HIGHLANDER
Royaume-Uni - 1986
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Highlander »
Réalisateur : Russell Mulcahy
Musique : Michael Kamen, Queen
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1, anglais et français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 118 minutes
Distributeur : Studio Canal
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Highlander »
portoflio
LE PITCH
Highlands, Écosse. 1536. Lors d’une bataille sanglante, Connor MacLeod survit miraculeusement à ses blessures et découvre qu’il est immortel. Mais il n'est pas le seul à détenir ce don. A travers les siècles, il croisera d’autres élus. Au final, il ne devra en rester qu’un.
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A kind of magic

Vous avez dit culte ? Ouais, ouais. Remastérisé en 4K, Highlander fête son trentième anniversaire dans une édition prestige de très belle facture. Alors revenons un peu sur l'aura chelou d'un « action-movie » typique des 80's, flirtant allègrement avec le mauvais goût mais dont l'impact sur notre imaginaire demeure intact.

An de grâce 1986. Les cinévores en herbe quittaient tout juste la petite enfance pour entretenir, sur grand écran ou en VHS, une passion dévorante vouée au Septième Art. Oh joie, cette année-là sortirent pêle-mêle Aliens le Retour, Top Gun, La Mouche, Le Sixième Sens, Golden Child, Le Nom de la Rose, Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin, Howard The Duck et... Highlander. A savoir l'épopée invraisemblable, voire un poil « portnawak », de guerriers immortels traversant les âges au rythme de rugueux duels à l'épée se clôturant par une décapitation en règle, le tout au son des envolées lyriques et gueulardes du groupe Queen. Le pitch vous paraît chargé, non ? Il l'est, assurément. Et pourtant. Highlander fait partie de ces œuvres bien bancales, improbables, mais dotées d'un style certain et d'un inaltérable capital sympathie. L'opus est signé Russell Mulcahy, cinéaste issu de la pub et du vidéo-clip qui venait de s'illustrer, deux ans plus tôt, avec Razorback. Un « slasher » animalier, au coeur de l'outback australien, axé sur les méfaits d'un sanglier meurtrier d'à peu près la taille d'un Renault Trafic (si, si). Les signes ne trompent pas. La qualité première de Highlander, c'est d'y aller franco, sans trop se poser de questions. Et ça fonctionne à mort.

Tout débute à New York, en plein match de catch. Au même moment, dans le parking souterrain du Madison Square Garden, deux hommes croisent le fer. Un seul vainqueur. Son nom ? Russell Nash, antiquaire. Un faux blase. En vérité, il se nomme Connor MacLeod. Il est Ecossais et increvable puisqu'il a près de 450 ans... Allez hop, c'est partit pour une succession de flashbacks et autres chassés-croisés spatio-temporels qui nous transbahutent de l'Ecosse moyenâgeuse à la guerre d'indépendance américaine, en passant par la Seconde Guerre mondiale et l'époque contemporaine, durant laquelle doit se dérouler l'ultime bagarre. LA baston. Un face à face ultra violent, avec moult effets de manche et éclairs bleutés, au sommet d'un gratte-ciel éclairé par un titanesque néon «SILVERCUP» aux lettrages rouge sang.

 

sur le fil de l'épée


Highlander baigne dans une atmosphère de bande-dessinée enfantine, déconnante, décomplexée. A l'instar des autres longs-métrages cités plus haut, il porte haut et fort l'esthétique des années 80, laboratoire d'expérimentations visuelles fortement influencées par MTV, la chaîne musicale star de l'époque. En faiseur inspiré, Mulcahy (dont c'est clairement le meilleur film) utilise crânement les espaces et la scénographie : captées en grand angle, les séquences en extérieur dégagent une vraie puissance, une belle ampleur épique. Mais les scènes urbaines, au décorum oppressant et cloisonné, restent de loin les plus mémorables et incarnées : le passage du parking avec toutes ces bagnoles alignées, ce verre brisé, les explosions en rafale, les lumières artificielles. Ou le grandiloquent duel final dans l'entrepôt. Electrisant et barbare, chorégraphié comme il se doit grâce aux embardées virevoltantes (et révolutionnaires pour l'époque) de la skyscam, petite sœur virtuose de la steadycam. A tout point de vue, Highlander évoque une tambouille de druide celtique. Une potion abracadabrantesque mixant la fantasy, l'action pure, le second degré et la romance cheapos matinée d'érotisme publicitaire (la scène d'amour en clair obscur, sur fond se slow langoureux, copie conforme de celle de Top Gun). On est jamais loin du nanar pur jus. Mais peu nous importe si c'est too much , si rien ne tient debout. Ne serait ce que dans le choix du casting. En tête d'affiche, notre Totophe Lambert national, tout juste sorti de Greystoke, s'en donne à coeur joie. Avec son strabisme breveté, son rire niais , ce jeu et ce charisme approximatifs, Il est parfait. Le zicos peroxydé de Subway désamorce toute velléité de sérieux. Alors marrons-nous.

