pendant quelques secondes vont frapper par un effet neigeux pas franchement agréable alors que d'autres sections, sans doute pour gommer une marque disgracieuses, tireraient plutôt vers un rendu trop flou. Là encore, pour un film comme celui-ci, ça reste négligeable.

 


Son :
Le doublage français d'époque, qui prend un malin plaisir à se la jouer téléfilm décérébré, a pris un petit coup de vieux, saturant même légèrement lors de quelques dialogues. Bien plus dynamique et naturel, la version originale italienne, sait imposer la BO de Franco Micalizzi, tout en préservant l'intensité virile de ces messieurs, le tout dans un DTS HD Master Audio mono tout beau tout neuf.

 


Interactivité :
Joli boitier bluray noir. Jaquette réversible du plus bel effet. Copie DVD glissée pour le même prix.... Le premier titre de la collection EuroCrime de The Ecstasy of Films montre encore le soin qu'apporte l'éditeur à son catalogue. Bien entendu la galette HD comporte des bonus loin d'être négligeables, puisqu'on croise dans des entretiens dédiés Umberto Lenzi, Tomas Milian, John Saxon et le compositeur Micalizzi. Des segments plus ou moins longs mais à chaque fois passionnants. Le cinéaste retrace ses débuts, son amour pour le film policier italien et bien entendu le tournage du film en présence, n'hésitant jamais à glisser quelques anecdotes pas toujours à l'avantage de nos stars. D'ailleurs Milian, dans une interview enregistrée quelques temps à peine avant son décès, lui donne raison sans le vouloir en se lançant dans un de ces grands moments de mégalo délirante dont il a le secret. Amusant alors de passer ensuite au très modeste John Saxon, qui avec une gentillesse incroyable s'amuse justement des soucis d'égo de ses deux collègues à l'affiche. Enfin, la rencontre la plus longue, celle avec Franco Micalizzi, permet au compositeur trop méconnu d'évoquer l'ensemble de sa carrière, ses gouts musicaux et ses diverses recherches de style.
Moins sérieux, l'item final, « Mike Malloy on The Cynic... (and yes) the Rat and the Fist » est une présentation précise, mais drolatique du film confié à l'auteur du bouquin US Eurocrime ! The Italian Cop and Gangster Films that rules the 70's.
Le total de tout cela atteint presque les deux heures de vidéos.... Tout de même !

Liste des bonus : « Armed to the Teeth Again » : Entretien avec le réalisateur Umberto Lenzi (22'), « Re-Armed to the Teeth » : Entretien avec Tomás Milián (12'), « Je suis la violence » : Entretien avec John Saxon (16'), Conversation avec Franco Micalizzi (36'), « Mike Malloy on The Cynic... (and yes) the Rat and the Fist » (10'), Bande-annonce.

 
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