COFFRET RICHARD FLEISCHER
Terreur aveugle / L’étrangleur de Rillington Place / Les Flics ne dorment pas la nuit - Royaume-Uni / Etats-Unis - 1971/1972
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Réalisateur : Richard Fleischer
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 1.0
Sous-titre : Français
Durée : 303 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 9 novembre 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
3 chefs-d’œuvre signés Richard Fleischer : du thriller virtuose Terreur aveugle au drame social et psychologique L’Étrangleur de Rillington Place en passant par le polar seventies des Flics ne dorment pas la nuit, le cinéaste américain aura touché à tous les genres avec maestria. Retrouvez le meilleur de Richard Fleischer en 3 films cultes.
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Le cinéma ne dort jamais

Il a signé de nombreux et énormes succès du cinéma Hollywoodien, marqué les cinéphiles par d'authentique pépites, et pourtant Richard Fleischer trop discret, trop prolifique, trop attaché à l'école des studios, est souvent relégué au rang d'artisan doué. Avec les sorties conjointes de Terreur aveugle, L'étrangleur de Rillington Place et Les Flics ne dorment pas la nuit, Carlotta s'efforce de lui rendre la place qui est sienne.

Si ça filmographie est souvent délaissé dans les grands dossiers sur l'âge d'or du cinéma américain, c'est sans doute en premier lieu parce que Richard Fleischer est un authentique réalisateur de sa génération, se laissant porter par les modes, les genres, les commandes des studios, n'hésitant pas à disparaitre derrière les sujets ou les stars qu'il aborde. Il aligne pourtant à son palmarès quelques gros succès commerciaux et populaires comme 20.000 lieues sous les mers, Les Vikings, Barrabas, Le Voyage Fantastique, L'Extravagant Docteur Dolittle, Tora ! Tora ! Tora !, Soleil vert et même Conan le destructeur (mais là c'est bien moins emballant). Un entertainer de première en tous cas, mais dont justement le coté insaisissable de sa personnalité continue de jouer souvent contre la reconnaissance de son talent. Il est certes largement présent dans les films suscités (excepté Conan bien entendu, il était très vieux), mais surtout décelable dans des projets bien plus modestes, à l'instar d'un fabuleux L'Etrangleur de Boston et sa réinvention formidable du split-screen, mais aussi du trio regroupé dans le coffret de Carlotta : Terreur aveugle / L'étrangleur de Rillington Place / Les Flics ne dorment pas la nuit.

 

architecte


A priori, comme bien souvent dans sa filmographie, les trois métrages n'ont pas grand-chose en rapport, si ce n'est leur distributeur, la Columbia, et un traitement dît « classique » de la mise en scène. Nous sommes aux débuts des années 70 et une nouvelle génération issue de la télévision et d'une vision plus réaliste, documentariste, a commencé à travailler une caméra vibrante, malmenée et des images prises sur le vif, voir improvisées. Même si la réalisation de ces trois films frôle souvent l'épure, et cultive presque un certain naturalisme, en particulier dans la chronique policière Les Flics ne dorment pas la nuit, le dispositif scénique est toujours construit avec précision, les cadres maniérés et calculés, les mouvements pointilleux et discrets... Ce qui bien entendu n'empêche jamais une fluidité orchestré autour de plans souvent longs (presque des plans-séquences), voir alambiqués, voir impressionnants par leur finesse, mais qui font toujours sens. L'esbroufe ce n'est pas son truc est c'est ce qui rend son talent de metteur en scène plus précieux encore, le style ne faisant que systématiquement accompagner l'œil du film, que ce soit le thriller horrifique Terreur aveugle et son omniprésence du hors-champs, L'Etrangleur de Rillington Place et son huis-clos étouffant par une gestion de l'espace admirable et Les Flics ne dorment pas la nuit et sa capture d'une véracité urbaine éclatée

 