Du premier au dernier plan, Highlander conserve son âme d'enfant. Et ça là son principal atout. Voilà du bon gros cinoche du samedi soir. Régressif, bordélique, souvent ridicule, toujours jouissif. Les effets spéciaux ont pris un sacré coup de pelle. Ce qui ne fait qu'accentuer l'alchimie bringuebalante de l'ensemble. L'intrigue titille directement notre cerveau reptilien de spectateurs pré-pubères. C'est romanesque, chevaleresque, avec des glaives, de la sorcellerie, de l'hémoglobine, du mauvais esprit et du sexe. Que demandez de plus ? Et puis, les seconds rôles mitraillent sec. Dans le soyeux costume du mentor de Connor : Sir Sean Connery. Rien que ça. L'ex 007 apparaît seulement un quart d'heure à l'écran mais son personnage de Juan Sanchez Villa-Lobos Ramirez est irrésistible. Malgré son look de drag-queen hispano-égyptienne, avec force bagouzes, jambières et froufrous, il a la classe, la vraie. Suave et vintage, as always. Quant au bad boy ? Une vraie boucherie. Clancy Brown campe le mythique et terrifiant Kurgan, un chevalier noir à tout jamais gravé dans les mémoires. Un enfoiré de première, au regard torve et à la dégaine de punk à chien. Blasphématoire, obscène, sadique, luciférien. Le genre de démon qui hantait nos cauchemars enfantins. Tellement vilain que la tête nous en tomberait.

Gabriel Repettati










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Image :
Studio Canal a vraiment bien bossé. La restauration HD 4K est splendide. Le film avait longtemps souffert de copies médiocres, avec un grain digne d'une vulgaire VHS. Ici, rien de tout ça. La nouvelle mouture donne à voir. Malgré la présence de certaines tâches et imperfections çà et là, les scènes qu'on aimait tant gagnent en intensité, notamment la séquence d'ouverture dans le parking du Madison Square Garden. Un tour de force. Tout comme les autres séquences new-yorkaises à la photo léchée et percutante. On est peut-être moins emballés par les passages écossais en pleine nature, parasités par une utilisation un peu forcée des filtres (80's oblige) et les trouvailles visuelles de Mulcahy (effets de fondus, de collages) n'ont pas toujours pu être boostées au maximum.

 


Son :
Les puristes opteront forcément pour la piste anglaise DTS HD Master Audio 2.0 et retrouveront avec force les sensations d'origine, dans une pureté inédite, mariage percutant des rocks de Queen et des sonorités 80 d'un grand Michael Kamen, où viennent se croiser bruitages électriques et dialogues toujours un poil excessifs. Toute une époque ! Et la nouvelle version DTS HD Master Audio 5.1 ne semble pas toujours adéquate du coup, offrant certes quelques ambiances plus amples (le match de catch, les collines écossaises, le Quickening...) mais systématiquement avec ce petit relent artificiel qui gâche l'opération. Reste la version française, au cast admirable, plus sobre dans sa répartition, mais qui avait tout de même eu la mauvaise idée de prendre quelques libertés avec certains détails de la mythologie. En particulier dans le final.

 


Interactivité :
Cette toute nouvelle mouture regorge de suppléments croquignolets. On a d'abord droit à un commentaire audio, hyper intéressant, de Russell Mulcahy, qui nous dévoile les petits secrets, hérités de son passif dans le vidéo-clip (il est l'auteur de plusieurs clips mythiques, dont celui de « The Wild Boys » de Duran Duran). Il se penche également sur la conception de Highlander dans une interview récente, plutôt complète et stylée. Le réalisateur réaffirme qu'il s'agit bien de son meilleur film et qu'il s'est ensuite un peu fourvoyé (l'hideux Highlander II, le roublard Ricochet). Vient ensuite un making-of, en quatre parties, qui analyse les origines de l'histoire, les inspirations dramaturgiques, le style visuel particulièrement marqué, les comédiens et les conditions de production. c'est plein d'anecdotes et d'interviews éclairantes et souvent très marrantes. Ajoutez à cela plusieurs scènes coupées et rallongées (sans grand intérêt) et deux entretiens (un d'archive, un autre réalisé il y a peu) avec Christophe Lambert. Le comédien nous rappelle qu'il ne parlait pas un mot d'anglais au début du tournage et qu'il s'est sérieusement entraîné au maniement d'armes. Il insiste également sur sa collaboration avec Sean Connery, élégant, affable et décontract', et Clancy Brown, tellement dans son personnage de salopard, qu'il en devenait réellement flippant.

Liste des bonus : Interview exclusive de Russell Mulcahy, interview de Christophe Lambert (archive + inédite), commentaire audio de Russell Mulcahy, making-of en quatre parties, scènes coupées, bande-annonce.

 
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