AMERICAN CRIME STORY: THE PEOPLE V. O.J. SIMPSON
Etats-Unis - 2016
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Musique : Mac Quayle
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, français, allemand, espagnol…
Sous-titre : Anglais, français, allemand, italien…
Durée : 420 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 25 janvier 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
La série tourne autour du procès controversé et ultra-médiatisé de O.J Simpson, qui a fait la Une des médias au cours de l’année 1995. La star du football américain est accusée du meurtre de son ex-femme, Nicole Brown Simpson et de son compagnon, Ronald Goldman. Dans les coulisses de l’affaire, les deux camps essayent de tirer leur épingle du jeu. Entre l’excès de confiance des avocats et la relation tendue de la police avec la communauté afro-américaine, le doute sème le tro...
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Law & order

Affaire judiciaire la plus médiatisée des années 90, considérée alors comme « L'Affaire du siècle », le procès pour double meurtre de l'ancienne légende du Football américain O.J. Simpson aura fasciné des mois durant le monde entier, transformant un fait divers sordide en battage politique et sociétal sans précédent. "Ceci est leur histoire".

Cela n'aura pas échappé à beaucoup, ce nouveau concept de série s'efforçant de faire revivre à chaque saison une grande affaire judiciaire de l'histoire moderne américaine, n'est au départ qu'un dérivé d'une autre série devenue incontournable : American Horror Story. Même producteurs, même équipe technique, acteurs récurrents déjà croisés, même concept anthologique, sauf que le programme d'horreur n'a pas forcément fait ses armes sur la finesse, la subtilité et le bon goût. Il y avait de quoi craindre une proposition tape-à-l'œil et des raccourcis spectaculaires, surtout en s'attaquant pour sa première année d'existence au sujet hautement risqué du procès d'O.J. Simpson. Un véritable cirque médiatique devenu rapidement le révélateur d'une fracture raciale encore béante après les émeutes de 1992 à Los Angeles, provoquées par l'acquittement de quatre officiers de police accusés d'avoir passé à tabac un automobiliste noir, Rodney King.

Les questions sans cesse posées lors du procès d'O.J. Simpson, les revendications d'une défense qui ne va pas hésiter à utiliser les médias pour faire dériver l'angle de l'affaire, l'impact que cela va provoquer à la fois sur l'orientation future des politiques, de la presse, de la justice, tout cela en fait un sujet extrêmement sérieux et complexe. Mais dans le même temps, c'est tout autant une histoire criminelle ultra-spectaculaire, entre la fuite mémorable de l'accusé dans une Ford Bronco, menaçant de se suicider, retransmise des heures durant en directe, l'évanouissement en plein plaidoyer de l'un des procureurs, la couverture douteuse du Time, les coups bas entre avocats de la même équipe, les révélations sur la nostalgie nazi de l'un des policiers qui a découvert les indices (devenu depuis conseille à Fox News... ça ne s'invente pas), le renvois de dizaine de jurés, le verdict rendu en moins de quatre heure...

 

le match de leur vie


Des faits assez hallucinants qui montrent que souvent la réalité dépasse largement la fiction dans l'improbable. Et la grande force d'American Crime Story est justement de réussir à embrasser ces deux facettes de l'affaire O.J. Simpson avec une absence totale de sensationnalisme et beaucoup de finesse. Difficile de reconnaitre les créateurs d'American Horror Story, qui ont manifestement laissé beaucoup de place au duo de scénaristes Scott Alexander et Larry Karaszewski (Ed Wood, Man on the Moon, Larry Flint) qui reconstituent avec minutie autant les jalons de l'enquête policière et judiciaire, la manière dont l'affaire va rejaillir sur le quotidien de tous les américains, que les réflexions intimes des protagonistes. Malgré les nombreuses réflexions qui l'émaillent, American Crime Story reste à l'échelle humaine, et offre une latitude parfaite à un casting particulièrement réussi, de John Travolta en avocat des stars peu à peu mis sur la touche à une subjuguant Sarah Paulson (Mud), sans oublier un Cuba Gooding Jr. justement aussi insaisissable que pathétique, les interprétations sont à l'échelle de la mise en scène, pointue, et des multiples finesses d'écriture. Absolument passionnante tout au long de ses dix épisodes, bourrée de suspens, d'humanité et d'ironie, la série est une reconstitution jamais laborieuse d'un cas d'école, faisant systématiquement appel (comme ce ne fut pas toujours le cas à l'époque, malheureusement) à l'intelligence du spectateur... En particulier d'ailleurs, lorsque la présence du meilleur ami d'O.J., Robert Kardashian (David Schwimmer, ex-Ross de Friends), permet de glisser des liens particulièrement bien sentis avec la bêtise flagrante de la télé réalité, ou comment un brave homme a donné naissance à une famille de monstres sans le vouloir.

Les deux prochaines saisons, l'une sur les conséquences de l'ouragan Katrina, l'autre sur le cas Versace/ Cunanan, sont d'ors et déjà annoncées pour une diffusion en 2018 avec seulement quelques mois d'écarts l'une de l'autre. Si les exigences se révèlent identiques, American Crime Story pourrait devenir l'une des séries les plus éclairantes sur l'époque contemporaine.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Parfaitement dans les standards des dernières grandes séries tv, American Crime Story a été shooté avec la fameuse Arri Alexa, assurant donc un rendu particulièrement pointu, si on oublie bien entendu les quelques séquences plus sombres avec un traitement sensiblement plus plat. La colorimétrie, très inspirée par la télévision des années 90, met en avant les teintes marron, mais assure bien entendu le piqué digne d'une production actuelle, avec des gros plans impressionnants de détails, des effets de profondeurs palpables et des noirs imposants.

 


Son :
Aux vues de la nature même de la série, les mixages DTS HD Master Audio 5.1 n'ont bien entendu pas pour ambition de déployer un spectacle sonore sans commune mesure. Avec quelques effets d'ambiance subtilement enveloppants (conférence de presse, brouhaha du tribunal...), les pistes sonores mettent essentiellement en avant la fluidité et l'énergie des dialogues. Sobre, clair et direct.

 


Interactivité :

On peut tout a fait argumenter que concernant l'affaire proprement dîte tout est déjà explicité au cours des dix épisodes, mais on peut tout autant être quelque-peu déçu par le manque de relief des deux suppléments proposés. Tout d'abord une ligne chronologique interactive disposant simplement certaines scènes clefs de l'enquête / série (assez inutile donc), puis un petit making of qui revient sur les origines du projet, mais de manière bien courte et avec un ton très promo.

Liste des bonus : « Le procès du siècle » : l'équipe de la série et l'auteur Jeffrey Toobin font part de leurs réflexions sur le « procès du siècle », « L'affaire et ses faits - une chronique interactive » : liens entre la série et les faits réels.

 
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