trois visages de la peur


Trois films importants c'est évident, cultivant une véritable maitrise des outils cinématographiques, pouvait même être vu comme des métrages précurseurs, que ce soit son drame policier qui ressemble à un marchepied pour toutes les célèbres séries tv de la décennie à venir (Les Rues de San-Francisco, Starsky & Hutch...) ou Terreur aveugle et son assassin qui s'échappe à la vue de l'héroïne (aveugle donc) et du spectateur, comme le fera quelques années plus tard le Michael Myers d'Halloween. D'ailleurs ces deux films cultivent une même réflexion figurative et thématique sur le visage (ou absence) du mal absolu. C'est un peu là, le fil conducteur qui relie la grande majorité des créations de Fleischer : dresser le portrait du mal sous toutes ses formes. La force primaire et incompréhensible dans le thriller / survival avec la fragile Mia Farrow, la bête humaine et perverse dans la diabolique reconstitution d'un célèbre fait divers porté par l'effrayant Richard Attenborough et le débutant John Hurt, mais aussi celui qui contamine une cité et l'âme d'un pays avec le pourtant très humaniste Les Flics ne dorment pas la nuit. Ce dernier résume d'ailleurs bien souvent à lui seul, toute la fascination que l'on peut avoir pour le cinéma de Fleischer, rigoureux, toujours proche des grands films noirs tournés en studio, mais revenant constamment, sans devenir un essais idéologique ou un film à thèse, sur une vision moderne et évoluée de la société : le traitement de la question des émigrés mexicains, de l'homosexualité, du monde du travail, des ghettos, est aujourd'hui encore d'une terrible actualité et les opinions de Fleischer sont toujours d'une bienveillance salutaire.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Difficile de faire la fine bouche devant le matériel dégotté une fois encore par Carlotta. Le coffret en question ici déploie donc de tous nouveaux masters restaurés pour les trois métrages, avec à chaque fois pour résultat des copies on ne peut plus clean, débarrassées des petits défauts habituels de pellicule, regagnant au passage la fermeté de leurs photographie et le tranchants de leurs contrastes marqués, typiquement 70's. D'excellentes surprises qui préservent jusqu'au bout justement leur rendu de celluloïd avec un grain naturel, présent, tendu, sans glissement vers l'apparition d'artefact. La différence entre les trois se fait du coté du piqué, ferme et sensible pour Terreur aveugle et L'étrangleur de Rillington Place, peut-être un peu moins marqué, surtout dans les séquences nocturnes, pour Les Flics ne dorment pas la nuit.

 


Son :
Chacune des pistes audio présentes sur les Blurays sont systématiquement proposées dans leurs mono d'origine. Des mixages sobres, directs, frontaux en effet, mais qui là encore ont été admirablement restaurés pour l'occasion avec une netteté inédite portée par un DTS HD Master Audio, naturellement plus sensible en version originale qu'en version française. A noter des doublages plutôt de qualité, typiques de cette époque.

 


Interactivité :
Les trois films sont disponible à l'unité, mais aussi dans un très sobre coffret en carton glacé et rigide. Dans tous les cas, le contenu éditorial est identique avec pour chaque métrage une présentation éclairée et subjective de Nicolas Saada, soulignant au spectateur les points les plus admirables de chaque œuvre, leur contexte...
Un départ idéal relayé ensuite par les interviews passionnantes de réalisateurs français, aussi intéressants que leurs filmographies. Fabrice du Welz (Wynian, Calvaire) s'intéresse au direct Terreur aveugle, Christophe Gans (Le Pacte des Loups) à la maitrise technique imparable, mais discrète, de L'étrangleur de Rillington Place et enfin pour Les Flics ne dorment pas la nuit, c'est Nicolas Boukhrief (Made in France) qui décortique la modernité du polar. Bien entendu tous trois débordent d'amour pour le cinéma de Fleischer, l'adoubent comme l'une de leurs grandes influences, reviennent sur son statut sous-évalué dans l'histoire du cinéma américain, tout en lançant quelques pistes d'analyses scéniques. Des segments inédits complétés sur le second film par une interview de l'actrice Judy Greeson, qui se révèle particulièrement loquace et précise sur ses souvenirs de tournage.
Mais c'est bien entendu Les Flics ne dorment pas la nuit qui est le plus généreux en interactivité, ajoutant au programme le montage « Home Cinema » de 17 minutes pour les installations Super 8 (oui ça date !), ainsi qu'un copieux et complet making of rétrospectif où seul manque malheureusement le cinéaste.

Liste des bonus : 3 préfaces de Nicolas Saada, « Fulgurances physiques » : entretien inédit avec Fabrice du Welz (15'),  Richard Fleischer, un auteur discret » : entretien inédit avec Christophe Gans (24'), « Dans la peau de Beryl : Judy Geeson à propos de « L'Étrangleur de Rillington Place »  » (22'), « Chronique humaniste » : entretien inédit avec Nicolas Boukhrief (25'), « Cop Stories : les dessous des « Flics ne dorment pas la nuit »  » : entretien avec Joseph Wambaugh (auteur du roman « Les nouveaux centurions ») et témoignages exclusifs de Stacy Keach, Richard Kalk (conseiller technique) et Ronald Vidor (assist. opérateur) (44'), « Les flics ne dorment pas la nuit » en super 8 (17'), Galeries de photos et Bandes annonces.

 
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